L’art de financer les riches

Il est tout à fait inacceptable que le dernier budget Leitao ne comporte aucune mesure de rétablissement de la taxe sur le capital aboli complètement en 2011 sous Jean Charest, particulièrement pour les institutions financières.

On évoquait comme motif son effet néfaste sur l’investissement et la modernisation des entreprises, ce qui est probablement justifié dans le cas des entreprises en difficulté, mais rien ne supporte l’idée que les banques puissent en profiter lorsque ces dernières engrangent des milliards chaque année et que leurs employés gagnent des salaires beaucoup plus élevés que la moyenne.

De fait, l’État québécois se prive de 800 millions de dollars par année que pourrait lui rapporter cette taxe sur le capital des institutions financières et le récent budget avec ses coupures générales de 800 millions dans tous les portefeuilles du gouvernement démontre bien que l’on préfère miner la paix sociale avec la grogne générale qui s’amplifie que de faire payer leur juste part à des entreprises richissimes amies du pouvoir ploutocratique…

Le Printemps occidental

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 18 octobre 2011

Les divers mouvements « d’occupation » initiés par les « indignés »sur Wall Street à New York se répandent comme une trainée de poudre dans tout l’Occident et au-delà.

Les temps sont mûrs à la contestation populaire transnationale.  La hausse des prix des aliments partout sur le globe et la débâcle financière – ayant dégénéré en crise systémique du capitalisme –  ont planté les germes d’une opposition à l’ordre socio-économique existant.  Les chômeurs – souvent de jeunes diplômés – prennent d’assaut les temples de la finance et réclament plus de justice sociale.

Cependant,  le fait le plus ironique, au niveau historique de cet événement, est que ce « Printemps occidental » a succédé aux révoltes du « Printemps arabe », comme si le monde arabo-musulman avait allumé la mèche d’une révolution du paradigme social dans la civilisation voisine au nord.

Ironique, car la période du Moyen-âge occidental dans laquelle l’Europe fut plongée – se caractérisant par une noirceur philosophique et une perte de connaissances techniques – côtoyait un monde musulman fleurissant et qui conservait le savoir que l’Occident avait jadis perdu et qu’il se réappropriera quelques siècles plus tard grâce à lui.

Aujourd’hui, la civilisation occidentale s’enfonce dans une pénombre sociale dominée par les nouveaux prêtres de la finance et de l’argent, et c’est les voisins arabes qui nous éclairent encore une fois sur la voie à emprunter…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 220 (initié)

Les banques prêtent de l’argent qu’elles ne possèdent pas

C’est une vérité peu connue.

Les banques prêtent de l’argent qu’elles ne possèdent pas.

L’histoire du système bancaire contemporain remonte au XVIIe siècle et le résultat actuel se résume en la fondation de la monnaie scripturale menant au gonflement de la masse monétaire par l’opération des banques lors des octrois de prêts à leurs clients.

En fait, le tout se joue par une double écriture au bilan de l’entreprise bancaire.

Ainsi, lorsqu’une banque prête de l’argent à un particulier ou à une entreprise privée ou publique, elle inscrit le montant de ce prêt autant dans son actif que dans son passif, même si elle ne détient pas dans ses livres la globalité de cette somme.

La seule obligation de sa part est de maintenir en liquidité une fraction du prêt déterminée par la banque centrale du pays dans lequel elle opère.  C’est ce qu’on appelle la réserve obligatoire.

Ce taux de réserve obligatoire peut varier d’un pays à l’autre car les diverses banques centrales établissent les ratios de réserves obligatoires des banques commerciales selon des objectifs de politique économique propres à chaque nation.  De la sorte, en haussant le pourcentage de cette réserve, un État met un frein au crédit ou, dans le cas contraire, le favorise.

Mais le problème de tout ce beau stratagème de l’ordre bancaire se situe à un niveau éthique.

Même si les banques comptabilisent les crédits octroyés dans leurs passifs et actifs, ce qui revient à une balance nulle, il faut noter qu’elles chargent tout de même des intérêts sur des capitaux prêtés qu’elles ne disposent pas en totalité.

C’est en cela que les banques volent tous leurs clients et bien que certains défenseurs avancent les bienfaits des effets multiplicateurs du crédit sur la viabilité économique, il n’en reste pas moins que les prérogatives concédées à la structure bancaire et financière méritent d’être questionnées, surtout en rapport aux milliards de dollars qu’elle engrange à chaque année.

Ajout:  » La banque peut aussi créer simultanément la monnaie et la créance qui en constitue la contrepartie. En effet, elle peut, par exemple, accorder une avance de trésorerie ou une autorisation de découvert à un agent en contrepartie d’un simple engagement de rembourser pris par cet agent. Elle détient alors une créance sur l’argent, en échange de laquelle elle crédite son compte en banque. Lorsque le client rembourse sa dette à la banque, la monnaie créée par l’opération initiale est détruite” – Jacques Généreux, Introduction à l’économie, Page 85.

À lire: La fin de la logique comptable

Boycottons Desjardins!

Tenons-nous le pour dit : les Caisses Desjardins ne sont plus que de vulgaires banques commerciales comme l’est la Banque Royale ou la Banque de Montréal.

En 2009, en pleine tourmente économique, la « coopérative » Desjardins annonçait fièrement avoir dégagé un bénéfice de 117 millions de dollars pour le premier trimestre.

Alors, afin de remercier son personnel et contribuer à la relance économique, elle a coupé 900 postes dans l’ensemble de son réseau!

Malgré tout, cela ne suffisait pas. Question de tirer plus de jus de ses chers coopérants et clients, elle réduisit la période de renégociation d’hypothèque sans pénalité de 8 mois à 4 mois!

Au-lieu de supporter les familles ayant perdu des revenus avec la crise économique, on les renfonce encore plus en les obligeants à rembourser leurs prêts hypothécaires jusqu’à quasi-terme avec les anciens taux oscillant à 5,5% tandis que les taux actuels jouent entre 3,5 et 4%! Ainsi, des milliers de ménages perdent souvent 200$ par mois jusqu’à ouverture de leurs contrats hypothécaires dans 1, 2, 3 ou 4 ans.

Mais qui a voté cette réduction de cette période sans pénalité? Les membres détenant des hypothèques? Ce serait surprenant. La direction en a décidé ainsi sans consulter ses coopérants et en se foutant bien de leurs sorts.

Une véritable autocratie.

Disons simplement qu’Alphonse Desjardins doit « spiner » dans sa tombe!

Il est bien loin le temps où les caisses populaires Desjardins avaient comme mission d’aider les petits épargnants et de développer les communautés locales.

Aujourd’hui, cette institution financière « coopérative » agit en véritable bandit de grands chemins et recherche plus la rentabilité de l’organisation que le bien-être de ses membres ou de la collectivité.

Et parlons des ristournes de plusieurs millions que l’on fait miroiter à la face de tout le Québec. D’où proviennent-elles? Elles sont générées par une surfacturation de services se traduisant par des frais pour tout et n’importe quoi.

En fait, on ne redonne que des miettes aux membres sur les prélèvements abusifs qu’ils ont payés.

Et récemment, comble de tout, un vice-président du mouvement coopératif Desjardins et économiste en chef de Desjardins a déclaré, quelques jours avant le dépôt du budget Bachand 2010,  » qu’il faut envisager une hausse des tarifs et des taxes, notamment sur l’essence et que c’est à ce prix que les Québécois peuvent conserver les acquis sociaux auxquels ils tiennent ».  Il s’est également adressé au gouvernement libéral pour lui recommander la réduction des taux de croissance de ses dépenses.

On réalise dès lors que les Caisses Desjardins sont plus que jamais très éloignées de la population et de leurs membres.

Le Mouvement Desjardins déclare être « Plus qu’une banque »… et il ne ment pas.

Il est bien pire que les banques!!!

Montrons à Desjardins qu’il ne doit plus nous prendre pour acquis parce qu’elle est une institution québécoise.

Boycottons Desjardins!

Par ici pour rejoindre le groupe FACEBOOK : « Boycottons les Caisses Desjardins »

Les radins de Desjardins

Tenons-nous le pour dit : les Caisses Desjardins ne sont plus que de vulgaires banques commerciales comme l’est la Banque Royale ou la Banque de Montréal.

Ce vendredi, en pleine tourmente économique,  la « coopérative » Desjardins annonçait fièrement avoir dégagé un bénéfice de 295 millions de dollars pour le premier trimestre de 2009.

Alors, afin de remercier son personnel et contribuer à la relance économique, elle prévoit couper 900 postes dans l’ensemble de son réseau!

Malgré tout, cela ne suffisait pas.  Question de tirer plus de jus de ses chers coopérants et clients, elle réduit la période de renégociation d’hypothèque sans pénalité de 8 mois à 4 mois!

Au-lieu de supporter les familles ayant perdu des revenus avec la crise économique, on les renfonce encore plus en les obligeants à rembourser leurs prêts hypothécaires jusqu’à quasi-terme avec les anciens taux oscillant à 5,5% tandis que les taux actuels jouent entre 3,5 et 4%!  Ainsi, des milliers de ménages perdent souvent 200$ par mois jusqu’à ouverture de leurs contrats hypothécaires dans 1, 2, 3 ou 4 ans.

Mais qui a voté cette réduction de cette période sans pénalité?  Les membres détenant des hypothèques?  Ce serait surprenant.  La direction en a décidé ainsi sans consulter ses coopérants et en se foutant bien de leurs sorts.

Une véritable autocratie.

Disons simplement qu’Alphonse Desjardins doit « spiner » dans sa tombe!

Il est bien loin le temps où les caisses populaires Desjardins avaient comme mission d’aider les petits épargnants et de développer les communautés locales.

Aujourd’hui, cette institution financière « coopérative » agit en véritable bandit de grands chemins et recherche plus la rentabilité de l’organisation que le bien-être de ses membres ou de la collectivité.

Et parlons des ristournes de plusieurs millions que l’on fait miroiter à la face de tout le Québec. D’où proviennent-elles?  Elles sont générées par une surfacturation de services se traduisant par des frais pour tout et n’importe quoi.

En fait, on ne redonne que des miettes aux membres sur les prélèvements abusifs qu’ils ont payés.

Le Mouvement Desjardins déclare être « Plus qu’une banque »… et il ne ment pas.

Il est bien pire que les banques!!!

AJOUT AU 30 MAI 2009: Desjardins ferme trois caisses dans l’ouest du Québec!

Où sont passés les milliards de profits?

La situation de crise actuelle a de quoi laisser perplexe. 

 

Les banques privées de tous les pays ont encaissé durant plus d’une décennie des profits indécents.  Il en est de même pour la plupart des grandes compagnies commerciales. La prospérité était alors au rendez-vous pour les banquiers et hommes d’affaires en synchronicité avec la consommation de masse débridée.

 

Et en 2008, bang!  L’économie libérale déréglementée frappe le mur de la crise économique.

 

Un cycle normal selon certains.  Toute forte croissance économique se doit de connaître un jour une période de contraction du commerce et des affaires.  Mais a-t-on déjà vu un tel recul de l’activité économique depuis la grande dépression des années 30?

 

On doit alors se poser ces questions : où sont passés ces centaines de milliards de profits des entreprises capitalistes pendant que les autorités publiques des pays industrialisés injectent des sommes astronomiques aux frais des contribuables afin d’aider ces dernières?  N’ont-elles pas engrangé assez de bénéfices pour faire face aux jours difficiles? Ont-elles été tellement mal gérées par les « génies » des conseils d’administration dans le passé qu’elles doivent maintenant quémander de l’aide d’un État qu’elles dénigraient jadis pour son interventionnisme afin d’avoir encore plus les coudées franches dans leur course effrénée de profits?

 

Au lieu de faire payer les contribuables pour les erreurs de gestion de l’élite économique, nous devrions traquer les parcours de tous ces milliards de bénéfices qui ont engraissé les riches actionnaires privilégiés via les jeux boursiers et demander un remboursement au lieu de surtaxer une classe moyenne financièrement étranglée et qui le sera encore plus avec les pertes d’emplois massives et la hausse chronique du chômage qui pointerons leurs nez dans un avenir rapproché.

Lire aussi: La pire crise économique depuis 1929

Brève autopsie de la crise financière

Comment expliquer la crise financière qui secoue le monde? Soyons bref. 

À la base même du système économique capitaliste réside le crédit.  Le crédit est l’échafaudage qui maintient debout tout l’ensemble.  Pourquoi?  Parce que la totalité de la valeur des biens et services manufacturés (automobiles, maisons, électronique, etc.) par les entreprises excède les revenus totaux concédés aux salariés/consommateurs par leurs employeurs.  Sans le crédit, il ne serait pas possible d’augmenter constamment les courbes de bénéfices des compagnies et d’écouler tout ce qui est fabriqué.

Malheureusement, il vient un temps, à toutes les 3 ou 4 générations, où l’endettement atteint des proportions tellement démesurées que la machine économique s’embourbe et débouche sur un état de crise économique profonde. La consommation décroit car la demande est atrophiée par le poids de l’endettement généralisé et les entreprises commencent dès lors à réduire leur main-d’œuvre en parallèle avec leurs activités de production.

C’est alors que les banques commerciales qui trônent au-dessus de tout le système économique commencent à enregistrer des pertes.  Ayant depuis des années soutenues la croissance par le crédit, elles sont assaillies subitement par les faillites successives et doivent rayer de leurs livres comptables de nombreuses mauvaises créances.  Et comme si cela n’était pas suffisant, les épargnants retirent leurs dépôts des banques par manque de confiance, ce qui diminue les réserves obligatoires et accule donc ces institutions financières pratiquement à la faillite.

En conséquence, sans financement bancaire, les entreprises siégeant dans l’économie réelle sont alors confrontées à un rétrécissement de leurs possibilités d’emprunt, ce qui détériore encore plus leurs situations financières et leurs projets de développement.

Comme nous l’avons vu dernièrement, les banques centrales et les autorités gouvernementales se doivent de soutenir elles-mêmes l’accès au crédit par des généreux prêts ou subventions afin d’empêcher l’écroulement de tout le système même si cela ajoute un fardeau fiscal supplémentaire sur le dos des contribuables.

La crise du subprime a été le déclencheur de la débâcle actuelle et elle rentre aussi dans la même logique.  Les acheteurs n’avaient pas les moyens de se payer ces maisons offertes sur le marché en partie en raison du fossé entre production et consommation évoqué ci-haut mais surtout en rapport à la spéculation qui a gonflé artificiellement les prix de vente des résidences. 

En tout, au pays de l’Oncle Sam, 10 540 milliards de dollars en prêts hypothécaires ont été souscrits par les familles américaines.  Par ailleurs, il faut aussi inclure les dettes par cartes de crédit qui s’élèvent à  1 000 milliards, en augmentation de 25% depuis 2003.

Il s’agit d’une analyse plutôt schématisée, j’en conviens, mais elle permet de cerner un peu plus cette crise financière.

Voir: La pire crise depuis 1929

 

La faillite des nations

Adam Smith avec sa Richesse des Nations peut se rhabiller.

Les dernières semaines ont remises en question ce que nous consacrions il n’y pas si longtemps comme des vérités économiques inaltérables : le concept d’un État minimal, de l’infaillibilité du marché et du libre-échange global. Au gré des déchéances actuelles du crédit bancaire, de la crise du subprime et des désastreuses chutes boursières, ces soi-disant sacro-saints paradigmes mordent la poussière.

Dans les deux dernières semaines, ce fut à Wall Street de subir un « Krach au ralenti » encore pire que celui de 1929 et vendredi dernier c’était au tour des bourses européennes et asiatiques de connaître une séance parmi les plus sombres de leurs histoires.

Et pour la première fois depuis le début de cette tourmente économique, une nation occidentale est au bord de la faillite.

L’Islande, un pays considéré comme un modèle de réussite économique depuis quelques années, est sur le point de déclarer banqueroute!

Dès les années 90 ce pays a procédé à une déréglementation massive de l’économie et à une privatisation des services publics s’étant résulté par une poussée temporaire de la croissance économique de l’Ile. Par ailleurs, le secteur financier islandais devint au cours des années le principal pilier de l’économie islandaise. En fait, la valeur de son système financier équivalait à huit fois le PIB national en 2007!

Alors comment expliquer cette déroute économique nationale?

C’est bien simple. Le gouvernement islandais s’est rabattu sur le libre-échange, le commerce financier international, la déréglementation touts azimuts et la vente de ses leviers économiques que constituaient les sociétés d’État tout en négligeant le développement de son infrastructure économique interne.

Pourtant, cette nation avait tout pour réussir, malgré son isolement relatif, dont un secteur industriel présent en énergie, en recherche biomédicale, en tourisme et en pharmaceutique contribuant à près du tiers de son PIB.

Il ne suffisait qu’une crise financière internationale pour acculer les banques islandaises et par ricochet l’ensemble de l’économie du pays au bord du gouffre. En fait, on a mit tous les œufs dans le même panier sans se soucier de diversifier davantage les activités économiques.

Les politiques néolibérales ont affaibli la santé économique de l’Islande, mais désormais l’État se doit de revenir sur ses positions en nationalisant la Landsbanki, la deuxième banque du pays, et il devra sans doute réévaluer la totalité de son idéologie non-interventionniste.

Quel sera la prochaine nation à tomber?  Vous vous en doutez.

Plus globalement, l’échec des théories fumeuses des génies néolibéraux se confirme avec les investissements d’urgence à coups de centaines de milliards des diverses banques centrales occidentales afin de maintenir à flot le système bancaire international et surtout avec les intentions du secrétaire au trésor américain Henry Paulson de porter le gouvernement fédéral acquéreur d’une portion des actions bancaires! Autrement dit, une socialisation partielle!

Les temps changent en Occident. La situation impose une intervention accrue des pouvoirs publics dans l’économie et une remise en question des préceptes dogmatiques du libéralisme économique. Les nombreuses délocalisations d’entreprises, les fermetures d’usines, le dépérissement entier de franches économiques autrefois prospères au nom du libre-échangisme international soulèvent aussi des interrogations.

Face à la dépression économique appréhendée, les nations s’éveilleront à la nouvelle donne économique et s’inspiront dans l’avenir d’une philosophie économique plus socialisante devant l’écroulement du capitalisme sauvage et le dépérissement de l’économie.

Les affairistes ont maintenant raté leur coup depuis leur prise du pouvoir dans les années 80 et nous devrions bientôt assister à un retour de balancier salutaire en faveur du bien collectif.

Voir aussi: La faillite des nations II et La pire crise économique depuis 1929

Le public toujours à la rescousse du privé

Certains penseurs de droite se plaignent que les pauvres se tournent toujours vers l’État lorsque les choses vont mal pour eux.

Mais le sauvetage du monde financier américain par le président américain G.W. Bush à coup de centaines de milliards de dollars aux frais des contribuables américains prouve que mêmes les capitalistes de Wall Street quémandent aussi du coté du gouvernement lorsque leurs portefeuilles d’actions sont menacés.

Pourtant, ce sont les premiers à réclamer une déréglementation de l’économie afin que l’État ne soit pas trop dans leurs pattes en laissant le champ libre aux affairistes. Leurs marionnettes républicaines ayant investi la maison blanche se détournent de la situation économiquement précaire de plusieurs concitoyens en leur coupant les vivres par des réductions de programmes sociaux tout en stipulant que ceux-ci sont trop onéreux, mais lorsqu’une crise financière frappe leurs riches contributeurs électoraux de plein fouet, ils n’hésitent pas alors à modifier leurs propres règles à leur avantage.

C’est pour cela que Bush et sa clique néoconservatrice renient leur philosophie économique de non-intervention car ils ne sont que les pantins d’une caste économico-financière qui s’est mise elle-même dans le pétrin. Ils instaurent un plan d’urgence afin de maintenir debout une maison qui branle sous ses fondations et ce seront encore les contribuables américains issus de la classe moyenne qui paieront la facture tandis que les plus nantis ne contribueront presque rien car l’administration républicaine a allégé leur fardeau fiscal depuis l’accession de G.W. Bush au pouvoir!

Les américains ne sont pas sortis du bois. Les États-Unis sont au bord de la faillite avec une dette accumulée astronomique dépassant les 9 000 milliards de dollars pendant que le déficit commercial des États-Unis atteignait 711,6 milliards en 2007, un quasi-record de tous les temps (le record s’est établi en 2006 avec 758,5 milliards).

Mais la droite américaine n’est pas responsable de cette débâcle, bien sûr que non. Elle n’avouera jamais ses torts. Elle attaque depuis toujours la gauche en l’accusant de proposer des mesures socio-économiques trop dispendieuses à la collectivité, mais elle-même n’a guère fait mieux en imposant des politiques économiques désastreuses et une coûteuse guerre impérialiste en Irak dont les motivations sont loin d’être louables.

Son règne a consacré la chute de la première puissance mondiale s’effondrant sous le poids d’un endettement étatique et personnel qui ne s’était jamais vu auparavant. Et l’on dit que la gauche est dépensière et irresponsable…

Le privé dans la police : un dangereux précédent

On apprenait mardi dernier que des discussions étaient encours entre l’Association des banquiers du Canada et le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) afin de créer une escouade d’enquête spéciale sur les fraudes bancaires qui serait entièrement financée par les institutions financières. 

En toile de fond, il y a l’augmentation des fréquences de clonage de cartes de débit dont les opérations frauduleuses auraient presque triplées depuis 2003.  En fait, en 2007, cela aurait coûté 107 millions de dollars aux banques.

Si une telle entente est conclue, ce serait la première fois au Québec que des entreprises privées subventionneraient des forces d’ordre public.  Pour l’instant, ce financement s’arrêterait au domaine financier, mais cela n’ouvrirait-il pas la porte à d’autres contributions financières du privé dans l’exercice du maintient de la loi des services de police ?

On pourrait imaginer, dans l’avenir, que n’importe quelle compagnie de n’importe quel secteur d’activité finance la police locale afin de protéger ses intérêts.

L’indépendance et l’intégrité de la police ne seraient-elles pas mises en péril avec de telles manœuvres ?  Un service de police n’aurait-il pas tendance à ignorer un crime commis par une compagnie ou par l’un de ses employés si une inculpation se traduisait par une coupure subséquente de l’aide financière privé provenant de cette entreprise?  Par exemple, une compagnie dont un salarié est arrêté pour fraude dans le sein de l’organisation nuirait à son image et elle essaierait probablement de cacher l’incident à tout prix.

Allons plus loin.  Ne serait-ce que la première étape de l’instauration de milices privées dont chaque grande entreprise se munirait afin de lutter contre la criminalité qui l’assaille avec tous les problèmes éthiques que cela comporte?    

Devant les crises budgétaires qui touchent la plupart des gouvernements occidentaux, cette alternative peut s’avérer alléchante pour les États face à la criminalité croissante.

La police est un service public et se doit de demeurer ainsi.  Le privé est subordonné à l’État de droit et il ne peut s’ingérer, financièrement ou autrement, dans l’action policière au risque de la corrompre et de la vendre aux intérêts particuliers.

Les compagnies désirent plus de protection policière afin de préserver leurs bénéfices ?  Qu’elles acquiescent alors à payer un peu plus d’impôt afin de dégager des argents qui seront destinés à cette fin sans ingérence ou pression monétaire de leur part comme on pourrait le connaître si cet accord est adopté.