La blogosphère n’est qu’un repère de désinformation

Tant qu’à vider mon fiel avant les vacances, allons-y gaiement.

Disons-le tout sec.  La plus grande partie des blogues colporte des messages fallacieux et des idées souvent mensongères, à l’image du pitoyable site Antagoniste.net.

Quelle a été ma surprise en lisant des billets niant l’impact de l’activité humaine sur le réchauffement planétaire!

Sacrement!  Les glaciers arctiques et antarctiques fondent à la vitesse grand « V »! Dans les médias, pourtant contrôlés par les consortiums commerciaux et industriels, ont ne nit pas l’influence de l’Homme sur le climat!  Nous changeons notre environnement.  C’est pourtant clair!  Le smog des grandes villes du monde est visible de l’espace ainsi que la pollution atmosphérique au-dessus de l’Inde et de la Chine! Ceux-ci n’auraient aucun impact sur la biosphère?   Come on!  Un peu de lucidité intellectuelle s’il vous plait!

Nous rentrons naturellement dans une période de hausse des températures, certes, mais ce n’est pas une raison pour mettre le pied sur l’accélérateur!  C’est comme si nous foncions dans un mur en béton avec une voiture et que mettrions encore plus la pédale au plancher en espérant le traverser.

Aussi, on dénigre dans la blogosphère toute alternative de gauche.  Cuba possède le meilleur système de santé au monde et le Venezuela avec Hugo Chavez a permis la construction d’hôpitaux et d’écoles publiques à l’avantage du plus grand nombre, ce qui aurait été impensable sous l’ancienne domination capitaliste autocratique en ce pays.  En conséquence, le niveau de vie (IDH) des Vénézuéliens n’a cessé d’augmenter depuis l’accession au pouvoir du président bolivarien.

J’estime que la grande majorité de la blogosphère politique n’est qu’un ramassis de pseudo-penseurs-croyants-s’y-connaître et de vils propagandistes vendus aux intérêts des grands prêtres néolibéraux qui tentent de nous faire avaler leurs odieux mensonges.

Vous n’êtes pas d’accord avec mes propos? Allez donc voir ailleurs si j’y suis.

Je suis l’anti-blogueur. Celui qui s’oppose. Celui qui n’en a rien à foutre de votre approbation et qui remet tout en question, parce que la vérité n’est pas celle que l’on souhaite nous faire croire.

Le pétrole avant les ours polaires

G.W. Bush vient de démontrer son incohérence en matière de protection des espèces menacées et sa faible adhésion à l’écologie.

Devant le danger de la fonte des glaciers arctiques causée par le réchauffement climatique, il a proposé, dans le cadre du «Endangered Species Act», une législation au Congrès vouant une protection plus étendue de l’ours polaire qui est menacé par la détérioration de son milieu naturel.

Cependant, il faut noter que cette idée n’est pas celle des républicains. En fait, cette initiative trouve son origine dans la démarche du représentant démocrate Edward Markey, président de la commission spéciale de la Chambre des représentants sur le réchauffement climatique et l’indépendance énergétique, qui désirait encadrer encore plus la survivance de cette espèce animale face à la prochaine exploitation de l’or noir en Alaska récemment permise par l’administration Bush. Les États-unis sont en manque de pétrole et désirent maintenant exploiter les ressources en carburant fossiles présentes sur leur territoire.

Mais, le « hic », est que la région spécialement touchée par les futurs forages, la mer de Chuckchi, pourtant à proximité d’habitats d’ours polaires, se trouve exclu de cette loi!

Pour le président Bush junior, l’environnement est un enjeu populaire dont son parti peut tirer avantage, mais il ne doit surtout pas contrecarrer le «Business as usual » de ses amis capitalistes.

Les républicains se montrent environnementalistes afin d’éteindre les craintes dans la population américaine face aux défis planétaires qui cognent à sa porte.

Ceci est « winner » sur le plan électoral, même si leurs intentions écologistes cachent des intérêts qui sont tout sauf préservateurs de l’environnement. En somme, les républicains sont « verts » lorsque cela fait leur affaire (voir Bush devient écologiste devant la montée du dollar canadien). Et encore là, leurs prétentions environnementalistes ne sont pas à la hauteur des attentes : le président Bush s’est montré hostile au pétrole albertain qu’il a qualifié de trop polluant à produire, mais celui-ci rentre toujours à flot sur le marché américain!

L’économie, selon eux, doit toujours et encore prédominer sur tout le reste.

Qu’importe la pérennité des races animales ou la préservation des milieux vivants qui se trouvent sur le chemin de la prospérité du monde des affaires, et surtout des méga-pétrolières.

Note: merci à Steeve C., un collègue de travail, de m’avoir rapporté cette nouvelle!

Alerte au CO2 et au réchauffement climatique

Des chercheurs du CEA et du CNRS français ont établi, à l’aide d’analyses de carottes extraites du plus profond de l’Antarctique, que le taux de CO2 dans l’atmosphère serait à son plus haut niveau (de 27%) depuis 650 000 ans.  En fait, on n’a pas trouvé d’époque où la concentration de gaz carbonique était aussi importante (380 ppm). 

L’industrialisation, l’utilisation du charbon comme énergie, la hausse du nombre d’automobiles sur la planète et le récent développement industriel de pays émergents ont contribué à cette ascension virtigineuse du CO2.

La conséquence est l’augmentation de la température du globe par l’effet de serre. La faune, la flore terrestre et aquatique en seront affectées et les extinctions d’espèces accélérées.

Le plus inquiétant : les glaciers des pôles commencent à fondre, particulièrement au Groenland, qui a connu un bond de la fonte de ses glaces de 10% entre 2005 et 2007.  En comparaison, de 1979 et 2006, la progression n’était que de 30%.  Il y a donc une accélération du phénomène et si toute la glace du Groenland fondait, le niveau des mers augmenterait de 8 mètres!

Sans une prise de conscience politique, la situation ne se redressera pas.  Le temps presse.

L’inspiration de l’Océan arctique


Depuis maintenant trois ans, Alexandre Forest, doctorant en océanographie, brave le froid du Grand Nord. Il étudie la grande inspiration que prend l’océan Arctique tous les printemps, ce qui aide à éliminer naturellement une partie du CO2 présent dans l’atmosphère.

À l’aide de lignes de mouillage munies de pièges à particules, le jeune chercheur récupère certains éléments de la pluie océanique, composée notamment d’algues et de déchets organiques.

Ces algues et ces déchets contiennent du carbone. Après la débâcle printanière se produit une floraison d’algues de glace nourries par le soleil. Ces algues captent du CO2. Elles peuvent d’abord retourner dans la chaîne alimentaire, mangées par les minuscules êtres qui composent le zooplancton qui, lui, est consommé à son tour par la morue arctique dont les phoques se régalent… avant de finir dans l’estomac des ours. Ou alors les algues et les déchets porteurs de carbone peuvent tomber vers les profondeurs de l’océan où ils demeurent captifs.

«Si les humains arrêtaient complètement de produire du CO2, l’océan Arctique à lui seul arriverait à rétablir, sur une période de 100 à 200 ans, la concentration normale dans l’atmosphère», affirme Alexandre Forest. Il souligne aussi que la quantité de CO2 contenu dans l’atmosphère terrestre n’a jamais été aussi élevée en 650 000 ans. Alors que cette concentration a toujours varié entre 180 et 300 particules par million (ppm), elle se chiffrait l’an dernier à près de 379 ppm.

Fluctuations annuelles

Au cours des trois années où il s’est retrouvé périodiquement à bord du brise-glace de recherche Amundsen, Alexandre a noté des variations importantes dans la quantité de particules qui se retrouvent dans l’océan. Il attribue surtout cette fluctuation à la période où se produit la débâcle. Si elle est hâtive, comme en 2005, la croissance du phytoplancton est stimulée par la plus longue exposition au soleil et les autres espèces de la chaîne alimentaire sont favorisées. La mer absorbe alors une moins grande quantité de CO2.

L’année suivante, la débâcle plus tardive a engendré l’effet inverse. Une plus importante quantité de CO2 s’est déposée sur le plancher océanique, mais les organismes vivants ont été défavorisés par une moins grande disponibilité de nourriture.

Dans la perspective des changements climatiques causés par une trop grande concentration de CO2 dans l’atmosphère, on comprend qu’un hiver plus froid favorisera la diminution du CO2. «Or, il faut un juste équilibre entre la rétention de CO2 dans l’océan et une production importante de phytoplancton, qui est à la base de la chaîne alimentaire fragile de l’Arctique», explique l’étudiant.

Équilibrer politique et science

Le juste équilibre est d’ailleurs l’angle par lequel Alexandre Forest aborde la question des actions à prendre pour contrer le réchauffement de la planète. «Il ne faut pas retourner en arrière et oublier toute notre technologie au nom de l’environnement, ni ignorer la situation et poursuivre l’exploitation des ressources au même rythme», explique-t-il. Pour l’océanologue, il faut agir en investissant énergie et temps dans le développement durable, mais surtout être proactif, savoir se servir des effets négatifs du réchauffement climatique. Ainsi, on arrive à trouver des idées nouvelles qui arriveront véritablement à changer les choses.

L’avenir de notre planète bleue repose sans doute dans les mains de la communauté scientifique, en harmonie avec celles des dirigeants politiques. «L’Homme est responsable du réchauffement climatique, c’est sans équivoque», pense Alexandre. Selon lui, l’humain doit maintenant appliquer des solutions concrètes efficaces en tenant compte des percées scientifiques dans des domaines tels que la climatologie, la géologie et l’océanographie. En ce qui a trait à la sensibilisation, l’étudiant-chercheur rappelle qu’il ne tient pas à faire de la conscientisation environnementale une mission évangélisatrice, mais entend plutôt prêcher par l’exemple.

par Marie-Pier Désilets

Texte publié dans Impact Campus, Le journal des étudiants et des étudiantes de l’Université Laval

Un dégel inquiétant


L’ONU déclare officiellement ce mois-ci que la température en arctique a augmenté deux fois plus rapidement que le reste de la planète en raison des gaz à effet de serre.

On minimise l’importance des glaciers sur l’équilibre de la biosphère mondiale et cette nouvelle ne promet rien de bon dans l’avenir car elle signifie une fonte rapide des glaciers de cette région. Les objets naturels blancs, comme la glace ou la neige réfléchissent à 80% les rayons du soleil, mais leur rétrécissement fera augmenter exponentiellement le réchauffement de la planète. Par ailleurs, le dégel de l’arctique contribuera à une augmentation de 1 mètre du niveau de la mer, ce qui obligera des millions de personnes à migrer plus vers les terres intérieures(particulièrement dans les pays sous-développés) et entraînera des conflits frontaliers et interculturels. Le phénomène sera palpable d’ici 15 à 25 ans si aucune mesure n’est mise en place.

Mais ce n’est pas la seule région glacière qui sera affectée. Même les sommets glacés de l’Himalaya sont menacés et dans un demi-siècle il n’y aura plus de glaciers dans cette zone montagneuse. Les habitants adjacents à ce secteur voient leurs milieux de vie mis en péril car l’eau qui ruisselle remplie les vallons et crée de nouveaux lacs. En fait, 12 étendues d’eau ont été répertoriées en 1950, et aujourd’hui on en décompte près de 2400! La situation devient problématique dans l’éventualité d’un tremblement de terre. Le périmètre a déjà été touché par des tremblements de terre en 1934 et 2005 faisant des dizaines de milliers de morts. Le séisme pourrait projeter l’eau de ces lacs vers les zones urbaines en plus basse altitude et décimer tout sur son passage. Un véritable tsunami terrestre!

Dans les Andes et les hauts plateaux de la Colombie, on craint aussi le pire. Le dégel des masses glacières en Amérique Latine est tel qu’on prévoit une augmentation des perturbations climatiques en relation à la perte de l’effet de refroidissement que ces glaciers procurent : ouragans, tempêtes tropicales, hausse des précipitations, sécheresse en Amazonie. En outre, on prévoit la disparition de la plupart des glaciers d’ici 10 à 15 ans. L’impact économique sur ce continent s’élevait déjà à 629 milliards dans les années 90. L’agriculture, la pêche et l’accès à l’eau potable seront de plus affectés et des maladies comme la malaria, la fièvre dengue et le choléra pourraient revenir en force dans les prochaines décennies. Une ONG préconise le respect du protocole de Kyoto, l’arrêt des coupes de bois illégales et de la déforestation afin de contrer la catastrophe à venir.

Nous devons agir dès maintenant. Le temps qui s’écoule réduit notre fenêtre d’opportunité. Une étude a révélée qu’un dollar dépensé en mesure préventive permet de diminuer de quatre à dix dollars les coûts de reconstruction.