« Nos enfants nous accuseront »

C’est le titre d’un récent reportage appelant à une modification de notre style de vie, de notre mode de production industrielle, de notre agriculture et de notre alimentation.

Comme le dit l’un des conférenciers dans ce film, la nouvelle génération d’enfants sera la première de l’histoire moderne à ne pas être aussi en santé que la précédente.

Cela porte à réfléchir…

http://nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/

La mauvaise foi de Nathalie Elgrably

La reine de la démagogie néolibérale au Québec remet ça dans sa dernière chronique du 4 septembre 2008 (L’inspecteur inspecté) dans le Journal de Montréal. Elle se surpasse une fois de plus en contradictions et en incohérences.

Selon cette prétendue sainte oracle de l’économie de marché, l’État est le seul responsable des cas de listériose. Elle accuse au passage l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) pour l’inefficacité de son travail.

Mais, ce qu’elle ne dit pas, c’est que les conservateurs, ses comparses, ont usé de laxisme dans la réglementation de l’industrie alimentaire depuis leur arrivée au pouvoir. C’est ce que témoigne le Globe and Mail : « Le quotidien (…) rapportait mercredi que, selon un document dont il a obtenu copie, l’Agence canadienne d’inspection des aliments aurait déjà commencé à laisser l’industrie procéder elle-même aux contrôles de qualité … »

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a fait aveuglement confiance aux industries alimentaires en matière d’hygiène en conformité avec ses préceptes de déréglementation, mais les faits démontrent que le relâchement d’un contrôle public entraine inévitablement des coûts mortels pour l’ensemble de la société. Ne soyons pas dupes. Les cas de listériose ne se rapportent pas seulement aux produits Maple Leaf, mais à un ensemble de produits provenant de sources diverses. En somme, les entreprises de production de denrées ont coupé les coins ronds en surveillance bactériologique en l’absence d’un encadrement étatique afin d’arrondir encore plus leurs profits.

En conséquence,  ces faits ont été complètement oblitérés par cette « haute » idéologue de droite. Elle propose ainsi une solution vide de sens afin de soutenir les propagandistes de droite acoquinés avec le monde des affaires assoiffé d’une réduction de la taille de l’État : abolir l’ACIA,  même si cela entraîne encore plus de décès en rapport aux intoxications alimentaires! Le privé sait tellement mieux agir de manière responsable. Laissons les businessmen faire encore plus de profits et ne s’occupons pas de la santé publique! Quelques centaines de morts n’ont que peu d’importance face aux bénéfices des entreprises!

Quand le comprendrons-nous enfin? Les activités des entreprises privées vont à l’encontre de l’intérêt collectif, particulièrement en ce qui a trait à l’alimentation constituant un service essentiel. Les affairistes ne recherchent que le profit, quitte à sabrer dans les dépenses de contrôle de qualité.

Et cette petite démagogue ne s’arrête pas là. Tant qu’à frapper sur les institutions gouvernementales, elle y va gaiement. Madame Elgrably avait sûrement quelques paragraphes à remplir pour sa chronique, donc elle les a comblés avec les inepties habituelles qu’on lui connaît. Elle s’attaque alors à la qualité de l’eau provenant des aqueducs publics. Pourtant, plusieurs experts stipulent que l’eau traitée par les municipalités est généralement de bonne qualité, même supérieure à celle embouteillée.

Par ailleurs, madame Elgrably cite en exemple le scandale de Walkerton pour étayer sa thèse de l’incompétence de l’État en matière de distribution d’eau! Cette dame doit vivre sur une autre planète ou être complètement malhonnête intellectuellement pour mettre en avant ce cas. Tout le monde sait que la cause de cette tragédie ayant entrainé plusieurs morts par une infection à la bactérie E. coli a été les coupures dans l’hygiène publique d’un ancien gouvernement conservateur ontarien affilié à sa propre idéologie! Bonjour la contradiction!

Peu importe les agissements des gouvernements conservateurs qui sabrent dans l’État et mettent en péril la vie de nos concitoyens, cela est sans considération pour madame Elgrably.

Comme toujours, elle idolâtre le secteur privé au lieu de se questionner sur ses propos purement délirants et son argumentaire dénué de toute logique.

Pire encore. Elle blâme insidieusement l’institution gouvernementale dans le dossier de la listériose ou dans celui de Walkerton après que la « gang » conservatrice et néolibérale dont elle fait partie ait tout fait depuis sa prise du pouvoir pour miner la confiance des citoyens envers les services publics par des politiques de déréglementation. Du grand art et une preuve de mauvaise foi : mettre les fautes des conservateurs sur le dos des institutions au lieu d’admettre leurs torts par leurs agissements.

Ce n’est pas l’État qu’Elgrably devrait dénigrer, mais ses petits amis conservateurs, pour leurs gestions déficientes des affaires publics, notamment en alimentation.

Voir aussi: Les contre-vérités environnementales de Nathalie Elgrably,  L’inconsistance de Nathalie Elgrably,  La petite démagogue

Crise alimentaire mondiale : le calme avant la tempête

La hausse vertigineuse des prix des aliments sur l’ensemble de la planète laisse perplexe. En général, les tarifs de ces produits ont augmenté de 83% depuis 18 mois et celui du blé de 181%.

On connaît les principales causes : la flambée du prix du pétrole; la popularité de la production des biocarburants; les politiques économiques internationales des pays industrialisés envers les pays en développement leurs dictant les cultures a exploité sans considération des besoins des populations locales.

Aussi, il y a l’émergence de la Chine qui accroît notamment la demande de viandes et de lait et pousse ainsi les prix vers le haut.

Le raffinement des techniques agricoles a permis une production accrue des biens alimentaires, mais ces progrès ne peuvent plus combler la disette devant l’essor démographique planétaire.

Les réserves mondiales en nourriture ont aussi grandement diminué.   Le Programme alimentaire mondial des Nations unies quémande des milliards supplémentaires et prévient que la crise est encore loin d’être résorbée.

L’Occident mange trop, on le sait.  Notre apport calorique est disproportionné en relation à nos nécessités réelles, sans compter le gaspillage et le dumping.  Aussi, il n’est pas surprenant de voir alors de plus en plus de cas d’embonpoint ou d’obésité.  En fait, il faudrait revoir notre façon de manger.

Une trentaine de nations sont désormais frappées par la crise alimentaire et les problèmes sociaux qui s’en suivront pourraient mener à des révoltes populaires de plus en plus graves. 

Ainsi, les tensions internationales seront exacerbées.  De possibles changements de gouvernements issus de la grogne populaire pourraient glisser vers l’extrémisme et engendrer ultimement des conflits entre pays voisins. 

Mais, finalement, cela ne traduit que deux choses: les lois du marché, lorsque laissées à elles-mêmes, ne sont pas viables dans un contexte de rareté des ressources; et, les maîtres du monde, les capitaux-fascistes, ont démontré leur incompétence à gérer l’économie mondiale.

À quand des réglementations internationales sur les denrées alimentaires et l’énergie au service des gens au lieu des intérêts des grandes compagnies?

 

Supermarchés: recycler dans la cour du voisin

Mardi dernier, les supermarchés Metro, Loblaw et IGA ont contesté, à la Commission des transports et de l’environnement, les consignes présentes sur les canettes en aluminium ainsi que sur les bouteilles de plastique pendant que plusieurs groupes demandent l’instauration de ce système d’incitation au recyclage à tous les contenants en matières réutilisables.

On apporte en preuve de la prétendue inutilité des consignes que le taux de récupération des contenants à remplissage unique avoisine celui de la collecte sélective ménagère (71% contre 67%).  Donc, ce procédé assurant le retour des contenants ne serait plus nécessaire.  Selon les représentants des supermarchés, les bonnes habitudes et la conscientisation dont font preuve les citoyens garantiraient le recyclage des canettes et des bouteilles de plastique. Cependant, il faut noter que la récupération des bouteilles de bières est de 98% car les consignes sont plus élevées. Alors, pourquoi ne pas hausser celles des autres contenants afin de maximiser leur réutilisation au-delà du 71% actuel?  Ce serait ainsi plus performant que la cueillette sélective et encore meilleur pour l’environnement.

On rétorque que ce système de consignation est six fois plus dispendieux, selon les experts des géants de l’alimentation, que la collecte sélective des municipalités. Est-ce à dire, que pour une fois, le public est plus efficace que le privé?

Mais les demandes de l’oligopole québécois de l’alimentation au détail cache un autre dessein.

Par cette tentative, on désire simplement refiler la facture du recyclage commercial au domaine public qui devra investir davantage en conséquence de ce délestage dans sa “cour” des opérations de recyclage de l’alimentation mercantile. Le processus est trop coûteux pour les entreprises? Laissons alors l’État le prendre en charge et payer les frais, comme on le fait partout ailleurs. En somme, on nous sort encore le bon vieux principe: on privatise les profits et on nationalise les pertes.

Monsanto: à l’assaut de l’alimentation mondiale


La multinationale américaine Monsanto, conceptrice du tristement célèbre Agent Orange, a l’œil sur la production agricole mondiale. Des anciens employés l’affirment: elle vise à créer un monopole de l’alimentation mondiale par l’appropriation de semences génétiquement modifiées dont elle seule obtiendrait les droits.

À ce jour, 90% des cultures OGM seraient sa propriété tandis que la production de gènes modifiés aurait été multipliée par 60 dans la dernière décennie. Pourtant, les plantes résultantes de ces modifications génétiques sont considérées selon plusieurs comme étant dangereuses à la consommation.

Monsanto suscite l’indignation par ses tactiques douteuses. Depuis 1996, en Argentine, le soja transgénique insensible aux pesticides de Monsanto s’est imposé car il était apparemment plus rentable aux cultivateurs. Conséquences : la déforestation (ignorée par les dirigeants politiques grassement payés par Monsanto), la monoculture appauvrissant les terres ainsi que l’utilisation abusive de pesticides ont détruit la qualité de l’environnement et affectent la santé de la faune, de la flore et de l’être humain.

Et le culot de cette compagnie ne s’arrête pas là. Ayant laissé durant 8 ans les petits agriculteurs cultivé son soya, elle demanda ensuite des redevances à ces derniers couvrant toute cette période! Confrontés à la banqueroute, ils ont été pris au piège. Plusieurs cultivateurs ont préféré partir et vendre leurs terrains aux grands investisseurs qui ne soucient guère de la préservation de l’écosystème argentin. Les grands domaines se sont multipliés et la participation des habitants locaux a été mise de côté.

De plus, les pollens des différentes créations génétiques de Monsanto projetés éventuellement sur les terrains environnants par les vents et les insectes rentrent aussi dans le domaine de propriété de cette entreprise et elle n’hésite pas à poursuivre ceux qui les utilisent sans payer de royalties.

Il y a encore pire. Le maïs Monsanto disponible sur les grandes surfaces commerciales serait néfaste à la vie biologique! Le métabolisme de souris l’ayant ingéré se serait trouvé modifier après trois mois de consommation!

L’ambition de Monsanto n’a aucune limite. Elle tente par tous les moyens de breveter une partie de l’ADN du porc! Comment breveter le vivant? Un dangereux précédent. Et où cela s’arrêtera-t-il? Va-t-on finir par émettre des droits de propriété sur le code génétique humain? Un dilemme bio-éthique que l’on tarde à évoquer.

Dans un monde rongé par la sous-alimentation, cette nouvelle motivation monopolistique de l’industrie alimentaire par le seul motif du bénéfice pécuniaire est indécente. Ils évoquent la hausse de production accrue avec les alternations génétiques, mais sera-t-elle viable à long terme et à qui profitera-t-elle? On délocalise de petits fermiers locaux pour laisser la place à la production de masse à grande échelle qui est néfaste à l’environnement et appauvrie les terres par la récolte de quelques espèces. On accentue alors la problématique de la faim car on empêche la satisfaction autarcique des besoins alimentaires des paysans locaux. Sur le long terme, l’agriculture aura de la difficulté à s’en remettre car le sol aura été dénué de tous les nutriments nécessaires à une culture diversifiée.

En outre, on laisse se détériorer la qualité des aliments. On coupe les coins ronds avec des modifications génétiques dans l’unique but d’engranger des profits afin de produire de plus en plus sans considérer les effets sur la santé des consommateurs. Les coûts des soins de santé exploseront devant les cas de cancers et de maladies dégénératives et ce seront encore les citoyens normaux, vous et moi, qui en payerons le prix avec une imposition de revenus plus élevée. En attendant, Monsanto s’en lavera les mains avec ses coffres bien remplis.