L’argent n’a pas de patrie

La vente du fleuron québécois RONA au géant américain LOWE’S confirme bien que l’élite économique du Québec ne s’entrave pas de considérations nationalistes lorsque vient le temps d’empocher le magot, tout comme la Caisse de dépôt et placement du Québec – actionnaire à 17% – qui n’a pas levé le petit doigt pour bloquer la transaction en se réfugiant derrière une neutralité politique douteuse qui concorde étrangement avec la position de l’actuel gouvernement libéral.

Lointaine est désormais l’époque du «  Maître chez nous  » d’un autre gouvernement libéral qui portait jadis le flambeau d’un nationalisme économique nécessaire à l’émancipation d’un peuple minoritaire à l’avenir incertain.

Avec un dollar canadien particulièrement bas, la table est mise pour les achats à rabais de plusieurs entreprises québécoises que les actionnaires ne peuvent refuser en raison des énormes montants engagés. Le «  Québec Inc.  » oublie de cette façon les acquis de la Révolution tranquille et les aspirations de tout un peuple, celui dont il est pourtant issu, et se vend au plus offrant ainsi que son peuple dans la foulée.

Mais ce manque de sensibilité nationaliste ne se limite pas aux entreprises qui se sabordent en se faisant avaler par la concurrence étrangère. Il touche aussi celles ayant encore leurs sièges sociaux chez nous et qui profitent de soutien financier important du gouvernement provincial tout en délocalisant dans l’indifférence certaines de leurs activités vers des contrées au faible coût de main-d’œuvre… comme Bombardier.

Oui, sans aucun doute, les événements des derniers mois nous ont démontré que l’argent n’a pas de patrie…

3 réflexions au sujet de « L’argent n’a pas de patrie »

  1. Honnêtement, en tant qu’homme plutôt à gauche, je suis plutôt contre les aides aux corporations comme Bombardier ou RONA. Aurait-il était moral et politiquement acceptable pour un gouvernement genre NPD ou QS d’aider RONA, hum…

    Ca reste du capitalisme.

  2. Ne pas intervenir ouvrirait la voie à une prise de contrôle totale des économies nationales par le grand capital. Ne rien faire fait le jeu du capitalisme qui ne trouve aucune barrière à sa puissance. L’interventionnisme, dans certains cas correspondant à un nationalisme de gauche des petits peuples visant à se protéger de l’impérialisme, peut devenir nécessaire.

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