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Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 5 octobre 2012

À en croire le tollé de la droite économique qui a suivi les annonces de centre-gauche du nouveau gouvernement du Parti québécois, le Québec est devenu une république socialiste, et Pauline Marois,  la « Hugo Chavez » du nord des Amériques.

Le principal point d’achoppement constitue l’implantation de nouveaux paliers d’impôt pour les contribuables gagnant 130 000$ et plus par année – la critique provenant évidemment du fameux 1% (plus ou moins) tant décrié par le mouvement Occupons/Occupy.

On ne peut les blâmer de chercher à protéger leurs intérêts.  Mais, en dressant l’épouvantail socialiste et en augurant la pire catastrophe économique avec l’application de cette mesure, les tenants du libéralisme économique classique au Québec démontrent un aveuglement tout autant réactionnaire que sectaire.

Ils oblitèrent deux des causes principales de la crise financière et économique de 2008 dont nous sommes toujours sous l’emprise : l’écart grandissant des richesses depuis les années 80 et le fardeau fiscal indu sur la classe moyenne l’étouffant et la poussant à s’endetter.

Ils nous ressortent la sempiternelle rhétorique : ils doivent toujours être plus riches et encore plus riches pour le bien de tout un chacun.  Cependant, cet axiome est faux, comme l’ont démontré maintes études dont l’une de Statistique Canada.  Cette dernière a étudié les trente dernières années dans l’objectif d’étayer la thèse d’une corrélation entre la baisse d’impôt des compagnies ainsi que des nantis et une accentuation de l’investissement privé dans l’économie avec comme résultante espérée une hausse de l’emploi.  Or, aucun corollaire n’a été trouvé entre ces deux éléments.

La classe opulente peut bien évoquer, avec des menaces vides, une expatriation du sol québécois des professionnels et des investisseurs.  Mais, avant de le faire, elle devrait considérer le faible coût d’existence et la bonne qualité de vie au Québec pour un maigre 1 800$ en impôt supplémentaire pour ceux ayant un revenu imposable de 200 000$…

Finalement, les nantis devraient se réjouir de contribuer leur juste part pour permettre l’établissement d’une société plus juste et donc plus sécuritaire.  Ce n’est qu’un simple retour de balancier après trois décennies d’iniquité.  Car tout est relié, et en absence d’une solidarité minimum entre les individus, tout le monde en paie le prix social, tout comme les plus riches.