L’oubli du passé

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 13 mars 2012

Les pourfendeurs de la grève étudiante sont souvent les mêmes qui décriaient, il n’y a pas si longtemps, l’apathie sociale et la dépolitisation de la jeunesse québécoise.

Or, cette dernière vient de démontrer, avec l’élargissement de la protestation, qu’elle est bel et bien capable de se mobiliser face à des politiques aux antipodes des valeurs sociales ayant jadis été portées par leurs prédécesseurs qui croyaient à un idéal de société juste permettant un accès facile aux études supérieures, garantes de la formation de citoyens éclairés et conscientisés aux enjeux sociopolitiques, si nécessaire à la santé de la démocratie.

Maintenant, un bon nombre de ces mêmes prédécesseurs – parents et grands-parents –  regardent du haut de leur piédestal, et avec une certaine condescendance, leurs progénitures se battre pour préserver ce qu’ils ont autrefois réclamé et obtenu. 

Force est de constater que ces étudiants d’hier ont vite oublié que l’éducation est la principale arme contre l’asservissement d’un peuple et que l’ignorance permet à un régime autocratique de s’installer dans la passivité populaire – comme sous Duplessis.

En fait, ironiquement, ce sont désormais eux qui sont enclins à l’apathie sociale et à la dépolitisation…     

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 270 (initié)

6 réflexions sur “L’oubli du passé

  1. Bien d’accord avec toi!

    Il ne faudrait surtout pas oublier (et je ne dis pas que tu le fais) qu’un bon nombre d’adultes, dont des parents, appuient le mouvement de contestation étudiant. Il y a des groupes de parents sur Facebook, de même que des enseignants, qui appuient directement les revendications et la gratuité scolaire à l’université.

  2. Tiens, une exemple inverse… Un père qui n’a pas contesté quand il était jeune et qui appuie la contestation de sa fille!

    «Je regrette de m’être montré sourd et aveugle il y a 40 ans; j’aurais dû militer pour l’instruction universitaire gratuite. Ainsi, les jeunes adultes actuels n’auraient pas à se mobiliser pour convaincre leurs aînés.»

    Droits de scolarité – Une hausse que la collectivité devrait assumer
    http://www.ledevoir.com/societe/education/344787/droits-de-scolarite-une-hausse-que-la-collectivite-devrait-assumer

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