Citoyenneté à vendre

La crise grecque a atteint son paroxysme.

Avec le nouvel accord imposé par l’Union Européenne, la nation hellénique se doit de sabrer sauvagement dans les services publics, de vendre son patrimoine historique, de remettre au plus offrant ses infrastructures urbaines et, le comble, d’augmenter les impôts, les taxes tout en diminuant les pensions de retraite.

Néanmoins, toute cette vente de feu révèle un sombre avenir qui guette toutes les nations occidentales.

En effet, face à la mondialisation néolibérale, les États-nations sont soumis au diktat économique du FMI et de la Banque Mondiale en laissant partir une partie de leur souveraineté à l’avantage de l’implacable capitalisme international.

Désormais –  en fait,  depuis les années 80 –,  les gouvernements ont plié devant les velléités du libre-marché mondial et acquiescé implicitement à ce délestage de leurs prérogatives en politique économique et sociale au détriment des besoins des citoyens qu’ils doivent, supposément, représenter.

Ainsi, la citoyenneté et la démocratie s’érodent progressivement, car les droits politiques qu’elles comportent, sont aliénés par un despotisme supranational immatériel et dépourvu d’instance politique officiel.

Seul demeure le marché, la « main invisible », censée résoudre toutes les problématiques et maintenir l’équilibre, mais qui, en réalité, ne fait que détruire le tissu social sur l’autel du mercantilisme primaire sans foi ni loi situé à mille lieux de la justice sociale et des préoccupations concrètes des hommes.

Le fléau de cette « citoyenneté à vendre » se répand même aux États-Unis – aussi empêtrés dans un dossier de dette souveraine divisant leur monde politique entre démocrates voulant augmenter les impôts des plus riches et républicains intraitables sur une réduction unilatérale de l’État sans contribution des plus nantis.

Sans un pouvoir politique fort – contrepoids aux intérêts particuliers-  incarné par un État, les droits politiques inhérents à la citoyenneté et à la démocratie sont menacés ainsi que les besoins humains les plus élémentaires passant alors à la seconde place derrière les priorités purement économiques et financières d’un système qui ne repose que sur l’argent et le bénéfice immédiat.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  239 (initié)

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58 réflexions sur “Citoyenneté à vendre

  1. «passant alors à la seconde place derrière les priorités purement économiques et financières d’un système qui ne repose que sur l’argent et le bénéfice immédiat.»

    Personnellement, je ne parlerais que de priorités financières (l’économie étant pour moi autre chose), mais je suis tout à fait d’accord avec ce que tu en dis. À la base, l’argent a été créé pour faciliter les transactions. Il est rendu un objet et un objectif en soi.

  2. «À la base, l’argent a été créé pour faciliter les transactions. Il est rendu un objet et un objectif en soi.»

    C’est ce qu’on en sait, peut-être a-t-il été créé pour donner des monopoles à cette classe d’élite, qui change de peau comme les caméléons…

  3. @Darwin

    Finances et économie sont intimement liées. La première est une source de financement de la seconde et dans le capitalisme contemporain, l’une ne va pas sans l’autre.

  4. @Darwin : Vous avez raison, il faut différencier Finance et Économie. L’économie, c’est la structure, les lois et les normes qui régissent les échanges sociaux (qualitatif). La finance, c’est simplement la comptabilité et l’organisation de ces échanges (quantitatif). On pourrait avoir une économie sans argent, mais l’inverse s’imagine difficilement. Nous vivons dans une dictature de la finance, où l’outil qu’est l’argent sert implicitement à la soumission des humains.

    Personnellement, Jimmy, les seuls mots qui m’agressent dans votre texte, c’est lorsque vous dites qu’il faut un pouvoir politique fort « incarné par un État ». Vous connaissez ma position marxiste là dessus : à toutes les époques de l’Histoire, les États n’ont étés que l’outil de la classe dominante, pour se maintenir au pouvoir. Il serait donc, selon moi, FOU de penser qu’il faille un État au pouvoir politique fort pour retrouver un peu de liberté civile… Ça fait longtemps que le pouvoir politique et la ‘finance’ marchent main dans la main, c’était le cas même dans les années 60-70 et avant… Ce qu’il faut, c’est une alternative citoyenne forte; c’est là que les choses avanceront concrètement.

  5. @ Jimmy

    «En fait, les amis, l’argent est une création étatique. »

    Ou par les religions.

    Tout dépend de la définition de l’argent ou de la monnaie, Si on parle de l’utilisation de métaux précieux, l’État et la religion ne sont pas loin. Mais, l’utilisation de produits ayant pour but de faciliter les échanges remonte à la nuit des temps, bien avant la création des états. C’est bien sûr de cela dont je parlais.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_monnaie

    @ .André Franc-Shi.

    «L’économie, c’est la structure, les lois et les normes »

    Voilà! La finance est supposée être accessoire, être au service de l’économie et elle est devenue un objectif en soi. Que ce soit en Europe ou aux États-Unis, la finance empêche les pays de sortir de leur marasme.

  6. @André

    Je ne crois pas à la disparition de l’État avec l’avénement de la société communiste. Qu’on l’appelle État ou autre chose, une organisation minimale doit demeurer pour gérer les lois et instaurer les bases d’une vie communautaire.

  7. @Jimmy St-Gelais : Ho que vous avez raison là dessus! Je vous explique mon point de vu sur l’abolition des États, si cela vous intéresse.

    Les communistes ne veulent pas abolir l’État, mais le renforcer en lui procurant tous les pouvoirs économiques. Je ne suis pas communiste, mais libéral-égalitariste. Alors que les communistes veulent renforcer le pouvoir économique de l’État, nous voulons l’ABOLIR, pour le répartir ÉGALEMENT entre TOUS les citoyens.

    Vous l’avez clairement souligné, un certain ‘État’ existera toujours, sinon il sera, tôt ou tard, remplacé par une autre organisation, semblable. Toutefois, il ne faut pas confondre les activités de l’État. Selon nous, l’État devrait être dépourvu de pouvoir économique et devrait SEULEMENT servir à établir des lois et des normes sociales (par exemple, le nombre de plomb sécuritaire dans la peinture). Si on se contentait de cela et qu’on répartissait le pouvoir économique de l’État québécois entre TOUS les Québécois, on pourrait déjà offrir plus de de 8500$ par année en investissement démocratique à tous nos citoyens, soit un peu plus de 700$ par mois. Ce que les libéral-égalitaristes vont accomplir, c’est de répartir ce capital social afin que CHAQUE individu l’investisse dans un projet qu’il souhaite : l’aménagement d’un parc, la réparation des routes, le réseau de santé et d’éducation, la défense nationale, etc. etc…….

    Ainsi, nous n’aurons plus besoins du dicta de nos despotes légitimement élus pour démarrer des projets sociaux. TOUS pourront démarrer leurs projets, lorsqu’ils décideront de le faire et s’ils ont besoins de financement, ils n’auront qu’à convaincre leurs concitoyens d’investir leur investissement démocratique dans le projet citoyen choisis. De cette façon, je vous l’accorde, l’État n’est pas complètement aboli, mais le pouvoir suprême de l’État, son pouvoir économique, LUI, le sera. Là est toute la distinction entre les communistes et les libéral-égalitaristes.

    Amicalement.

  8. Domboy

    @André : Théorie innovante et intéressante. Mais sa mise en pratique reste nébuleuse. Par exemple, pourquoi des individus investiraient leur capital social dans une entreprise privée pour qu’elle répare les routes?

  9. Mouin, une idée pas tellement éloignée que celles des libertariens….
    Les uns veulent démembrer l’État pour la donner aux riches, les autres pour la donner aux pauvres…dans les deux cas, la dérape me semble assurée 😉

  10. @André

    Les communistes sont contre un État fort. En fait, la dernière phase de la marche vers le communisme stipule la dissollution de l’État pour être ensuite remplacé par une union libre des individus. Pas mal utopique comme concept, et c’est ce que je voulais souligner.

    Et comme le dit Koval, votre idée se rapproche de celle des libertariens. Un peu surprenant de votre part!

  11. the Ubbergeek

    @Jimmy

    Il y a une droite étatiste et une gauche anti-étatiste. Et vice versa.

    Un communisme qui veut un état fort permanent est pas cotnradictoire.

  12. @Ubbergeek

    Je ne saisis pas votre commentaire.

    La droite étatiste se rapproche de l’extrème droite fasciste et la gauche anti-étatiste de l’anarchisme.

    Et relisez votre marxisme. La disparation de l’État est bien préconisée par Marx.

  13. En passant, je suis anarcho-syndicaliste, et je suis moi aussi contre un état trop centralisateur. Néanmoins, il doit demeurer présent dans la sphère socio-économique afin de pallier aux dérapages du système économique, quel soit-il.

    Ce n,est pas ce que prônent les libertariens avec leur affaiblissement de l’État en conservant la propriété ou au contraire, les anarchistes, qui veulent le détruire pour justement abolir la propriété privée.

  14. @ Jimmy

    «je suis moi aussi contre un état trop centralisateur»

    Moi, je ne sais pas trop ce que je suis, mais j’ai aussi de grosses réserves sur certaines interventions étatiques… tout en reconnaissant son importance pour répartir les richesses, gérer les biens communs et offrir des services publics complets.

  15. Exactement Darwin. Reléguer l’État aux pouvoirs régaliens ne fait que diminuer le « vivre ensemble » que représente l’État. Il est un régulateur ayant une vision d’ensemble pour intervenir afin de réduire les aberrations sociales.

    Aucun système économique décentralisé ne peut combler ce rôle.

  16. the Ubbergeek

    Jimmy, vous avez une vision trop… orthdoxiante, peut être.
    Il y a communisme et communisme.

    C’est un peu comme ceux qui disent que les Mormons ne sont pas des chrétiens, peut être (même si je penche de ce coté).

    Non, un communisme ou socialisme étatisme reste.. enfin, communisme ou socialisme. Comme les libertariens sotnt de droite, à la fin.

  17. @Ubbergeek

    Non. Je ne fais que relater la théorie. Rien de plus. La centralisation étatique n’est qu’une phase temporaire selon Marx. Mais bon…

    Et dans le concret, la Yougoslavie – avant sa dislocation -, a pratiqué un communisme décentralisé et donc moins étatique, avec des entreprises coopératives indépendantes soumises à un certain march – un peu à l’image de ce que propose l’anarcho-syndicalisme.

  18. the Ubbergeek

    Marx n,est pas un dieu. La pensé évolue. Comme les ajouts de Trotsky, ou Mao.

    Et comme vous le dite, le ‘Titisme’…. qui va contre Marx. 😉 Une légère capitalisation aussi, j’oui-dire.

  19. Je ne considère par Marx comme un dieu. D’ailleurs, en tant que matérialiste, il serait insulté d’un tel commentaire. 😉

    Néanmoins, il est le maître à penser de la mouvance socialiste et tous ses successeurs, Lénine, Tito, Trotski, Mao, Castro, Chavez s’en ont inspiré grandement – non sans ajouter leurs grains de sel.

    Je le dis encore: je suis anarcho-syndicaliste, pas communiste.

  20. Marx est un ouvrage encore étudié et déterminant pour qui veut comprendre la politique à un degré plus perfectionné….

    J’ai lu le manifeste dernièrement et j’ai bien aimé.

  21. the Ubbergeek

    Marx pour moi, cependant, est.. dépassé, ou commence à l,être sur des points.
    Le modèle industriel change SÉRIEUSEMENT, l’Ère Informatique, et tout cà… Un jour, un monde cyberpunk pourrait apparaitre; alors, un nouveau socialisme, technosocialisme, alors doit être pensé…

    ET il y a toute la questiom écologiste, dans l’autre sens…

  22. @the Ubbergeek : Évidemment que la théorie de Marx est dépassée! Même lui l’a souligné dans sa réédition du « Manifeste du parti Communiste » en 1872. La Commune de Paris de 1871 a totalement recentré Marx sur une nouvelle théorie : la nécessité d’abandonner le rêve de réformer l’État bourgeois pour créer un État de délégués à tout moment révocables, ce qui a donné par la suite le marxisme-léninisme. Mais le marxisme-léninisme est ÉGALEMENT dépassé! Il faut apprendre des erreurs du 20e siècle et ne plus JAMAIS octroyer le pouvoir de dépenser le capital social à une clique restreinte d’individus. C’est le meilleur moyen de dilapider la richesse et d’accentuer les injustices! Cela dit, je penses que vous touchez un point très TRÈS important en évoquant l' »Ère Informatique ». Je penses que Marx aurait été encore plus fébrile à cette innovation que l’invention des chemins de fers l’a fait.

    Vous dites que je me rapproche des libertariens? HAHA! J’adore dialoguer avec les libertariens…. Mais n’évoquez jamais devant eux l’idée de socialiser le capital social, d’interdire le profit privé ou de nationaliser toutes les banques… S’il y a une seule chose qui rapproche les libéral-égalitaristes des libertariens, c’est bien seulement l’idée d’abolir l’État pour laisser TOUTE la place au marché libre…

    @Darwin : Vous dites :
    « …j’ai aussi de grosses réserves sur certaines interventions étatiques… tout en reconnaissant son importance pour répartir les richesses, gérer les biens communs et offrir des services publics complets »
    Il est important dans le système économique actuel, je vous l’accorde. Mais il ne faut pas penser que l’État actuel est la seule solution pour « gérer les biens communs », « offrir des services publiques » et encore moins « répartir les richesses »! Je penses que le secteur privé est suffisamment efficace et organisé pour gérer les biens et les services tout seul, non? Le problème vient d’avantage de la répartition du capital social. Mais pour répartir la richesse, une fois que les banques sont nationalisées, vous n’avez besoins que d’un ordinateur pour compléter un petit calcul simple et donc, plus besoins d’État!

  23. the Ubbergeek

    Je pense que vous idéalisez un peu les choses…

    Un autre monde est peut-être possible, oui.. mais.. À quel prix? et ca pourrait être pire, même… ou différant, mais également médiocre…

    Je pense à ma théorie des équilibres; le Marché, mais ausi l’État, et autres pouvoirs, ne doivent point dominer, jamais.

  24. Okay…je suis en accord avec vous qu’aucune organisation ne doit dominer l’individu. Je penses que nous serions en accord en ce qui concerne les religions, les États et même les syndicats, parce que ces organisations sont représentées et surtout administrées par quelques individus. Mais le marché, c’est différent! Le marché, c’est une structure d’échange, il est présentement régis par des organisations (syndicats, États….) mais cela n’est pas une prémisse à son existence.

    Le problème avec le maché, selon moi, c’est qu’il est monopolisé et donc organisé par une fraction d’individus. De plus en plus d’humains voient leur part du capital social réduit et donc de plus en plus d’humains sont exclus du marché et des décisions économiques. Mais ce n’est pas le marché le problème, c’est l’organisation économique qu’en fait la bourgeoisie, la formoisie et LEURS États corrompus. Nous voulons abolir l’État et répartir également le capital social afin qu’aucun pouvoir organisé ne puisse plus dominé. En cela, je penses que nous recherchons le même but.

  25. @ André Franc-Shi

    «Je penses que le secteur privé est suffisamment efficace et organisé pour gérer les biens et les services tout seul, non?»

    Non. Seul, il crée trop souvent des monopoles et est le paradis de la cupidité…

    «vous n’avez besoins que d’un ordinateur pour compléter un petit calcul simple et donc, plus besoins d’État!»

    Je répète, l’être humain est trop cupide (entre autres choses…) pour votre modèle.

    «Le problème avec le maché, selon moi, c’est qu’il est monopolisé et donc organisé par une fraction d’individus.»

    Ça c’est comme reprocher à la gravité de faire tomber les pommes sur le gazon…

  26. @Darwin : Mais justement! Je vous demande de bien vouloir essayer d’extirper les dogmes capitalistes de votre esprit. Maintenant, imaginez un monde où le secteur privé (donc la population active) gère l’ensemble de l’économie, mais où le profit privé n’existe pas. Ainsi, on s’en fou complètement qu’il soit en situation de monopole! Si l’entreprise monopolisatrice fait plus de profit à cause de son monopole mais que ce profit est ensuite réparti entre tous les individus, je penses que ça ne crée pas le même déséquilibre que dans notre société totalement déséquilibrée! D’ailleurs, si une entreprise monopolise un pan de l’économie, ce doit être parce qu’elle est efficace et qu’elle assure un bon service à la population. Sans quoi il naîtrait d’autres entreprises, plus efficaces, pour la remplacer ou du moins lui faire compétition. Si vous misez sur l’État pour limiter les monopoles capitalistes, je penses que vous vous rentrez un doigt dans l’œil jusqu’au coude! :oP

    « Ça c’est comme reprocher à la gravité de faire tomber les pommes sur le gazon… » Mais si on tente la même expérience dans un environnement totalement différent (par exemple sur la Lune), la pomme n’aura pas le même sort…. C’est exactement ce que je vous dit, vous essayez de transposer des comportements sociaux hérités de notre société capitaliste dans un monde qui les aboliraient. Je suis conscient qu’il existera toujours des individus cupide, mais si vous interdisez le profit privé et que vous instaurez un revenu égal pour tous, les individus cupides n’auront pas les mêmes rapports sociaux qu’aujourd’hui, vous ne pensez pas?

  27. the Ubbergeek

    Encore une fois, Frenchi, vous idéalisez peut-être l’humain. Et sans offence, mais arrêtez de penser idéologiquement un peu, et regarder autour… le monde est complexe.

    Aussi, le Peuple que vous idaéliser.. pourrait être aussi un pouvoir dictatoriel. ‘The Mobocracy of Platon’s fears’, pour citer un truc.
    (Me semble que c’est Platon.)

  28. @the Ubbergeek : J’ai vraiment de la difficulté à comprendre vos positions. Vous semblez être un partisan du statu-quo à tout égard, alors que des fois vous laissez ressortir votre lustre révolutionnaire… :0\

  29. «mais où le profit privé n’existe pas»
    Qui va l’empêcher?

    Coudonc, êtes-vous copain avec David Gendron et Proudhon?

    «si une entreprise monopolise un pan de l’économie, ce doit être parce qu’elle est efficace et qu’elle assure un bon service à la population»
    «Sans quoi il naîtrait d’autres entreprises, plus efficaces, pour la remplacer ou du moins lui faire compétition.»

    Hein, êtes-vous Philippe David, Antagoniste ou Minarchiste?

    Quand Bill Gates considérait qu’Internet n’avait aucun avenir, Netscape a pris sa niche. Comme vous dites. Malgré son erreur, Gates a chassé Netscape du marché en intégrant Explorer dans Windows et en cachant ses codes pour ne pas que Netscape puisse le concurrencer. Il avait fait la même chose en copiant l’interface d’Apple en le menaçant de ne plus produire de logiciels pour Apple. L’évolution normale d’un marché est d’écraser la concurrence, pas parce que le meilleur gagne, mais parce que le plus gros écrase le plus petit. Pourquoi le plus gros est le plus gros ? Ça dépend. Parce qu’il était le premier, le meilleur pendant un temps, il y a bien des possibilités.

    «Si vous misez sur l’État pour limiter les monopoles capitalistes, je penses que vous vous rentrez un doigt dans l’œil jusqu’au coude!»

    C’est pourtant ce qu’il fait, pas assez, mais mieux que si personne ne le faisait. Et vous, je ne sais pas ce que vous introduisez dans vos orifices oculaires, mais imaginer un monde sans profit, ça doit donner tout un buzz!

    «Mais si on tente la même expérience dans un environnement totalement différent (par exemple sur la Lune), la pomme n’aura pas le même sort»

    Elle va tomber quand même, mais moins vite, et ne tombera pas sur du gazon. Et, la vie est impossible sur la lune, vous ne saviez pas ? Donc, je ne suis pas du tout intéressé à vivre (mourir…) sur cette planète. Merci pour votre analogie, elle est excellente!

    «transposer des comportements sociaux hérités de notre société capitaliste dans un monde qui les aboliraient»

    Comment ? En allant sur la Lune? Ça fonctionnerait peut-être,

    « mais si vous interdisez le profit privé»

    Qui l’interdira? Qui verra à appliquer l’interdiction. Ensuite, vous négligez que la recherche du profit n’est pas justifiée que par la cupidité, mais par le désir du pouvoir, le plaisir de gagner (oui, pour certains, c’est un jeu) ou de se sentir le meilleur et le plus fort. Pensez-vous vraiment que Gates ou Soros ont besoin d’un sou de plus pour vivre. C’est le pouvoir qui les intéresse, même quand ils contribuenet à des fondations. Ils décident ainsi des priorités d’intervention sociales sans aucun débat démocratique.

    «que vous instaurez un revenu égal pour tous»

    Ben oui, ça se fait facilement ça, surtout sans État pour justement l’instaurer!

    « les individus cupides n’auront pas les mêmes rapports sociaux qu’aujourd’hui, vous ne pensez pas?»

    Bien d’accord. Si quelque chose d’impossible arrivait, le résultat le serait tout autant.

  30. ACE

    C’est une question de pouvoir. Qui détiendra le pouvoir d’interdire le profit? L’État, bien sûr, qui d’autre? Si il n’y a pas de pouvoir dominant, la plus forte entitée privée saisira ce pouvoir et fera la loi. Je vous invite à lire Michel Foucault sur le pouvoir et à lire les intitutionalistes sur le pouvoir également.

  31. ACE

    Tout ça pour dire qu’on élimine pas le pouvoir en claquant des doigts! Le pouvoir fait intrinsèquement partie des rapports humains. Aucun système ne peut éliminer totalement le pouvoir des institutions humaines.

  32. the Ubbergeek

    @Franc-Shi

    Ultimement, le bien, le mal, la gauche, la droite sont des constructions humaines, étiquettes… je suis aussi un rationel et je veus un gouvernement ‘scientifique’, pas ‘idéologique’ aussi… un peu de pragmatisme pourait etre utile…

    Équilibre n’est pas toujours status quo, mais dynamique, en science, on le voit bien…

  33. the Ubbergeek

    @Franc-Shi

    Et votre réaction me montre un point; puisque je n,adhère même pas au socialisme ‘pale’, je suis un ‘réactionaire mou’, j’ai l’impresion que vous sous entendez cà.

    ‘Avec nous ou contre nous’.

  34. Une petite remarque: le profit est le moteur de l’économie capitaliste. Adam Smith disait que la somme des intérêts égoïstes des individus amenait le bien-être collectif.

    En répartissant le profit privé en tant que « social », vous sonnez le glas du capitalisme. On ne peut avoir le marché et le socialisme en même temps; C’est antinomique.

    Et sur l’État : l’abolir est dangereux. Il est un balancier social et l’expression de notre « vivre ensemble ». Sans État, plus de droit, plus de lois, pus d’ordre. Bref, l’état de nature reviendrait promptement.

  35. @The Ubbergeek

    « Marx pour moi, cependant, est.. dépassé, ou commence à l,être sur des points. »

    C’est pour ça qu’aucun spécialiste en philosophie et en politique ne manque pas de le lire…

    Qu’on aime ou pas, Marx est un incontournable….

    Depuis le temps qu’il fait couler de l’encre ou des « bits » sur le net!

    C’est assez spécial de voir du monde balayer Marx de revers de la main….cela me fait sourire pas mal.

  36. On oublie souvent que Marx a beaucoup apporté à la science économique et aux sciences sociales. Ce fut le premier à aborder la société sous un angle scientifique et technique. Même de nos jours, son héritage plane encore au dessus des sciences humaines.

  37. Vouloir être sérieux dans l’étude de la politique et de la philosophie et écarter Marx, ça serait comme étudier les religion et ignorer le judaïsme….

    !!?!?

    Levez donc la main les ceuzes qui ont lu le Capital avant de le classé « dépassé ».

    Le mouvement ouvrier, la lutte des classes, les systèmes économiques, je ne sens pas vraiment que ces sujets soient dépassé.

    Je n’ai pas la prétention d’avoir lu moi-même le Capital, mais je le ferai, si j’en suis capable. Il y a lire le Capital, et le comprendre…c’est un gros contrat…..

  38. «Levez donc la main les ceuzes qui ont lu le Capital avant de le classé « dépassé »»

    J’ai déjà essayé, il y a longtemps…J’ai abandonné très tôt. Je me suis contenté du Manifeste du parti communiste et de certains autres écrits. J’ai bien aimé, c’est très lisible et certains concepts, comme tu le dis, sont encore tout à fait pertinents aujourd’hui.

  39. Darwin

    C’est ce que je redoutais, le Capital, l’ouvrage majeur de Marx, n’est pas vraiment accessible….

    C’est pour cela que j’ai écrit:

    « Je n’ai pas la prétention d’avoir lu moi-même le Capital, mais je le ferai, si j’en suis capable. »

    J’ai écouté le manifeste version mp3 disponible sur le net, j’ai trouvé que c’était très accessible et très actuel encore…

    J’ai trouvé cette version du Capital, une vulgarisation que je pense pouvoir lire…

    http://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/capital_borchardt/capital_borchardt.html

  40. «J’ai trouvé cette version du Capital, une vulgarisation que je pense pouvoir lire…»

    Ça semble en effet plus accessible.

  41. «Ça semble en effet plus accessible.»

    Et moins cher! Ce qui est bien, car Marx détesterait que son oeuvre profite à ses descendants!

  42. the Ubbergeek

    @Darwin

    Un type a vu dans un congrès américain un truc assez ironique…. Deux stands, opposés idéologiquement. Un stand communiste, un autre libertarien.

    Devinez qui vendait ses oeuvres, et qui les donnait…

  43. @ the Ubbergeek

    «Devinez qui vendait ses oeuvres, et qui les donnait…»

    Comme les libertariens sont souvent financés par de gros donateurs, genre les frères Koch, j’imagine qu’ils donnent leur propagande…

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Koch_Industries#Influence_politique

    «Les frères Koch sont aussi propriétaires de fondations, qui sont une grande source de fonds pour certaines causes politiques conservatrices et libertariennes aux États-Unis, dont certains think tanks comme le Cato Institute.»

  44. Darwin | juillet 30, 2011 à 8:06 |
    @ André Franc-Shi
    «Je penses que le secteur privé est suffisamment efficace et organisé pour gérer les biens et les services tout seul, non?»

    «Non. Seul, il crée trop souvent des monopoles et est le paradis de la cupidité…»

    Dans ce cas…
    Vous voulez sans doute dire que Hydro Québec, Loto Québec, Société des Alcools du Québec, ne sont pas des monopoles qui exploitent extrêmement bien leurs clients et abonnés captifs..
    Parce qu’ils sont du public. Non ?…

    Jimmy St-Gelais | juillet 31, 2011 à 7:02 | Une petite remarque: le profit est le moteur de l’économie capitaliste. Adam Smith disait que la somme des intérêts égoïstes des individus amenait le bien-être collectif.
    En répartissant le profit privé en tant que « social », vous sonnez le glas du capitalisme. On ne peut avoir le marché et le socialisme en même temps; C’est antinomique.

    Dans ce cas…
    Au dernier exercice financier le paradis fiscal multimilliardaire, CSN, déclarait des profits de 41 millions, sur des revenus de quelque 197 millions. Un «ti» retour de 21 %.

    Qu’est-ce que votre Seigneur, le Dieu anglo-saxons américain, Smith, dirait à propos de ces profits de la CSN, à l’abri de l’impot, qui ne seront jamais répartis dans le public, social ?…

    SP

  45. «Vous voulez sans doute dire que Hydro Québec, Loto Québec, Société des Alcools du Québec, ne sont pas des monopoles qui exploitent extrêmement bien leurs clients et abonnés captifs..»

    @ Serge

    Il sont réglementés à ce que je sache. Je trouve d’ailleurs qu’ils ne fonctionnent pas de façon suffisamment démocratique. Je les préfère quand même publics, leurs profits allant à l’État plutôt qu’à des actionnaires.

    André voulait le libre marché sans intervention étatique, sans État, en fait… bref, sans réglementation. C’est à ça que je répondais.

    Si vous désirez échanger de bonne foi, cessez de prêter des intentions à votre interlocuteur et surtout de lui mettre des mots dans la bouche. C’est très agressant.

    Vous faites la même chose avec le commentaire de Jimmy qui, loin de vanter le capitalisme, ne faisait qu’une mise au point.

  46. Désolé du délais, mais je me devais de répliquer à certains commentaires.

    @Darwin : Qui va l’empêcher [le profit] ?
    -En fait, une entreprise pourra faire du profit et restera ‘gestionnaire’ de son capital, peu importe son organisation (privé à propriétaire unique, coopérative, etc.). Mais puisque la richesse engendrée par l’entreprise est le fruit d’un travail collectif (peu importe son organisation), le ou les ‘gestionnaires’ de l’entreprise ne peuvent s’octroyer un salaire. Le salaire, c’est du vol et sera considéré comme la fraude l’est aujourd’hui. Ensuite, puisque les banques seront toutes fusionnées et africationalisées (neutres et sans allégeances), le PIB d’un territoire (et idéalement du monde entier) pourra être réparti ÉGALEMENT entre CHAQUES humains.

    Qui déclarera que le profit est un vol frauduleux? Le peuple uni en délégation révocable. Il le fera légitimement et démocratiquement.

    « Quand Bill Gates considérait… » À ce paragraphe, je réplique que le savoir ne peut être breveté, la libre circulation de l’information est irréversible, les open-office, linux, torrents et facebook de demain viendront mettre le coup final aux brevets et à l’enrichissement par le privilège du savoir. C’est un mouvement irréversible.

    En plus, si Bill Gates n’avait pas eu intérêt à garder son programme fermé, puisque le profit privé serait collectivisé, je ne suis pas certain qu’il aurait agi de la même façon. Vous ne pensez pas? Les gens cupides réagiront différemment, je vous l’assure!

    « vous négligez que la recherche du profit n’est pas justifiée que par la cupidité, mais par le désir du pouvoir, le plaisir de gagner ». Ces gens pourront tout de même « s’épanouir » dans le secteur privé, mais sans les dommages collatéraux de l’économie capitaliste.

    Concernant le revenu égal pour tour : « Ben oui, ça se fait facilement ça, surtout sans État pour justement l’instaurer! ». Mais vous n’avez pas besoins d’État si les banques sont africationalisées, c’est à dire que leurs chiffres d’affaires sont totalement publiques et que le PIB est redistribué ÉGALEMENT entre chaque humain. On a simplement besoins d’un ordinateur pour compléter cette opération mathématique.

    @ACE : « C’est une question de pouvoir. Qui détiendra le pouvoir d’interdire le profit? L’État, bien sûr, qui d’autre? » Le peuple uni en délégation révocable, tel qu’évoqué précédemment. La délégation révocable, c’est l’État citoyen de demain. Mais cet État est différent des États antiques, féodaux ou bourgeois dans le sens qu’il sera TOTALEMENT dépourvu de pouvoir économique [donc de pouvoir de dominer] (aucune taxe, impôts, redevance de toute sorte). Cet État ne servira qu’à établir des normes ou des lois, par exemple, le taux de plomb sécuritaire dans la peinture, la limite de vitesse des automobiles ou….l’interdiction du PROFIT PRIVÉ par exemple… :oP

    Toute l’économie sera privé, mais les profits redistribués également à tous, une part (admettons 80%) pour les dépenses personnelles (marchandise, loyer,…), l’autre part pour l’investissement démocratique (réparer les routes, investir dans le système de santé, d’éducation, la défense nationale, etc..). Ainsi, c’est CHAQUE individu qui vient remplacer le pouvoir économique de l’État. C’est précisément cela le libéral-égalitarisme!

    @The Ubbergeek : « Avec nous ou contre nous’. ». Si vous considérez que nous vivons dans un monde qui n’a pas besoins de changements PROFONDS, alors oui, je considère que vous êtes contre nous (ou du moins contre moi). Toutes les possibilités entre ces extrêmes font de vous un allié potentiel. ;o)

    @Jimmy St-Gelais : « vous sonnez le glas du capitalisme. On ne peut avoir le marché et le socialisme en même temps ». Je penses que vous inter-disposez marché et capitalisme. Si le marché est indispensable au capitalisme, le capitalisme n’est pas indispensable au marché. Il pourrait exister un « marché du troc ». Le capitalisme, c’est un système économique administré par ceux qui possèdent le capital et qui tend à sans cesse concentrer la richesse, et donc le capital social. Les libéral-égalitaristes comprennent que le marché (la loi de l’offre et de la demande) est le meilleur outils pour fixer les prix selon les besoins des populations. Toutefois, si nous savons que le problème ne provient pas du « marché des marchandises », nous savons que les déséquilibres proviennent du « marché du travail ». Et cela est vrai MONDIALEMENT… D’où la nécessité d’établir un revenu égal pour tous et de briser le monopole administratif des possédants du capital. Nous deviendrons TOUS possédants et administrateurs de NOS sociétés, tous et également.

    @koval : Merci de partager vos trouvailles! Je me suis également enfargé à la moitié du premier tome du Capital… Mais vous me donnez espoir…. :o)

    Salutations égalitaristes. Hahaha… :oP

  47. @ André

    «Qui déclarera que le profit est un vol frauduleux? Le peuple uni en délégation révocable.»

    Je pense que je vais avoir le temps de souper avant que ça arrive! 😉

  48. ACE

    «Qui déclarera que le profit est un vol frauduleux? Le peuple uni en délégation révocable. Il le fera légitimement et démocratiquement.»

    Pour cela il faudrait soit que tout le monde soit d’accord (impossible, les égalitaristes radicaux seront toujours une minorité infinitésimale), soit instaurer la dictature (ce qui va à l’encontre de ce que vous souhaitez).

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