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La nouvelle de l’octroi à la compagnie Pétrolia de la prospection et de l’exploitation des gisements de pétrole récemment découvert sur l’île québécoise d’Anticosti révèle la triple inconséquence du gouvernement Charest.

Nous connaissons les axes d’ordre politique de l’administration libérale : gestion serrée des finances publiques – telle qu’évoquée dans le dernier budget Bachand; généralisation du modèle de partenariat public- privé (PPP) afin de réduire les coûts d’investissement de l’État endetté;  et, enfin, lutte aux gaz à effet de serre –  le Québec étant le champion canadien en ce domaine à la grande fierté de Jean Charest.

Or, l’aval donné à l’extraction de carburants fossiles sur cette ile et cette décision de léguer à une compagnie privée la totalité des opérations de cette aventure et, qui plus est,  sans la divulgation du taux de redevances à l’État par la ministre Nathalie Normandeau, traduisent une trahison de ce triplet idéologique (voir dernier paragraphe) si cher au Parti Libéral du Québec.

Premièrement, le dernier budget, prétendu comme « courageux », afin de rétablir la viabilité des finances publiques va à contre sens de cette prise de position dans ce dossier.  En remettant les clés du projet à une entreprise privée qui en récoltera apparemment la plus grande part des bénéfices  – le gouvernement hésitant à dévoiler les termes du contrat concernant les redevances – les libéraux empêchent le Québec d’engranger des revenus substantiels pouvant bonifier la situation financière de la province et imputent par le fait même un fardeau supplémentaire à la classe moyenne touchée par les hausses régressives de tarification du récent budget.

Deuxièmement, si ce gouvernement est tellement adepte du concept de PPP, son cheval de bataille en développement économique, pourquoi, ici,  n’a-t-il pas procédé selon la même méthode?  La Norvège offre pourtant un exemple d’exploitation pétrolière comportant une participation publique à 50% +1, laissant le reste de la tarte aux investisseurs privés.  Ainsi, l’État québécois aurait pu partager les risques ainsi que les bénéfices potentiels qui paraissent prometteurs sur l’ile d’Anticosti.  Il ne s’agit pas d’une politique économique socialiste, mais dictée par le bon sens.  Les ressources d’un territoire doivent rapporter concrètement aux habitants de ce dit territoire.

Troisièmement, le plus important, et ce qui aurait du être le premier motif de rejet de cette initiative, réside dans la contradiction entre les prétentions du gouvernement Charest de lutter contre les gaz à effet de serre et sa volonté de permettre d’extraire du pétrole d’Anticosti qui contribuerait au réchauffement planétaire par son utilisation!  Pourtant, d’autres voies énergétiques au transport se profilent à l’horizon, comme les véhicules électriques, dont le Québec pourrait être un chef de file.  Un vrai gouvernement « vert » opterait sans hésiter pour ces options.

Incohérence, quand tu nous tiens.

Finalement, malgré ses vœux pieux, l’administration libérale penche toujours du coté d’une économie libéralisée peu soucieuse de l’environnement ou des besoins collectifs des québécois.  Pour elle, seuls comptent les profits à court terme d’un monde des affaires, dont elle est la représentante, au prix d’une désagrégation du milieu écologique ou de la pérennité économique de la majorité.  On l’a déjà bien constaté avec les gaz de schiste…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  214 (initié)

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