L’anglicisation tranquille

L’aberration du financement des écoles privées doit être dénoncée.

Rarissimes sont les États tel que le Québec qui financent les institutions privées d’enseignement primaires et secondaires, et surtout à une hauteur de 60%. Au Canada, cela est loin d’être la norme : la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et l’Ontario n’apportent aucune aide financière aux écoles privées.

Pourtant, le mot le dit. Lorsqu’une entité est « privée », cela signifie que l’État ne contribue aucunement à son budget de fonctionnement.

C’est pourtant limpide.

Surtout lorsque le système d’éducation public francophone du Québec est en crise et nécessite un investissement massif afin de pallier au manque d’équipement didactique et de soutien professionnel aux élèves en difficultés – le taux de décrochage atteignant des sommets.

Autrefois, on avait instauré ces subventions pour satisfaire les demandes des communautés culturelles, comme la minorité grecque. Mais, en 2010, le recul du français, particulièrement à Montréal, nous exhorte à revoir cette politique et même à l’abolir.

Sous un autre aspect, le gouvernement Charest entérinera bientôt, probablement sous le bâillon, la loi 103 ( loi 115) qui donnera la possibilité aux plus richissimes de contourner la loi 101 en leur permettant d’envoyer leurs enfants dans une école privée anglophone. De la sorte, après trois années de fréquentation, ces rejetons pourront migrer dans le système scolaire anglais, ainsi que tous leurs descendants.

Or, dans une position minoritaire comme la nôtre, les francophones, une pareille mesure est inconsistante et même dangereuse pour la survie du français au Québec en rapport à l’immigration croissante.

En effet, il existe deux catégories d’immigrants : ceux-ci appelés « économiques » et ceux-là dénommés « humanitaires ». Les premiers sont bien nantis, souvent des professionnels, et n’hésiteront pas à envoyer leurs petits à l’école anglaise via ce stratagème afin de se fondre dans la marée anglophone de l’Amérique du nord. Les seconds, moins pourvus de richesses et de scolarité, iront grandir les rangs de l’école française déjà en pénurie de ressources tout en appliquant une pression supplémentaire sur celle-ci.

Dans cette optique, la population de langue française se verra priver de l’apport des immigrants les plus instruits et les plus susceptibles de bonifier le Québec par leurs compétences et leurs savoir-faire. Nous sommes en péril d’extinction, et nous permettons aux éléments les plus enrichissants issus de l’immigration de joindre la communauté anglaise et de quitter subséquemment la province pour une de ses voisines anglophones.

À un niveau plus socio-économique, il est tout autant incohérent de favoriser ainsi le passage des enfants des gens à hauts revenus vers les écoles anglaises, surtout en relation avec les statistiques démontrant l’écart persistant de revenus entre francophones et anglophones au Québec (voir surtout cet article).  Non seulement la loi 103 aggravera la perte de prépondérance du français chez-nous, mais elle encouragera les iniquités de richesses entre les deux principaux groupes linguistiques. Aucune vision sociale ici…

Cependant, le plus affligeant, ce sont ces québécois francophones, c’est-à-dire les plus aisés, qui réclament un accès plus facile au système d’éducation anglais pour leurs progénitures sous le motif d’améliorer leurs chances de succès dans l’avenir.

Non, mais, quelle attitude de porteurs d’eau et de nègres blancs.

Notre élite francophone, au-lieu de se positionner au front de la lutte pour la survivance du français, courbe l’échine et rejoint la majorité anglophone du continent, en bons colonisés.

L’éducation en français est le premier rempart à l’anglicisation tranquille que subit le Québec depuis des décennies et la loi 103, votée par les libéraux fédéralistes près de l’establishment anglophone, ne fera qu’accélérer encore davantage cette dynamique.

Non à la loi 103 (ou 115)!

38 réflexions sur “L’anglicisation tranquille

  1. Je suis à 100 % d’accord avec le fond de ton billet et avec sa conclusion. Il est tout à fait inadmissible en démocratie de garantir des droits sur la seule base de la richesse. Or c’est exactement ce que fait cette loi. De même, si notre société résiste fortement aux tentatives de créer un système de santé à deux vitesses (en fait, il est déjà à deux vitesses, mais on résiste à l’accentuation de cette tendance), j’ai de la difficulté à comprendre que cette même société tolère comme si de rien n’était un système d’éducation à deux vitesses qui entraîne aussi des effets fortement indésirables (euphémisme). J’ai d’ailleurs écrit un billet là-dessus il y a quelques mois (http://jeanneemard.wordpress.com/2010/04/23/lecole-privee-et-leducation-a-deux-vitesses/ ).

    J’aimerais toutefois ajouter quelques précisions sur d’autres points de ton billet.

    «De la sorte, après trois années de fréquentation, ces rejetons pourront migrer dans le système scolaire anglais, ainsi que tous leurs descendants.»

    Tous leurs descendants et aussi leurs frères et soeurs… C’est encore pire !

    «En effet, il existe deux catégories d’immigrants : ceux-ci appelés « économiques » et ceux-là dénommés « humanitaires ».»

    On peut schématiser ainsi, mais il y a plus de catégories que cela. Voir à la page 11 de http://www.micc.gouv.qc.ca/publications/fr/recherches-statistiques/Immigration_Quebec_2005-2009.pdf , où on peut voir l’importance relative de chaque catégorie.

    «Les premiers sont bien nantis, souvent des professionnels, et n’hésiteront pas à envoyer leurs petits à l’école anglaise via ce stratagème afin de se fondre dans la marée anglophone de l’Amérique du nord.»

    L’immigration économique n’est pas nécessairement bien nantie. En fait, la plupart ne le sont pas tant que ça. Il sont sélectionnés selon certains critères, dont la connaissance du français, leur scolarité et leur domaine d’expérience et d’études. Les «nantis» sont surtout les investisseurs, qui ne représentent que 2,7 % des immigrants. Et, c’est vrai, ceux-ci quittent souvent le Québec, et ne profiteront donc pas tant que cela de la nouvelle loi.

    «les statistiques démontrant l’écart persistant de revenus entre francophones et anglophones au Québec.»

    En fait, comme on peut le lire dans le texte que tu mets en lien, la moyenne de revenus des anglophones est plus élevée que celle des francophones, mais sa médiane est inférieure. Cela veut dire que les anglophones comptent une minorité très riche, mais que la majorité d’entre eux sont encore moins riches que les francophones. Bref, il y a plus d’inégalités chez les anglophones que chez les francophones, plus de riches, mais aussi plus de pauvres. D’ailleurs, on peut y lire : «en utilisant le seuil de faible revenu, on constate aussi que 22 pour cent des anglophones ont un revenu qui les situe sous le seuil de faible revenu comparativement à 16 pour cent pour les francophones.»

    «Cependant, le plus affligeant, ce sont ces québécois francophones, c’est-à-dire les plus aisés, qui réclament un accès plus facile au système d’éducation anglais pour leurs progénitures sous le motif d’améliorer leurs chances de succès dans l’avenir.»

    Là, on se rejoint tout à fait. C’est cette catégorie de citoyens qui risque le plus de profiter du nouveau trou que la Loi 103 crée. Et cela est inadmissible, comme je le mentionnait d’entrée de jeu.

    Pour moi, on associe trop cette loi à l’immigration et pas assez aux riches francophones. J’aimerais bien avoir des données sur cette aspect chez ceux qui ont profité antérieurement des écoles-passerelles…

    Bref, mis à part certaines nuances, j’appuie fortement l’objet de ton billet.

  2. @Darwin

    « Tous leurs descendants et aussi leurs frères et soeurs… C’est encore pire ! »

    Oui, c’est vrai. J’aurais dû l’évoquer.

    « L’immigration économique n’est pas nécessairement bien nantie. »

    Mais, on s’entend que les immigrants dotés de plus de scolarité ont des revenus plus élevés une fois installés au Québec.

    « En fait, comme on peut le lire dans le texte que tu mets en lien, la moyenne de revenus des anglophones est plus élevée que celle des francophones, mais sa médiane est inférieure. »

    Oui, j’ai lu aussi. Mais la moyenne parle tout de même.

  3. @ Jimmy

    «Mais, on s’entend que les immigrants dotés de plus de scolarité ont des revenus plus élevés une fois installés au Québec.»

    Ouf… En fait, c’est un des sujets le plus discutés ces temps-ci en matière d’immigration. Il est un peu tard pour que je te trouve les sources, mais plein d’études montrent les difficultés d’intégration au marché de travail des immigrants scolarisés et que cela prend maintenant des années avant que leurs revenus approche celui des natifs de scolarité équivalente.

    Vite, j’ai trouvé celle-là : http://www.statcan.gc.ca/pub/11f0019m/11f0019m2008319-fra.pdf . Regarde au moins aux pages 11 à 15 environ. Et c’est pire au Québec.

    «Mais la moyenne parle tout de même.»

    Si Bill Gates rentre dans un bar, en moyenne les gens dans ce bar deviennent millionnaires. La moyenne parle, mais la médiane est plus représentative. Elle ne change pas quand Bill Gates rentre dans un bar ! Bref, chaque statistique a son importance, mais dans le cas présent, la médiane rend mieux la situation moyenne ( oui, moyenne !) des membres d’une communauté que la moyenne.

  4. @Darwin

    « mais plein d’études montrent les difficultés d’intégration au marché de travail des immigrants scolarisés  »

    Selon ce que j’en sais, les problèmes d’intégration sont plus reliés au domaine de la santé. Personnellement, j’ai même un collègue marocain qui a fait ses études au Maroc et qui est rentré par la grande porte chez mon employeur. Un domaine technique par contre.

    « Si Bill Gates rentre dans un bar, en moyenne les gens dans ce bar deviennent millionnaires. »

    Bien là, tu exposes un exemple extrême. On pourrait inverser la comparaison. Pourquoi les riches anglophones sont-ils plus riches que les riches québécois? Cela traduit aussi une autre vérité.

  5. «Selon ce que j’en sais, les problèmes d’intégration sont plus reliés au domaine de la santé. »

    À l’arrivée, oui, mais après 4 ans, les taux de reconnaissance des diplômes et de l’expérience sont très semblables : entre 20 et 36 % pour les diplômes (santé, 31 %) et entre 32 % et 49 % pour l’expérience. Voir http://www.statcan.gc.ca/pub/75-001-x/2010109/article/11342-fra.htm.

    «Pourquoi les riches anglophones sont-ils plus riches que les riches québécois? Cela traduit aussi une autre vérité.»

    Là oui, la question est bonne, mais elle est différente de la phrase que je voulair nuancer : « les statistiques démontrant l’écart persistant de revenus entre francophones et anglophones au Québec».

  6. Mon point était qu’il ne faut pas croire l’idée que les francophones gagnent plus que les anglos selon la médiane lorsque les fortunées francophones sont beaucoup moins nantis que les fortunés anglophones, en général.

  7. koval

    La phrase clé est celle-ci.

    « On y avance même qu’au sein de la population active, les francophones affichent un revenu moyen supérieur à celui des anglophones lorsqu’on maintient constante l’influence de l’âge, de la scolarité, de la région de résidence, du secteur d’industrie et du statut d’immigrant. »

    Pour une même scolarité, même âge, même statut d’immigrant, le franco gagne plus que l’anglo. Et la médiane est plus souvent rapporter que la moyenne quand il s’agit de salaire, comme dit Darwin, la médiane dans ce cas est plus parlante car plus représentative, la distribution n’étant pas du tout symétrique….

  8. Pôv petits anglais alors. Ils sont vraiment exploités dans le Québec nazi.

    Que l’on ne vienne pas dire que les francophones ont des revenus supérieurs aux anglophones tout de même, La moyenne est peut-être plus influencée par les extrêmes, mais elle traduit quand même un écart entre les deux groupes linguistiques.

    De plus, on évoque tout le temps qu’il n’y a pas assez de riches au Québec, surtout composé de francophones. Y’a quelque chose qui ne colle pas…

    Et on arrête pas de dire qu’il faut parler anglais pour s’enrichir quand, au contraire, parler le français est un gage de succès paraît-il!

    Et regardez bien les différences entre revenu moyen et et médian (3100$ vs 1900$ / 4800$ vs 800$), En comparant les deux, l’avantage demeure aux anglophones…

  9. «Pôv petits anglais alors. Ils sont vraiment exploités dans le Québec nazi.»

    Cela clot le débat pour moi. Ça m’apprendra à commenter ici quand je ne suis pas d’accord à 100 % avec toi.

  10. koval

    Jimmy

    16 % des francophones en bas du seuil de pauvreté, 22% pour les anglos…

    Si tu tiens absolument à dire que les anglo sont plus riches, tu peux, mais tu fais fausse route…

  11. Comme je disais à Darwin  » On pourrait inverser la comparaison. Pourquoi les riches anglophones sont-ils plus riches que les riches québécois? Cela traduit aussi une autre vérité. »

    Si la moyenne est plus élevé, c’est parce que les fortunés anglophones sont beaucoup plus nantis que les fortunés francophones.

    Pis la moyenne, c’est la moyenne. C’est une vision d’ensemble, comportant des défauts, certes, mais tout de même pertinente.

  12. «C’était une farce voyons dont.»

    Quand on atteint le point Godwin, c’est rarement une farce, surtout sans signe évident que ça en est un.

    «Et on arrête pas de dire qu’il faut parler anglais pour s’enrichir»

    Est-ce que nous avons nié ça ? L’«obligation» de parler anglais ne signifie pas avoir l’anglais « comme seule première langue officielle parlée» ou comme langue maternelle, ce dont parle l’étude. Par exemple, les immigrants qui parlent français et anglais s’intègrent beaucoup plus rapidement au marché du travail que ceux qui ne parlent que français et que anglais.

    Tu peux bien nier les données statistiques quand elles ne font pas ton affaire (je viens d’échanger avec David Gagnon, je suis habitué…), mais, personnellement, je préfère chercher à comprendre leur sens.

    Oui, les Québécois qui ont l’anglais «comme seule première langue officielle parlée» ou l’anglais comme langue maternelle sont plus nombreux à gagner moins que les Québécois qui ont le français «comme seule première langue officielle parlée» ou le français comme langue maternelle. Faut se faire à l’idée.

    Koval montre aussi une autre facette importante de la question. Historiquement, les francophones étaient beaucoup moins scolarisés que les anglophones. Ils le sont encore légèrement moins, même si l’écart s’est énormément amoindri.

    Ces données montrent qu’il reste encore une minorité d’anglophones qui ont des revenus très élevés. Combien sont-ils ? Pour cela, il faut simplement chercher la souce de cet article. Après un gros deux minutes de recherche, je l’ai trouvée au http://www.statcan.gc.ca/pub/89-642-x/89-642-x2010002-fra.pdf .

    On peut y lire (page 86) :

    «Les données du Recensement de 2006 sur le revenu révèlent en effet que 4,0 % des personnes ayant l’anglais comme seule première langue officielle parlée gagnaient un revenu de 100 000 $ ou plus comparativement à 2,3 % de celle ayant le français comme PLOP.»

    À la page précédente, débute l’historique de la question.

    «Historiquement, les anglophones au Canada, en particulier ceux d’origine anglo-saxonne, ont été avantagés sur les plans économique et social (revenu, niveau de scolarité, structure occupationnelle, etc.) 39.»

    «Toutefois, les statistiques du Recensement de 2006 portent à croire que l’écart entre les revenus des anglophones et les francophones a diminué au fil du temps. D’une part, les mutations importantes qu’a connues la société québécoise depuis la Révolution tranquille ont amélioré considérablement le statut et la position socio-économique des francophones au sein de la société québécoise. D’autre part, le départ de nombreux anglophones de la province durant les années 1970 et l’arrivée d’un nombre croissant d’immigrants internationaux en provenance notamment de pays en voie de développement ont contribué à modifier le tissu démographique, ethnique et socio-économique de ce groupe linguistique.»
    (…)
    «Ces résultats donnent donc à penser que les écarts de revenu au sein du groupe anglophone sont plus importants qu’au sein du groupe francophone, un plus grand nombre d’anglophones ayant déclaré des revenus élevés. Les données du Recensement de 2006 sur le revenu révèlent en effet que 4,0 % des personnes ayant l’anglais comme seule première langue officielle parlée gagnaient un revenu de 100 000 $ ou plus comparativement à 2,3 % de celle ayant le français comme PLOP. Chez les hommes, ces proportions sont de 6,4 % et de 3,7 % respectivement. En revanche, 23 % des Anglos-Québécois ont un revenu annuel inférieur à 10 000 $ comparativement à 19 % chez les francophones. En utilisant le seuil de faible revenu, on constate que 22 % des anglophones ont un revenu qui les situe sous le seuil de faible revenu comparativement à 16 % pour les francophones.»
    (…)
    «Les statistiques présentées aux graphiques 4.6.3-a et 4.6.3-b rendent compte du fait que tant chez les hommes que chez les femmes dont l’anglais est la première langue officielle parlée, le revenu médian de ceux âgés de 65 ans ou plus est supérieur à celui des francophones, soit de 3 400 $ chez les hommes et de 2 500 $ chez les femmes. Chez les personnes âgées de 25 à 64 ans, on observe le résultat inverse, soit un écart entre 4 000 $ et 5 000 $ selon le groupe d’âge. En revanche, les graphiques 4.6.3-c et 4.6.3-d révèlent que les écarts entre les revenus moyens des hommes anglophones et francophones sont beaucoup plus importants chez ceux âgés de 65 ans ou plus (14 600 $ à l’avantage des anglophones) et chez ceux âgés de 45 à 64 ans (près de 7 500 $ à l’avantage des anglophones). Finalement, chez les 25 à 44 ans, l’écart entre les revenus moyens des deux groupes est pratiquement inexistant. Par ailleurs, on observe un phénomène similaire chez les femmes, quoique les écarts de revenus soient moins importants.»

    …et ça continue jusqu’à la page 89.

    Une situation n’est que rarement noire ou blanche. Réjouissons-nous que la situation se soit améliorée et déplorons que la connaissance de l’anglais soit encore aussi essentielle. Mais, de grâce, cessons de se comporter comme des victimes («Que l’on ne vienne pas dire que les francophones ont des revenus supérieurs aux anglophones tout de même»).

  13. «Si la moyenne est plus élevé, c’est parce que les fortunés anglophones sont beaucoup plus nantis que les fortunés francophones.»

    Ben oui, va lire l’étude. Ça se passe surtout chez les 65 ans et plus…

    «Pis la moyenne, c’est la moyenne.»

    Oui, et ce n’est rien d’autres. Ça, c’est noir et blanc, sans nuance. Va lire les pages 85 à 89, là, tu auras beaucoup plus d’éléments pour comprendre qu’avec une moyenne débile.

  14. koval

    En fait Jimmy, si on avait à choisir une seule statistique pour représenter la tendance de ces données, on choisirait la médiane, comme on fait toujours avec les salaires….

    Pourquoi la médiane? Parce qu’elle représente mieux la tendance centrale lorsque les distributions ne sont pas symétriques…

    Il y a un ptit nombre de très riches anglos qui tirent la moyenne vers la droite, quand tu utilises la moyenne tu tends à donner trop de poids dans la représentation de ces excès, donc tu t’éloignes de la tendance centrale…

    Un exemple, tu a 100 personnes qui gagne 10 000 dollars et une qui gagne 1 million, la moyenne sera 19 900, la médiane 10 000. Que préfèreras-tu utiliser pour représenter les salaires de ces gens?

  15. koval

    Ok je recommence mon exemple, j’ai raté mon coup….

    Voilà 100 anglos

    Tu as 99 personnes qui gagne 10 000 dollars et une qui gagne 1 million, la moyenne sera 19 900, la médiane 10 000.

    Voilà 100 francos

    99 gagnent 15 000 et une personne gagne 150 000 la moyenne sera 16 350, la médiane sera à 15 000.

    Maintenant, trouves-tu que les anglos sont plus riches?

  16. koval

    « Mais les exemples que tu montres sont extrêmes. »

    Un peu plus que les tiennes, mais elles se comportent de la même façon, alors ça illustre clairement.

  17. « Mais les exemples que tu montres sont extrêmes. »

    «Les données du Recensement de 2006 sur le revenu révèlent en effet que 4,0 % des personnes ayant l’anglais comme seule première langue officielle parlée gagnaient un revenu de 100 000 $ ou plus comparativement à 2,3 % de celle ayant le français comme PLOP.»

    Ça aussi, c’est assez extrême… Près du double de «très riches» chez les anglophones… Essentiellement, un reliquat historique.

  18. sylvainguillemette

    Dégueulasse. Moi qui ne suis même pas nationaliste, je me sens quand même attaqué, culturellement.

    L’indépendance est plus nécessaire que jamais. Laissons tomber les émotions, passons à l’action.

    Bon texte Jimmy.

  19. sylvainguillemette

    Mais je note quand même les chiffres de Darwin, et de Koval. Je suis matérialiste, je dois faire avec.

    Sinon, les contradictions de ce système économique viennent encore de heurter le côté émotionnel des Québécois, tout en laissant de côté le rationnel, qui aurait voulu qu’on axe le débat sur la «deuxième vitesse», plutôt que sur le «franglais». Le nationalisme sert rarement notre lutte de classe, sauf peut-être ici…, ne m’en déplaise.

    Je tiens à ma langue française, mais ce débat n’en est pas moins un détour pour éviter de débattre de nos intérêts de prolétaires, lesquels devraient passer avant, selon moi.

    Le système capitaliste est en débâcle totale, les pays de l’«Europe» -cette Europe créée par la CIA ne nous en déplaise- n’acceptent pas l’imposition de ce qu’ils appellent les «plans d’austérité», limitant ici la fin d’un contrat social.

    La lutte de classe est plus d’actualité que jamais, alors qu’au Québec et en Amérique du Nord seulement, on dort au gaz, tout en se faisant vanter par des médias conciliants, la création de nouveaux mouvements de d’extrême droite, comme si les maux que la droite molle ne nous avait passés ne nous avaient pas encore assez écoeuré déjà.

    En Europe, on barricade les rues, on lance des cocktails Molotov sur les l’État policier, on brandit le poing. Ici? On se chamaille sur la langue, bien que le débat soit important. Je ne veux pas le minimiser, mais à mon avis, le prolétariat lui, contrairement à des milliers de langues disparues, n’est pas à la veille de disparaître, et il risque d’en souffrir un bon coup, aux seules fins de perpétuer l’exploitation des ses forces.

    Cela n’enlève rien à la qualité de ton texte Jimmy, c’est seulement que la Terre tourne, et qu’un nouveau «Mai 1968» n’est pas impossible. Je ne cracherai pas sur cette occasion de faire, démocratiquement, une révolution économique.

  20. Il dit aussi:

    « Notons enfin que parmi les 45-64 ans qui ont travaillé toute l’année à plein temps – c’est-à-dire, grosso modo, parmi les travailleurs réguliers au sommet de leur carrière –, le revenu médian des anglophones était supérieur de 3 700 $ à celui des francophones et leur revenu moyen, supérieur de 13 500 $. »

  21. koval

    « Il semble que je ne sois pas le seul à préférer la moyenne à la médiane, »

    Je ne préfère pas tant que ça la médiane mais je possède une vue d’ensemble…oui la moyenne des anglos est tirées par quelques vieux anglos riches, oui il y a plus d’anglos qui sont en haut de 100 000 que de francos, mais il y a plus d’anglos en dessous du seuil de pauvreté aussi et les 50% plus pauvres francos sont plus riches que les 50% plus pauvres annglos….Maintenant, si tu veux le nier en exposant simplement la moyenne, c’est ton choix…Mais ce que disent ces données, c’est qu’anglos et francos se rejoignent, la disparité s’estompe avec l’âge, en tout cas, moi c’est ce que j’apprends de ces données, ton ptit prof sur vigile, je m’en fous.

  22. koval

    Ah! Et puis tant qu’à y être, ça aussi ça manque de nuance..

    « Les premiers sont bien nantis, souvent des professionnels, et n’hésiteront pas à envoyer leurs petits à l’école anglaise via ce stratagème afin de se fondre dans la marée anglophone de l’Amérique du nord. »

    L’immigration sélectionnée est plus souvent francophone et pas vraiment riche même si instruite.

  23. Sûrement considérée comme au-dessus de la moyenne dans leurs pays d’origine et comme je disais à Darwin : mais, on s’entend que les immigrants dotés de plus de scolarité ont des revenus plus élevés une fois installés au Québec.

    Et pour le reste, je t’apporte des opinions appuyant mes affirmations, et tu ne les considères pas. Ce mathématicien/statisticien professeur d’université doit savoir de quoi il parle…

  24. koval

    Tiens, moi je vais te montrer un article méthodo stat

    http://www.em-consulte.com/article/143552

    « Les deux indices les plus utilisés pour indiquer l’ordre de grandeur d’une variable sont la moyenne ( mean ) et la médiane ( median ). La moyenne s’obtient par le calcul de la moyenne arithmétique (somme des valeurs divisée par le nombre d’observations). Après tri des observations en ordre croissant, la médiane prend la valeur de l’observation de rang (n+1)/2 où n représente le nombre d’observations. En pratique, la médiane est la valeur de la distribution qui sépare les observations en deux sous-populations de même taille.

    Attention ! Ces deux grandeurs ne sont pas interchangeables ! La moyenne est très sensible aux valeurs extrêmes, et cela d’autant plus que ces valeurs extrêmes se distinguent des autres observations et que l’effectif est petit. La moyenne n’est donc un indice valide que si la variable est distribuée selon une loi normale. Dans ce cas, la moyenne est égale à la médiane. Dans tous les autres cas il faut utiliser la médiane, qui, par construction, est insensible aux valeurs extrêmes. La différence entre les deux indices peut être assez importante comme le montre l’exemple du tableau I: utiliser la moyenne et non la médiane pour la durée de séjour reviendrait à surestimer de 4 jours la valeur la plus probable de la durée de séjour des insuffisants cardiaques . »

    C’est pas toi ni les ptits propagandeux de vigile.net qui vont m’apprendre mon métier….ton matheux, j’ai 20 ans de plus d’expérience que lui en stat…m’en fous…

    je vais m’arrêter là, c’est pas intéressant!

  25. Ping : La Révolution

  26. Ping : La Révolution

  27. Serge

    Surtout lorsque le système d’éducation public francophone du Québec est en crise et nécessite un investissement massif… JST

    Pour corriger cette anomalie, avant de couper le financement au privé, il faudrait rééquilibrer les subventions aux institutions de l’apartheid, unilingue anglo-saxonne, selon leur poids démographique.

    On m’a déjà dit que le Québec finance à 30 % et Ottawa à 50 %, les universités unilingues anglophones, au lieu de 8,8 % au Québec et de 12 % à Montréal. C’est là qu’il faut aller chercher plus de budget pour les institutions publiques francophones.

    À part ça, selon le dernier rapport des consultants PWC (Price Waterhouse Cooper) sur la gestion de l’UQAM et l’îlot Voyageur, la première chose qu’il faut faire c’est de placer dans les CA des publiques francophones uniquement des gens compétents. Capables de lire des états financiers et de concocter un budget équilibré, au lieu de déficitaire.

    Cette année, seule Concordia et les HEC sont en équilibre. Tous les 17 autres sont en déficit catastrophique. Ce n’est pas un sous financement de l’éducation le problème, c’est une gestion compétente.

    Non, mais, quelle attitude de porteurs d’eau et de nègres blancs.
    Notre élite francophone, au lieu de se positionner au front de la lutte pour la survivance du français, courbe l’échine et rejoint la majorité anglophone du continent, en bons colonisés. JST

    Dire le contraire c’est se faire ostraciser.

    L’autre semaine, à un billet qui traitait du salaire injustifié et exorbitant de la rectrice de McGille, soit quatre fois de celui du premier ministre du Québec, je me suis fait traiter de « fixation anti-anglophone » par l’ex-contractuel du JdeM, Pierre Duhamel.

    Un type francophone assimilé pro-Mcgille, qui écrit tout ses billets uniquement dans ma langue française et jamais en « anglais ». Pourtant c’est moi et pas lui, l’anti-anglais.

    J’aime ça mon statu d’immigrant francophone au Québec. Je suis raciste selon les anglophones, infirme et sans avenir selon les Québécois de souche colonisés, appelé « bailingue », parce que je ne parle pas la langue de l’anglo-saxon.

    Quelle galère d’hybride bicéphales cet état du Québec !…

    SP
    Un abonné du prof Castonguay depuis 1999

  28. entropie

    Au delà des chiffres la problématique est politique:

    Le Québec en tant que province canadienne n’a d’autre choix que de fournir un programme d’éducation BILINGUE à l’ensemble de la population. Tout système d’éducation unilingue est une abération au Canada parce que le FRANÇAIS et l’ANGLAIS sont les DEUX langues officielles du Canada. Toute autres considérations s’éloignent des valeurs canadiennes et de la constitution de ce pays.

    Le Québec en tant que PAYS peut et devrait réfléchir à faire du français sa langue nationnale et de légiférer LIBREMENT en ce sens.

  29. -« À bien y penser, les bilingues du Québec servent de courroie de transmission de l’impérialisme culturel anglos-saxons »
    On estime que la juste dose de l’usage de l’anglais se situe à environ 5% i.e. armée, douane, banques,traducteurs etc,

  30. entropie

    Parfaitement d’accord avec toi l’Astineux! En réalité l’assimilation d’une minorité à une majorité est un mouvement politiquement naturel. Pour limiter ou ralentir l’érosion entropique d’un peuple des lois peuvent êtres adoptées (loi 101). Par contre, « l’aculturation » se poursuivra en faveur de la majorité dominante. De plus, la non présence de fenêtres d’opportunités à l’affirmation culturelle d’une minorité jouera en faveur d’un essouflement nationnale. L’érosion culturelle, processus politique naturel, est de surcroit alimenté par différentes techniques d’endiguements (reconnaissance de la nation québécoise). Bref un jour le Québec sera une province comme les autres et tristement les dés sont pipés en notre défaveur.

  31. @entropie, c’est que nous le sommes déjà, une province comme les autres et de plus en plus notre espace vital à l’intérieur du Canada se rétrécit.
    De 33% à la Condédération nous ne sommes que 21%, imaginez cela aurait été pire si les anglos qui n’aimaient pas la loi 101 n’avaient pas pris le chemin de la 401 après 1976.

  32. John Guy

    Mon Jimmy
    Toutes a fait d’accord les angais sont responsables pour tous les problemes des francophones meme le meteo

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