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L’aberration du financement des écoles privées doit être dénoncée.

Rarissimes sont les États tel que le Québec qui financent les institutions privées d’enseignement primaires et secondaires, et surtout à une hauteur de 60%. Au Canada, cela est loin d’être la norme : la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et l’Ontario n’apportent aucune aide financière aux écoles privées.

Pourtant, le mot le dit. Lorsqu’une entité est « privée », cela signifie que l’État ne contribue aucunement à son budget de fonctionnement.

C’est pourtant limpide.

Surtout lorsque le système d’éducation public francophone du Québec est en crise et nécessite un investissement massif afin de pallier au manque d’équipement didactique et de soutien professionnel aux élèves en difficultés – le taux de décrochage atteignant des sommets.

Autrefois, on avait instauré ces subventions pour satisfaire les demandes des communautés culturelles, comme la minorité grecque. Mais, en 2010, le recul du français, particulièrement à Montréal, nous exhorte à revoir cette politique et même à l’abolir.

Sous un autre aspect, le gouvernement Charest entérinera bientôt, probablement sous le bâillon, la loi 103 ( loi 115) qui donnera la possibilité aux plus richissimes de contourner la loi 101 en leur permettant d’envoyer leurs enfants dans une école privée anglophone. De la sorte, après trois années de fréquentation, ces rejetons pourront migrer dans le système scolaire anglais, ainsi que tous leurs descendants.

Or, dans une position minoritaire comme la nôtre, les francophones, une pareille mesure est inconsistante et même dangereuse pour la survie du français au Québec en rapport à l’immigration croissante.

En effet, il existe deux catégories d’immigrants : ceux-ci appelés « économiques » et ceux-là dénommés « humanitaires ». Les premiers sont bien nantis, souvent des professionnels, et n’hésiteront pas à envoyer leurs petits à l’école anglaise via ce stratagème afin de se fondre dans la marée anglophone de l’Amérique du nord. Les seconds, moins pourvus de richesses et de scolarité, iront grandir les rangs de l’école française déjà en pénurie de ressources tout en appliquant une pression supplémentaire sur celle-ci.

Dans cette optique, la population de langue française se verra priver de l’apport des immigrants les plus instruits et les plus susceptibles de bonifier le Québec par leurs compétences et leurs savoir-faire. Nous sommes en péril d’extinction, et nous permettons aux éléments les plus enrichissants issus de l’immigration de joindre la communauté anglaise et de quitter subséquemment la province pour une de ses voisines anglophones.

À un niveau plus socio-économique, il est tout autant incohérent de favoriser ainsi le passage des enfants des gens à hauts revenus vers les écoles anglaises, surtout en relation avec les statistiques démontrant l’écart persistant de revenus entre francophones et anglophones au Québec (voir surtout cet article).  Non seulement la loi 103 aggravera la perte de prépondérance du français chez-nous, mais elle encouragera les iniquités de richesses entre les deux principaux groupes linguistiques. Aucune vision sociale ici…

Cependant, le plus affligeant, ce sont ces québécois francophones, c’est-à-dire les plus aisés, qui réclament un accès plus facile au système d’éducation anglais pour leurs progénitures sous le motif d’améliorer leurs chances de succès dans l’avenir.

Non, mais, quelle attitude de porteurs d’eau et de nègres blancs.

Notre élite francophone, au-lieu de se positionner au front de la lutte pour la survivance du français, courbe l’échine et rejoint la majorité anglophone du continent, en bons colonisés.

L’éducation en français est le premier rempart à l’anglicisation tranquille que subit le Québec depuis des décennies et la loi 103, votée par les libéraux fédéralistes près de l’establishment anglophone, ne fera qu’accélérer encore davantage cette dynamique.

Non à la loi 103 (ou 115)!

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