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Julie Boulet, la ministre des transports du Québec, avait promis une étude sur les coûts dans la foulée du scandale de la surfacturation de la construction routière au Québec.

On se souvient du dossier : une précédente étude affirmait que le Québec débourse jusqu’à 42% de plus pour ses travaux de réfection de route en comparaison aux autres provinces canadiennes, dont l’Ontario.

Alors, voilà que madame Boulet livre la marchandise,  toute pimpante de fierté.  Les frais seraient moins onéreux au Québec.

Cependant, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer le caractère biaisé ainsi que peu objectif de cette étude interne au ministère des transports.

Pourtant, la décence la plus élémentaire aurait demandé l’avis d’un groupe indépendant.

Or, de nouvelles informations signalent une méthodologie apocryphe dont la validité est remise en question.

L’étude du ministère des transports n’aurait considéré que les coûts touchant l’application du bitume sans prendre en compte l’excavation et tous les autres frais afférents à un tel ouvrage.

De plus, l’évaluation se serait attardée exclusivement à un tronçon à voie unique en milieu rural, lorsque, on le sait, les contrats de restauration routière se concentrent surtout en zone urbaine et métropolitaine.

Le gouvernement libéral se défend en prétextant que les rigueurs du climat québécois et les techniques de pavage au Québec sont différentes de ses voisins. Fadaises! Le climat de Montréal n’est pas si différent des provinces de l’atlantique ainsi que du nord de l’Ontario. Et si les procédés de pavage étaient autres au Québec, pourquoi alors les routes sont-elles en si mauvaise état?  Un procédé propre à notre territoire ne devrait-il pas être supérieur en qualité en raison du climat aride que prétexte justement le gouvernement libéral?

Toute cette étude est une parodie, voire une insulte aux québécois.

Il est évident qu’une enquête interne de la part du ministère des transports ne peut être impartiale car les fonctionnaires ont la tendance naturelle à ne pas vouloir être taxés d’avaliser des contrats aux tarifs exorbitants au détriment des contribuables. Quoi que cela ne soit pas nécessairement de leur faute. La collusion dans la construction et les liens étroits de certaines compagnies avec le Parti Libéral du Québec – on se remémorera l’affaire du ministre David Whissell avec sa compagnie ABC Rive-Nord ayant obtenu plus de contrats qu’à la normale – ne doivent pas laisser aux gestionnaires du ministère des transports une très grande latitude dans l’octroi de travaux.

Le Parti Libéral du Québec au pouvoir cherche par cette étude à noyer le poisson de ses rapports incestueux avec des contracteurs privés et à éluder les citoyens de ses liens avec un milieu de la construction perverti dans une collusion illégale coûtant plusieurs milliards de dollars à la province depuis des décennies.

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