Maxime Bernier et son « Quebec Bashing »

Maxime Bernier n’en rate pas une pour mousser sa popularité dans l’autre solitude. Maintenant, il fait du « Quebec Bashing » son cheval de bataille.

Il parcourt le Canada en dénigrant le Québec et en trainant dans la boue le modèle social-démocrate construit par nos ainés qui a permis à tous les québécois de jouir d’une qualité de vie exceptionnelle et à son père, un entrepreneur  homme d’affaires, de prospérer dans un milieu propice.

Il est le premier à avoir profité de ce Québec qu’il déteste tant et n’hésite pas à cracher sur celui-ci comme le ferait un enfant ingrat de la chance qu’il a eu.

Le Québec, selon lui, est dépendant du Canada et agit comme un assisté social en quémandant toujours plus d’argent à Ottawa.  La belle province croule sous la pauvreté la plus abjecte selon ses dires et se doit de tout privatiser afin de créer de la richesse (ce qui est en soit une antinomie).

Le député de Beauce devrait relire ses livres d’Histoire.  Il constaterait que jadis le Bas-Canada, l’ancêtre de la province de Québec, a été unie avec le Haut-Canada (c’est-à-dire l’Ontario) en absorbant sa dette colossale de 1 200 000 de livres sterling (soit 6 millions de dollars de 1840).  Ainsi, à l’époque, le Canada anglais agissait véritablement en assisté social envers le Canada français et monsieur Bernier oblitère ce fait historique avec ses déclarations caractérisées par des absurdités sans queue ni tête.

Et contemporainement, la situation ne semble pas avoir beaucoup changé.

L’Ontario a toujours reçu plus de subsides du gouvernement fédéral, notamment pour son industrie automobile et plus récemment pour son secteur aéronautique même si le Québec est à la fine pointe de la technologie dans ce domaine!  Peut-être que le Québec serait plus riche au goût de monsieur Bernier si le fédéral avait daigné subventionner son économie au même niveau que celle de l’Ontario!

De plus, le Québec est loin d’être la province la plus misérable dans la confédération canadienne.

En fait, le produit intérieur brut du Québec se situe au deuxième rang dans le classement des provinces canadiennes et ce depuis plusieurs décennies.  Par ailleurs, la rémunération hebdomadaire moyenne du québécois se positionne à la troisième place après l’ontarien et l’habitant de la Colombie-Britannique.  Pauvre le Québec? À d’autres!

En sujet de la soi-disante généreuse péréquation que reçoit le Québec d’Ottawa, qui se veut le principal argument de la diatribe du député Bernier contre sa province natale, on se doit de mettre les choses en perspective en précisant les montants reçus en rapport au nombre d’habitants.

Parmi les 5 provinces recevant de la péréquation (à l’exception de la nouvelle venue,  l’Ontario), le Québec se voit attribuer la plus petite portion d’aide fédérale en relation avec son poids démographique.

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Tableau des versements fédéraux de péréquation par rapport à la population en 2010

Île-du-Prince-Édouard             2 340$ par habitant

Nouveau-Brunswick                2 109$

Manitoba                                 1 309$

Nouvelle-Écosse                     1 183$

Québec                                   1 085$

Sources: Cyberpresse, Statistique Canada 

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À la lumière de ces statistiques, les dénigreurs du Québec, tel que Maxime Bernier, devraient modérer leurs propos.

Si l’on suit la logique de Bernier dans son élan de désengagement de l’État et de délestage des mécanismes de redistribution de la richesse, les véritables perdants ne seront pas les Québécois, mais surtout ces 4 provinces canadiennes beaucoup plus faibles économiquement et dépourvues de ressources abondantes.

Maxime Bernier espère susciter une effervescence de sa popularité dans le Canada par un plaidoyer inégalitaire dépourvu de sens social.  Ses idées vont à l’encontre des valeurs sociales du Québec et du reste du Canada sur lesquelles s’est bâti ce pays.

S’il espère, par cette manœuvre, bonifier sa carrière politique, il se trompe.

En se mettant à dos la moitié des provinces canadiennes qui comptent sur le support financier du fédéral, il ne fait que se discréditer davantage et miner son possible retour dans le cabinet ministériel.

11 réflexions sur “Maxime Bernier et son « Quebec Bashing »

  1. Ping : Un peu de joie au pays de l’aliénation – (ou exposition sur le sexe au centre des sciences de Montréal) « Paysan Urbain

  2. Excellent billet, et quelle leçon rigoureuse au niveau des faits ! Il est bien dommage qu’on ne puisse lire des textes de cette qualité dans les journaux diffusés par milliers d’exemplaires. Heureusement, de plus en plus de québécois s’ouvrent à la blogosphère… Ceci dit, je pense malheureusement qu’aveuglés par leur racisme anti-québécois, les canadiens anglais retiendront surtout des propos de Maxime Bernier l’attaque directe contre le Québec, oubliant par le fait même la mise en contexte que vous faites avec éloquence. Ce qui pourrait bien conduire Bernier au plus haut sommet de la politique canadienne, et plus rapidement qu’on pense.

  3. Je n’arrive pas à croire que certains militants de la droite québécoise puissent endosser Maxime Bernier. Plusieurs disent qu’il prépare le terrain en prévision d’une course au leadership du Parti Conservateur. Le type a tout ce qu’il faut pour remplacer Stephen Harper: d’un côté, il s’exprime bien dans les deux langues, il projette une belle image et il avance des idées conservatrices plutôt drastiques. De l’autre, il traîne avec lui le souvenir d’un politicien incompétent, d’un divorcé attiré par des femmes aux moeurs douteuses et d’un type qui ne sait pas toujours de quoi il parle. Rien de mieux pour discréditer ces réformistes-alliancistes déguisés en « progressistes-conservateurs ».

  4. Maxime Bernier cache mal son agenda (un anglicisme, je le sais) politique. En faisant du Québec bashing, il s’assure une grande place dans les médias anglais.
    Pour ce qui est de la petite histoire du Canada et ses investissements au Québec venez lire La péréquation P.1 et P.2 juste en dessous de l’en-tête de mon blogue.

    Pour être autonome et ne plus avoir à quémender ( Bernier) de la péréquation, il faut l’indépendance du Québec.

  5. Gérald Gobeil

    Le père de Maxime (Gilles Bernier) ne fut jamais entrepreneur de sa vie. Il était animateur de radio. Il a été élu député de Beauce sous la bannière conservatrice de 1984 à 1993 et comme indépendant de 1993 à 1997, s’ayant vu refuser le droit de se représenter à nouveau comme « conservateur ». En 1997, Jean Chrétien l’a nommé « ambassadeur du Canada » à …. Haiti, poste qu’il occupa jusqu’en 2001.

  6. @Gérald Gobeil

    Il a pourtant été vice-président aux affaires publiques du Groupe Canam, participant actif de la Fondation canadienne des Jeunes Entrepreneurs et à toujours été très proche des milieux d’affaires. Son parcours le témoigne.

  7. Gérald Gobeil

    On en fera pas un débat interminable mais vous êtes le seul qui poura prétendre à qualifier cet individu comme étant « un homme d’affaires » ce qu’il ne fut jamais.
    Quant au PR man de Canam, il ne fut que PR man. Ceci dit, ne nous écartons pas de l’essentiel, soit vos propos sur le discours de son fils Maxime. Qui frôle le populisme. Mais c’est un discours qui le tiendra au pouvoir beauceron pour des années. Les libéraux n’ont aucune chance en Beauce profonde.
    Quant à la croisade entreprise au Canada anglais, on verra ce qu’il en sera dit.

  8. Quand on se colle au monde des affaires, quand on chapeaute une fondation pour les jeunes entrepreneurs, quand on travaille comme haut cadre de prestige dans une entreprise privée, on est un homme d’affaires. Qui se ressemble s’assemble. Ce monsieur peut avoir été animateur de radio, député, diplomate et être aussi dans le même temps impliqué dans les affaires. Les uns n’excluent pas l’autre.

  9. Au sujet du discours populiste de Bernier, je crois que c’est plus la popularité du père qui lui permet d’être si apprécié dans sa circonscription que son idéologie libertarienne. L’homme passe devant les idées ici.

  10. jcpomerleau

    La fin de la politique de la mendicité

    En toute circonstance il faut se demander en quoi cela sert notre cause (La souveraineté).

    Premièrement il faut savoir que l’Alberta a pris le contrôle du gouvernement central et lui impose son agenda politique. Or que veut l’Alberta: Mettre fin à la péréquation (dixit M Morton , ministre de finance de cette province). Les albertains veulent aussi réduire la taille de l’État fédéral et plus d’autonomie de pour les provinces.

    En reprenant les 3 points de l’agenda Albertain,et en insistant sur le besoin pour le Québec de mettre fin à la politique de la mendicité, Maxime Bernier contribue à faire avancer la cause souverainiste.

    Pourquoi.

    Pour que le Québec accepte d’éliminer la péréquation (une demande ferme de l’Alberta, qui sera reprise par d’autres provinces ) il faudra qu’il compense le manque à gagner en éliminant les dédoublements de fonctions. Cela ne peux se faire en sortant le fédéral d’au moins une vingtaine de juridictions.

    Cette vaste réforme ne ferait rien perdre au Québec du point de vue financier et créerait une dynamique qui mènerait à un État souverain, quoique associé à d’autres provinces devenues beaucoup plus autonomes.

    La péréquation n’est qu’un des postes budgétaires qui est brandi à la face du Québec, il ne reflète pas l’ensemble des flux financiers avec le fédéral. Une étude de Statcan de 2004 qui tient compte de l’ensemble des flux financiers montre un gain de 2,1 milliards pour le Québec:

    (Étude Stacan: Revenus et dépenses de l’administration fédérale selon la province : qui sont les gagnants et les perdants dans la Confédération?)

    Le coût du dédoublement était évalué à 3,5 milliards, 2005. Conclusion.Rappelons que la péréquation était alors à 4 Milliards. Donc rien à gagner à pratiquer une politique de la mendicité à cette époque.

    Depuis la péréquation a augmenté à 8,5 milliards. Mais les autres paramètres de l’étude ont aussi bougé. Si bien qu’il n’y a rien de significatif de changer et qu’il n’y a rien à gagner à pratiquer une politique de la mendicité pour le Québec.

    Maxime invite le Québec à mettre fin à sa politique de mendicité; en conjoncture avec avec un dépouillement du gouvernement central et un gain d’autonomie pour le Québec. Les souverainistes ne peuvent qu’être d’accord avec lui. Cette dynamique mène à la rupture du cadre constitutionnelle de 1982 et … à la souveraineté.

    Alors merci à M Bernier de nous indiquer la voie à suivre pour mettre fin au dépendantisme comme le dise les « libertaires » .

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