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Quelle tragédie ce tremblement de terre en Haïti .  Je compatie.  Ce pays semble insatiablement et injustement la victime de tous les maux de l’Humanité.

Autrefois une colonie française s’étant révoltée contre l’esclavagisme au prix de massacres et du paiement de compensations financières aux propriétaires fonciers français ayant perdu leurs terres, Haïti a dû aussi subir à l’époque l’indifférence des États-Unis qui craignaient que la révolte des esclaves haïtiens servent d’exemple et d’inspiration aux esclaves sur le sol américain.

Déjà, à cette période, les fondements de la création de cet État-Nation étaient vacillants et incertains et les problèmes n’ont cessé de survenir en ce pauvre pays en quête d’affirmation et de prospérité.  Depuis, dictateurs, troubles sociaux et insurrections se sont succédés avec parfois l’aval de ressortissants étrangers empêchant ainsi le pays de se développer.

Et, maintenant, voici cette catastrophe humanitaire d’une envergure de rare amplitude, comme si ce pays déjà dévasté par la pauvreté, les maladies et le sous-développement en avait besoin.

L’aide humanitaire est désormais en route de tous les coins du monde pour soulager le peuple haïtien de son désarroi et de sa misère nouvellement exacerbée.  Partout, le mouvement d’empathie fuse de bonnes volontés et de gestes de solidarité se concrétisant par des dons monétaires et l’envoi de personnels civils et militaires d’appuis à la détresse haïtienne.

Un triste événement qui fait néanmoins ressortir ce qui est le plus noble et bon dans la nature humaine face à l’adversité.

Cependant, nous pouvons nous demander si cet grand élan de générosité et de compassion ne s’étiolera pas à l’épreuve du temps et du délestage médiatique de ce drame.  En effet, durant une quinzaine du jour, ce sera la première nouvelle à être diffusée sur les fils de presse mondiaux et dans les grands réseaux télévisuels.   Le phénomène est bien connu en communication : les catastrophes se « vendent » bien et attirent les lecteurs et les téléspectateurs.  Mais,  une fois le « gros » de la nouvelle passé, l’intérêt diminuera et les médias occidentaux retourneront aux bons vieux sujets d’actualité comme la crise économique, le terrorisme, l’occupation de l’Irak, de l’Afghanistan ou les aspirations nucléaires de l’Iran.

De plus, l’afflux de l’aide humanitaire sera sans aucun doute imposant dans les premières semaines ou les prochains mois, mais aura surement tendance à se raréfier progressivement.  Dans un contexte de crise économique mondiale ébranlant les bases mêmes du capitalisme, il ne faut pas s’attendre à des programmes d’assistance permanents à hauts coûts de la part des pays développés.  Ces derniers, surtout les États-Unis, ont des problématiques économiques énormes à résoudre et ne s’attarderont pas trop longuement sur un petit pays sans importance stratégique ou économique.

Finalement, il faut souligner un fait capital : l’aide humanitaire dans l’Histoire n’a jamais enrayé l’indigence ou le dénuement chronique.  Son rôle s’est toujours limité à adoucir les conditions de vie d’une population donnée face à une affliction précise à un certain moment.  Elle se borne uniquement à amoindrir les conséquences en surface sans s’attaquer aux causes de fond.

Au bout du compte, Haïti se retrouvera seul, comme il le fut toujours.

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