L’iniquité fiscale des libéraux

Bien que le premier ministre Jean Charest n’ait pas endossé entièrement la proposition d’un relèvement généralisé des tarifs évoqué par les jeunes de son parti lors de leur récent congrès, il semble qu’il s’engage tout de même sur cette voie.

«Nous avons annoncé lors du dernier budget que nous voulions faire une remise à niveau sur la question des tarifs et c’est de là que nous allons partir. Il y aura cette évaluation et nous verrons de quelle façon on peut agir, de manière équitable», a affirmé le premier ministre à la presse.

Ainsi, dans la ligne de mire se trouvent les tarifs d’électricité et conséquemment dans l’avenir ceux de tous les services gouvernementaux. En corolaire, toute hausse des impôts est écartée par le gouvernement Charest.

Cependant, contrairement à ce que croit le chef du Parti libéral du Québec, ce genre de mesures fiscales est tout sauf équitable.

Le concept de l’utilisateur-payeur va à contre-sens de la justice sociale et de la juste répartition des richesses.

En fait, une hausse globale des tarifs frapperait plus durement les classes démunies et moyennes que les nantis de la société, car plus élevé est le revenu d’un individu ou d’un ménage, plus facilement il peut absorber des nouvelles taxations sans diminuer son niveau de vie et envisager de couper dans ce qui est le plus essentiel, comme la nourriture, le logement, les médicaments, etc.

Somme toute, il s’agirait d’un impôt déguisé épargnant les citoyens les plus aisés et alourdissant du même coup la charge fiscale aux coffres de l’État des autres contribuables moins richissimes.

Seule une augmentation des impôts sur le revenu selon une table progressive peut assurer une perception fiscale équitable car elle porte sur la capacité à payer de chaque contribuable.

Mais si le gouvernement libéral désire y aller uniquement avec une majoration des tarifs des services publics afin de retrouver l’équilibre budgétaire au Québec, il devrait, par souci d’équité, établir ces nouveaux tarifs selon les revenus des demandeurs et non pas en rapport à une grille tarifaire uniforme et arbitraire.

Ce serait alors véritablement plus équitable.

5 réflexions sur “L’iniquité fiscale des libéraux

  1. Louis-Marie Pelletier

    Le jour ou Jean Charest à annoncé qu’il désirait baisser les impôts de 1 milliard de $$ son idée était déjà faite d’augmenter les services à un moment donné.

    La crise économique actuelle lui offre cette opportunité sur un plateau d’argent. Étant donné que Jean Charest est un homme politique lâche et incapable de prendre sur ses épaules ce genre de responsabilité, il cherche un moyen de mettre le fardeau sur les épaules du peuple.

    La commission jeunesse du partie lui a ouvert la porte et avec la consultation populaire qui va suivre, il aura tous les éléments pour faire porter l’odieux de sa mesure sur les supposés choix du peuple.

  2. Darwin

    Le transfert de l’impôt sur le revenu vers les taxes et les tarifs est en effet régressif et touche proportionnellement plus les citoyens à bas revenus. La façon la plus équitable de faire diminuer le déficit serait de rétablir les impôts au niveau de la fin des années 1980, pas seulement d’annuler la dernière baisse de 1 milliard $ de Charest.

    Ainsi, malgré la forte baisse du taux de chômage, le niveau d’inégalité a augmenté substantiellement depuis cette époque, au début en raison de la récession du début des années 1990, puis en raison de la baisse des impôts et des dépenses sociales (comme l’assurance-chômage).

    Le revenu moyen familial du premier quintile (après impôts et transferts), est passé au Québec de 12 863 $ en 1989 (dernière année avant la récession) à 12 400 $ en 2006 (en $ de 2006), pendant que le revenu moyen du dernier quintile est passé de 83 400 $ à 99 100 $ , une hausse de 19 %. De même, le coefficient de Gini, autre mesure de l’inégalité, est passé de 33,5 à 37,6.

    (données de l’Institut de la statistique du Québec, disponibles au http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/famls_mengs_niv_vie/revenus_depense/revenus/rev_faib_rev.htm ).

  3. Les tarifs gouvernemamantaux sont des impôts déguisés et il s’agit de la pire sorte d’impôt qui existe. Tant qu’à se faire voler par de tels tarifs shylockiens, le combo « flat tax faible-TVA élevé-impôt négatif » serait moins pire!

    Je suis contre l’impôt progressif, cependant.

    « Mais si le gouvernement libéral désire y aller uniquement avec une majoration des tarifs des services publics afin de retrouver l’équilibre budgétaire au Québec, il devrait, par souci d’équité, établir ces nouveaux tarifs selon les revenus des demandeurs et non pas en rapport à une grille tarifaire uniforme et arbitraire. »

    Même pas! La récolte tarifaire des fonds est une supercherie!

  4. decembre

    … l’équilibre budgétaire au Québec …

    C’est de rapetisser le gouvernement et d’épargner. Mais la machine refuse de rapetisser.

  5. Ping : Les libéraux cherchent à vendre leur salade au prix de la vérité « Homo politicus

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