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Tous les partis politiques majeurs au Québec se prétendent de « centre », de centre-droit ou de centre-gauche, afin de susciter une confusion des genres favorable à une éventuelle prise du pouvoir.

Théoriquement, comme l’évoquait Maurice Duverger, tous les partis sont attirés vers le centre pour se permettre de recueillir un plus grand nombre de voix. Mais, cependant, ils conservent toujours leurs bases militantes et surtout leurs bailleurs de fonds qui financent leurs campagnes électorales.

Ainsi, les partis de droite, préconisant la conservation de l’ordre social existant, sont appuyés financièrement par les milieux d’affaires ou les mouvements conservateurs tandis que les partis de gauche, plus revendicateurs et demandeurs de changement sociaux, reçoivent des dons de groupes sociaux et de grandes centrales syndicales.

Au bout du compte, les partis politiques se proclamant de centre pencheront toujours du coté de leurs contributeurs financiers initiaux et tasseront sur le bas coté leurs prétentions centristes lorsque qu’ils devront pendre position sur de lourds sujets publics.  En somme, à la croisée des chemins, les partis politiques montrent leurs vraies affiliations.

Le centre “pur” est improbable en politique, voire même impossible. En fait, on ne peut être que de centre-droit ou de centre-gauche, ce qui revient à dire que l’on est de droite ou de gauche avec une petite teinte centriste dans l’intention d’attirer dans ses rangs des sympathisants de l’autre coté du spectre politique.

Historiquement, on a déjà pu constater que le centre ne peut se maintenir qu’en période de prospérité ou de stabilité économique.  Cette constatation a été palpable lors de la Grande Dépression des années 30 en Allemagne pré-nazie et en France avant l’accession au pouvoir du Front Populaire.  Jadis, dans ces deux pays, les extrêmes se sont ravivés dû à la polarisation des intérêts et des conditions économiques.  Dans une telle situation socio-économique particulièrement problématique, le consensus ou le centrisme est impossible car aucune véritable classe moyenne n’existe pour atténuer les extrêmes.

Reste à voir si la crise économique actuelle menera à une telle polarisation politique dans l’avenir….

De plus, philosophiquement, une mouvance politique de “centre centre” suggérerait que la société est statique et n’évolue pas au gré des événements historiques ou des transformations des vecteurs sociaux.

Finalement, c’est justement ce va et vient entre le conservatisme et le progressisme ainsi que l’affiliation des partis politiques avec des groupes d’intérêts aux visées précises en corrélation avec le changement social qui rendent très difficile de maintenir une position de véritable centre.

À lire:

Entre deux extrêmes

À propos de la gauche et de la droite