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Quelle bonne idée des jeunes libéraux de proposer des péages sur tous les axes autoroutiers du Québec et de revoir l’ensemble des tarifications afin de regarnir les coffres de l’État!

Débutons par le plat principal, c’est-à-dire les péages sur les autoroutes.

Il est difficile d’envisager comment une telle mesure peut s’avérer pertinente en période de crise économique prolongée.

Avec les pertes d’emplois et le rétrécissement de la marge de manœuvre financière des ménages québécois,  tout accroissement du poids fiscal des contribuables de classe moyenne au budget de l’État handicaperait la consommation et entraverait encore plus une relance économique éventuelle.

De plus, bien que l’idée proposée puisse permettre une possible rentrée de revenus supplémentaires dans les coffres publics, cette manœuvre permettrait d’habituer lentement et insidieusement le citoyen au concept d’utilisateur-payeur qui est si chère aux jeunes libéraux au détriment du principe de l’universalité qu’ils détestent tant.

Une fois cette tarification routière établie, il deviendra « normal » pour le contribuable de débourser quelques ou plusieurs dollars lorsqu’il sollicitera l’utilisation d’un service public dont il paie, pourtant déjà, les coûts inhérents par ses taxes et ses impôts.

Alors, après que cette étape primordiale de modification des mentalités soit franchie, il sera facile de généraliser l’établissement de péages à toutes les « routes » menant à une destination de service collectif : péage à l’entrée de la porte de chambre de l’hôpital; péage au bureau d’admission de l’école; etc.

Cependant, les jeunes libéraux n’ont pas considéré qu’une tarification à grande échelle de l’utilisation des services gouvernementaux apporterait inexorablement une accentuation des inégalités sociales, que cela soit pour les autoroutes, la santé ou l’éducation postsecondaire (dont les jeunes libéraux veulent depuis toujours hausser les coûts pour les étudiants).

En fait, la mise en œuvre de tout ce beau plan demanderait un effort fiscal supplémentaire à une classe moyenne déjà étranglée et constituerait un frein à l’accès général de nombreux services publics essentiels, comme les soins médicaux ou l’enseignement, car bien des gens moins nantis préféreront rester chez eux au lieu de voyager sur les routes du Québec, de demander des soins de santé ou d’envisager des études dispendieuses.