Une révolution… grise?

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Au train où vont les choses, on se demande bien quand cette crise économique s’arrêtera. 

Selon ce que l’on en sait, elle sera très longue et la reprise éventuelle très lente.

Ses victimes se répertorient autant parmi les jeunes familles qui perdent des revenus importants que les retraités qui voient fondre comme neige au soleil les épargnes de toute une vie de travail.

Et si la situation persiste encore trop longtemps, le mécontentement peut éventuellement s’exacerber et les risques de débordements sociaux se multiplier.

Les prédictions sur un dénouement éventuel de cette crise frappant surtout le monde occidental développé constituent d’emblé un terrain glissant.  Il est difficile de prévoir la finalité de cette méga-récession ainsi que ses répercussions futures.   

Mais, en corrélation avec le vieillissement de la population occidentale, nous pouvons y aller d’une hypothèse qui n’est, après tout, pas si farfelue que ça : devant l’érosion des fonds de retraite et les déficits budgétaires poussant les États à sabrer dans les services sociaux ainsi que dans une prestation à moindre coût des soins médicaux, nous pourrions assister à une révolte, non pas de la jeunesse, comme c’est usuellement le cas, mais cette fois-ci de la masse de retraités qui voit tout l’accomplissement de son dur labeur s’envolé en fumée avec cette crise économique.

La prochaine « révolution », si nous pouvons appeler ainsi la prochaine remise en question de l’ordre économique ou de la politique économique en place, sera peut-être engendrée par les « têtes grises » qui refuseront de perdre tous leurs avantages durement acquis et de devoir payer pour des besoins essentiels dont on leur avait promis un accès sans complication.

Cependant, oubliez la révolution violente avec son lot d’émeutes et de répression.  Le poids démographique en constante progression et l’influence politique conséquente des personnes âgées joueront grandement sur les aboutissements des élections futures (voir graphique). 

Nonobstant les lourds déficits budgétaires appréhendés pour les prochaines années, la pression politique sera forte pour maintenir un système de protection sociale adéquat malgré les avertissements des hautes instances financières internationales. 

Peut-être verrons-nous, enfin, que la simple et bête logique comptable est incompatible avec l’assouvissement des besoins du plus grand nombre.

4 réflexions sur “Une révolution… grise?

  1. Darwin

    Il est certain que le vieillissement de la population aura des conséquences importantes sur les plans de l’emploi, de la société et des services publics. Je trouve toutefois un peu ironique de lire tant de textes apocalyptiques dans les journaux (je ne parle pas ici de votre texte, plus posé) depuis la sortie du nouveau scénario démographique par l’Institut de la statistique du Québec.

    Selon ces nouvelles prévisions, le nombre de personnes dans les âges où on travaille le plus (20 à 65 ans) augmenteraient en effet de 55 000 entre 2006 et 2051 au lieu de diminuer de plus de 650 000, comme le scénario de référence précédent le prévoyait. La situation est moins mauvaise que prévu auparavant, mais on s’inquiète davantage ! Je ne prétends pas que le vieillissement de la main-d’œuvre n’est pas un problème important (il l’est !), mais les nouvelles prévisions montrent que, grâce à des politiques natalistes et favorisant l’immigration, on peut l’atténuer considérablement.

    Quand à l’effet de la crise actuelle sur les régimes de retraite, même si elle existe, il ne faudrait pas l’exagérer (tout en demeurant inquiétant, le taux de capitalisation de ces régimes a d’ailleurs augmenté au premier trimestre de 2009). Les prochains retraités bénéficieront en moyenne de bien meilleures prestations de retraites que les retraités actuels et passés. Cela permettra de soulager un peu les pressions sur les finances publiques, car, même sans travailler, ils paieront de l’impôt et toucheront un peu moins de prestations publiques, car beaucoup de programmes gouvernementaux, tel les prestations de sécurité de vieillesse, prévoient une diminution, voire une disparition, des prestations en fonction du niveau des revenus.

    Bref, oui, la société changera, les pressions seront fortes sur les finances publiques. Mais, il faudrait éviter de tomber dans un discours aussi catastrophiste que celui des supposés «lucides» qui se servent des prévisions démographiques pour tenter de faire passer leur idéologie de droite…

  2. J’espère que vous avez raison. Mais votre point de vue présuppose une forte reprise économique, ce que personnellement je ne prévois pas . C’est dans une optique de crise à long terme que j’ai rédigé ce billet.

  3. Darwin

    Non, je ne prévois pas une forte reprise à court ou moyen terme (même pas à long terme à cause des effets du vieillissement, quand même bien réels). Mais je ne prévois pas non plus que la récession actuelle dure encore plusieurs mois. Je ne pense pas non plus qu’elle aura une influence importante à long terme.

    Par contre, oui, il pourrait fort bien y en avoir d’autres, plus sérieuses (environnement, énergie, etc.). Je suis plutôt pessimiste pour l’avenir de l’humanité. Tout ce que je voulais souligner, c’est que le discours sur les effets du vieillissement est trop souvent utilisé pour faire passer l’idéologie de droite (abolition de services, augmentation des tarifs, baisse des impôts, etc.). On l’utilise pour convaincre la population que l’équité intergénérationnelle passe nécessairement par l’inéquité intragénérationnelle.

  4. Ping : La lutte des âges « Pour que Demain soit

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