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En fin stratège, le nouveau chef du Parti Libéral du Canada semble diriger sa formation vers la gauche en épousant la cause des travailleurs sans-emplois dans l’espoir de prendre le pouvoir.  La droite étant largement occupée par le Parti Conservateur de Stephen Harper, Michael Ignatieff se doit de conquérir un terrain plus facile à investir où la division perdure.  Ainsi, il louche vers le centre-gauche en espérant recueillir un bon nombre d’électeurs du Nouveau Parti Démocratique ainsi que du Bloc Québécois.

Cependant, ses déclarations concernant l’assouplissement des conditions d’admissibilité à l’assurance-emploi et l’établissement d’une taxe sur le carbone traduisent un électoralisme flagrant.

À propos de la diminution du nombre d’heures de travail nécessaires pour obtenir des prestations d’assurance-emploi, une demande copiée sur les revendications des deux autres partis d’opposition, il faut se remémorer que Jean Chrétien, ancien premier ministre libéral, avait procédé à l’implantation de restrictions majeures en 1996-97 dans ce programme d’aide aux chômeurs.  Alors, devrions-nous croire le nouveau chef du PLC dans sa volonté de défaire ce que l’un de ses prédécesseurs a mis en place ?  Cela ne signifierait-il pas un désaveu de l’héritage du Parti Libéral du Canada ?

Au sujet d’une taxe sur le carbone, l’intention est bonne.  Mais, encore une fois, il faut regarder vers le passé pour constater que même après la signature du protocole de Kyoto, les libéraux au pouvoir n’ont pas levé le petit doigt afin de promouvoir une réduction significative des gaz à effet de serre selon les objectifs de cette entente internationale.   Comme le Parti Conservateur, et contrairement au Nouveau Parti Démocratique, le PLC accepte des dons de grandes entreprises qui voient depuis toujours d’un mauvais œil toute législation environnementale trop restrictive. En fait, il parle et parle d’environnement, mais lorsque le moment est venu d’agir, il retourne sa veste afin de satisfaire ses contributeurs électoraux.

En somme,  Michael Ignatieff, lors de son congrès d’investiture, nous a servi un beau discours que nous sommes habitués d’entendre de la part d’un chef libéral.  Un discours répétitif qui ne mène, finalement, jamais à rien.  Nous avons pourtant eu dix ans d’expérience sous le mandat de Jean Chrétien pour évaluer la mauvaise foi et l’hypocrisie des libéraux fédéraux.  Il faut plus que jamais en tenir compte devant la hausse des intentions de vote du PLC dans les derniers sondages.