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Les programmes sociaux sont malmenés devant la hausse du chômage qu’entraine l’actuelle crise économique et les déficits récurrents des gouvernements.

La diminution des contributions prélevées sur les salaires des travailleurs met sous pression l’ensemble des régimes de protection sociale des pays développés.  C’est ce qu’on a pu entendre de la part de l’Association internationale de la sécurité sociale (AISS)  qui rappelle l’utilité des filets sociaux dans l’atténuation des effets catastrophiques d’un ralentissement économique majeur.

Mais que cela ne tienne. Cette crise économique, pour les puissants de ce monde, n’est qu’une occasion de plus d’élaguer l’éventail des services sociaux afin de pallier à la diminution des bénéfices des grandes entreprises.

Dans cette optique, l’Institut Fraser, dans l’une de ses récentes études propagandistes,  souligne que les canadiens paient 17 fois plus d’impôt comparativement à il y a 47 ans avec l’objectif évident de convaincre les citoyens qu’ils remettent trop de leurs revenus dans les coffres des gouvernements.

Mais, encore une fois, comme c’est l’habitude de la part des soi-disant spécialistes des think tank de droite, l’Institut Fraser, un organisme dit « à but non lucratif », aménage la vérité comme bon lui semble afin de rencontrer les visées de ses riches donateurs affairistes.

Les groupes d’étude comme l’Institut Fraser n’évoquent pertinemment pas que, depuis le début du néolibéralisme initiée par le consensus de Washington, la quote-part de l’impôt des grandes compagnies s’est vu de plus en plus diminuée tandis que l’apport des contribuables n’a cessé de croître laissant ceux-ci payer seuls les frais des services publics pourtant nécessaires à une société prétendument évoluée.

Encore récemment, cette tendance se maintient, comme le citait Josée Legault dans un article de juillet 2008 : « Résultat: avec la multiplication des subventions et avantages fiscaux aux entreprises, les particuliers fourniraient maintenant près de 80 % des revenus autonomes du gouvernement du Québec (*sans compter ce qui vient d’Ottawa). Donc, plus la proportion des revenus provenant des entreprises diminue, plus celle des particuliers augmente. C’est ce qu’on appelle un VRAI déséquilibre fiscal. »

Il ne passera pas beaucoup d’eau sous les ponts avant que la droite évoque l’endettement chronique de l’État et l’ultime nécessité de réduire sa taille et les services qu’il procure à la population, même si cela se résulte par un appauvrissement généralisée en ces temps de crise.

Se drapant d’un linceul de vertu, les idéologues du laisser-faire économique proclament agir dans l’intérêt de tous tout en camouflant leurs véritables buts :   détourner l’argent dédié au bien-être de la collectivité pour remplir les portefeuilles des compagnies et de leurs actionnaires dont la richesse décline depuis l’électrochoc de la crise économique mondiale.