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La dissension est vive au sein du Parti Conservateur du Canada avec le déroulement de la commission Oliphant enquêtant sur l’affaire Mulroney-Schreiber.

 

Le feu a été mis au poudre par la déclaration d’un proche du Premier ministre Harper selon laquelle Brian Mulroney n’aurait plus de lien avec le Parti Conservateur, ce que ce dernier dément vivement.  Il proclame haut et fort son allégeance politique conservatrice.

 

Des anciens membres du défunt Parti Progressiste-Conservateur présents au Sénat et à la Chambre des communes se sont portés à la défense de l’ancien Premier ministre malgré les directives de l’actuel chef conservateur de ne plus prendre contact avec Brian Mulroney.   Il s’agirait de Jean-Pierre Blackburn, Marjory LeBreton, David Angus, Gerry St. Germain, Lee Richardson et Peter MacKay.

 

Stephen Harper semble ainsi vouloir distancer « son » Parti Conservateur de l’éventuel scandale que pourrait entrainer une conclusion négative de cette commission envers Brian Mulroney afin d’éviter d’être éclaboussé par l’événement.  Mais, par le fait même, il choque les anciens collaborateurs de l’ancien Premier ministre et renie tous les accomplissements qu’a accompli monsieur Mulroney durant son mandat de chef de l’exécutif. Un désaveu qui passe mal chez les anciens du Parti Progressiste-Conservateur. 

 

C’est tout de même un peu hypocrite de la part de Stephen Harper d’avoir accepté la dénomination « conservateur » dans le nouveau parti afin de profiter d’une confusion des genres favorable à sa prise du pouvoir et ensuite de refuser toutes les conséquences et les implications reliées au passé parfois scabreux du PC antérieur. 

 

Par ailleurs, on se remémorera que la fusion entre l’Alliance Canadienne (anciennement le Reform Party) et le Parti Progressiste-Conservateur ne s’est pas faite sans heurt. Une franche plus modérée de l’ancien parti refusa de se joindre au nouveau Parti Conservateur récemment formé.  Après l’union, un caucus progressiste-conservateur renégat constitué de Joe Clark, d’André Bachand et de John Herron a continué de siéger jusqu’aux élections générales de 2004 et l’on dénombre encore de nos jours à la Chambre haute des sénateurs s’affichant sous la bannière du Parti Progressiste-Conservateur du Canada.  

 

Toute cette affaire Mulroney-Schreiber traduit la faiblesse interne du nouveau Parti Conservateur.  L’attitude de l’actuel chef du PC met en lumière les divisions internes au plan idéologique entre anciens conservateurs et « nouveaux conservateurs » en reniant l’héritage du gouvernement Mulroney et en imposant dans la nouvelle formation politique des positions radicales liées au conservatisme social et au libéralisme économique qui ne plaisent guère à la vieille garde progressiste-conservateur.

 

Et même au niveau provincial, la nouvelle alliance conservatrice ne fait pas que des heureux.  Le Premier ministre de Terre-Neuve, Danny Williams, un progressiste-conservateur acharné (son parti provincial porte toujours ce titre), se monte farouchement contre le gouvernement Harper et se proclame être un « conservateur-socialiste » (malgré l’antinomie) en opposition au conservatisme dogmatique de son homologue fédéral.

En conclusion, l’avenir s’annonce sombre pour la coalition conservatrice au Canada. On pourrait bien assister dans les prochains mois à son implosion et à un changement du rapport de force dans la Chambre des communes pouvant mener à la chute du gouvernement de Stephen Harper en conséquence d’éventuelles défections au sein même du caucus conservateur.

  

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