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En période de crise économique, tout gouvernement responsable se doit d’encourager la création d’emplois et de préserver ceux existants.  C’est pourtant ce genre de politiques économiques keynésiennes qu’applique la grande majorité des pays industrialisés afin de relancer le piètre état de leurs économies nationales.

 

Mais, pour le gouvernement conservateur canadien, la crise économique n’est qu’un prétexte pour dépecer de 805 postes Radio-Canada/CBC en conformité avec son idéologie de démantèlement du secteur public. 

Une belle occasion qu’il ne devait pas rater.   

 

On évoque des pertes publicitaires de 171 millions comme motifs des coupures. Mais le cabinet de Stephen Harper semble oublier que Radio-Canada/CBC n’est pas une entreprise privée obnubilée par le profit comme ses concurrents.  En ces temps économiques difficiles, le rôle de toute corporation publique, même si elle enregistre un déficit budgétaire temporaire,  est de soutenir l’économie par le maintient des emplois présents et non pas d’encourager la débâcle économique en ajoutant encore plus de personnes dans les rangs des chômeurs. 

 

Car, en fait, les emplois préservés dans le domaine public favorisent la consommation et la stabilité économique.  L’argent qu’un employé de l’État dépense en achat de biens ou services de toutes sortes soutient un emploi et un autre dans le secteur privé qui engendreront par la suite des rentrées subséquentes en impôts dans les coffres du gouvernement. 

 

Les conservateurs ont toujours été frileux envers des mesures interventionnistes en économie.  Nous l’avons bien constaté avec leur énoncé économique de novembre 2008, caractérisé par des compressions massives dans l’appareil gouvernemental, qui a bien failli faire tomber leur gouvernement. 

 

En fait, le Parti Conservateur préfère les bonnes vieilles méthodes corporatistes de ses copains du monde des affaires en sabrant sauvagement dans la main-d’œuvre sans réfléchir aux conséquences éventuelles d’une telle stratégie sur l’aggravation de la situation économique de crise. 

 

Ces coupures chez Radio-Canada/CBC laissent présager les solutions futures qu’utiliseront les conservateurs si, un jour, ils deviennent majoritaires à la Chambre des Communes. 

Ils chercheront alors à gérer le pays comme une business en dépit de la recherche du bien-être collectif que tout gouvernement digne de ce nom devrait vouloir atteindre.