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Nous pouvons qualifier cette crise économique de virtuelle.

 

Ce n’est pas un cataclysme ou une catastrophe naturelle qui en est l’instigateur, mais cette logique comptable si importante pour nous qui vient de démontrer son échec.

 

Il n’y a aucun sens dans ce système capitaliste basé sur la croissance infinie. Tout ce château de cartes économique dont nous étions si fiers vient de s’écrouler malgré les taux de croissance démesurés des grandes entreprises et les hausses vertigineuses des bourses d’une part et d’autre du monde depuis 10 ans.

 

Le crédit est le sang qui coule dans les veines du capitalisme.  Sans le crédit, il n’y aurait pas de croissance, pas de profit, pas de plein-emploi.  En conséquence, l’élastique de l’endettement finit par « péter » lorsque les consommateurs ne disposent plus de revenus nécessaires afin de soutenir l’économie.  Et la crise s’ensuit…

 

La reconstruction de l’Europe a pu, lors de la dernière crise économique d’une semblable magnitude, renflouée les coffres des États lourdement endettés suite à la grande dépression des années 30 et de la guerre mondiale qui suivit.  C’est ce qu’on a appelé les Trente Glorieuses.  L’Âge d’or du capitalisme.

 

Mais, en 2009, aucune grande guerre n’a dévasté un continent et ne pourra stimuler l’économie mondiale pour plus d’un quart de siècle.  Aujourd’hui, on investit à tout va des milliards appartenant aux contribuables dans les infrastructures, dans le soutient aux banques, mais comme ce fut le cas avec le New Deal de Roosevelt dans les années 30 du siècle dernier, les résultats seront sûrement mitigés.

 

Et si ces plans de relance ne fonctionnaient pas? Si l’économie ne se relevait pas? Si le chômage endémique ne se résorbait pas?  Si l’endettement démesuré des autorités publiques dans leur lutte contre la débâcle économique les empêchaient d’assurer un minimum vital pour l’ensemble de leurs citoyens?

 

Nous devrions alors opter pour un nouveau modèle socio-économique.  Un modèle au-delà de la simple comptabilité avec ses équilibres budgétaires, ses bilans, ses actifs, ses passifs, ses « plus «  et ses « moins ».

 

Par ailleurs, la tendance est déjà amorcée.  On nationalise les grandes institutions bancaires en péril.  On légifère afin de mieux baliser une économie qui a perdu les pédales.  Nécessité oblige.

 

N’en déplaise aux anti-étatistes de toutes allégeances, les gouvernements interviendront de plus en plus dans l’économie afin de calmer les ardeurs d’une population appauvrie et affamée qui demandera réparation. 

Ils laisseront alors tomber cette logique comptable virtuelle et inefficace pour retourner sur le terrain du monde économique réel, là où le capitalisme a échoué: c’est-à-dire la satisfaction des besoins matériels de la majorité.