Les dangers d’un gouvernement libéral majoritaire

Pour la première fois depuis les années 30, le Parti Libéral du Québec (PLQ) se dirige vers un troisième mandat consécutif. Une victoire électorale que l’on pourrait qualifier d’historique pour les troupes libérales.

 

Mais doit-on désirer une telle éventualité?

 

Rappelons-nous les faits d’armes du premier mandat majoritaire de Jean Charest : la pierre angulaire de son programme de l’époque était le dégraissage de l’État en roulant sur le corps du mouvement syndical et des groupes sociaux. On faisait planer la menace d’une privatisation généralisée des services publics ainsi qu’une modification du rapport de force entre travail et capital par un amendement au code du travail favorisant la sous-traitance. Bref, le privé était devenu le nouveau veau d’or et l’État le mal incarné.

 

On a pu constater une certaine modération de la part du chef libéral suite à l’élection de 2007. Il a dû recentrer ses politiques face à une opposition majoritaire et à une grogne générale dans la population envers son gouvernement.

 

Maintenant, dans la présente campagne électorale, on a vu le chef du Parti Libéral se présenter en tant que défenseur des services publics, particulièrement en santé, et de l’interventionnisme étatique en économie à l’aide de grands travaux publics en complète dissonance avec son idéologie d’autrefois.

 

Pouvons-nous réellement croire que l’ancien chef conservateur canadien ait autant changé en quelques années?

 

On a pourtant bien constaté à Ottawa que lorsqu’on chasse le naturel chez les conservateurs, il revient au galop aussitôt. Ils se drapent d’un costume de brebis afin de séduire l’électorat modéré, mais à la première opportunité, le loup refait surface.

 

Prenons l’exemple de la santé : les cliniques privées depuis le jugement Chaoulli ne cessent de croitre en nombre et le départ précipité de l’ex-ministre Couillard pour une firme conseil en santé démontre que les nouvelles prétentions progressistes du PLQ ne tiennent pas à grand-chose. Couillard a jeté les bases d’une privatisation en santé et lorsque que sa job a été terminée il s’est empressé de rejoindre les rangs de ses nouveaux copains entrepreneurs.

 

Et parlons dont des jeunes libéraux (nous devrions plutôt parler des jeunes conservateurs) qui ont proposé des mesures plus conservatrices que libérales à faire frémir. Charest peut bien essayer de cacher l’idéologie réactionnaire des jeunesses libérales, il n’en demeure pas moins que ces jeunes membres influenceront grandement les décisions de ce parti dans l’avenir.

 

Que se passera-t-il quand les revenus de l’État commenceront à fléchir en conséquence de la crise et que les compagnies demanderont toujours plus d’aide financière de la part de l’État? Vous verrez alors le gouvernement Charest retourner à ses anciens amours dogmatiques en sabrant dans les budgets sociaux et en réprimant les centrales syndicales ainsi que les mouvements sociaux en colère.

 

Il y a un réel danger à élire un gouvernement majoritaire libéral au Québec, particulièrement par les temps qui courent. L’arrogance du premier mandat réapparaitra de nouveau et la nécessité de gérer la crise économique sera une justification de plus pour imposer encore une fois des lois par décrets au nom du bien-être national.

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6 réflexions sur “Les dangers d’un gouvernement libéral majoritaire

  1. sylvainguillemette

    Excellente analyse des dangers Jimmy! Y a pas à dire, les libéraux vont nous en faire baver!

    Et pour revenir sur le jugement Chaouli, on pourrait organiser un mouvement et créer un fond qui viserait à retourner en cour pour battre cette décision frauduleuse qui ne tient pas compte des études scientifiques affirmant que le privé coûte plus cher et que l’accessibilité n’est en rien améliorée, comme le stipulait ce jugement. Ce la n’était que mensonge et c’est sur cette base que le privé a fait son entrée. Il est donc possible de renverser cette décision par une opposition organisée, basée sur des faits scientifiques et des preuves.

    Par exemple, l’IRIS a très bien démontré ce fait cité plus haut, quant au réel coût du privé et de son efficacité versus le public.

    Le problème du Québec est tout autre! Pénurie de personnel médical, point final! La solution n’est certes pas de nous embarrasser de parasites bourgeois inutiles à l’humanité.

    Et avant que les capitalistes n’en disent plus, la gestion d’une entreprise n’a strictement rien à voir avec son financement. Ces deux points sont dissociables…

    Et pour finir, partout sur la planète, on remet en question le libéralisme, le capitalisme, puisqu’ils n’ont que tenus des échecs depuis toutes ces décennies, ces siècles.
    Les capitaux se concentrent sensiblement toujours dans les poches d’une minorité parasitaire nommée la bourgeoisie.

    Par exemple, il n’y a que 10 000 000 de millionnaires sur Terre, ce qui représente 0.15% de la population mondiale. C’est peu dire le sérieux des discours capitalistes revendiquant le «meilleurs» partage des richesses. Là n’est de toute façon pas le but, mais tout le contraire! Le but du capitalisme, c’est d’amasser du ô capital qui permet aux humains de s’exploiter les uns, les autres. Point final!

    Pour un vrai changement, pour une vraie poursuite de l’évolution humaine, nous devons nous débarrasser du salariat, du capitalisme, donc des bourgeois. Ceux-ci auront tout le loisir de travailler comme leurs semblables, comme les autres humains.

    Non au parasitisme! Non aux libéraux majoritaires!

    Non au capitalisme!

  2. Le pire, c’est que la charogne étatiste soi-disant libérale n’a pas réduit la taille de l’État Culbécois, malgré sa promesse en 2002

    Autrement dit, on détourne l’argent des contribuables vers les intérêts du privé et, avec les PPP, on socialise les risques pour privatiser les profits.

    Non à Jean Charest!

  3. Jean Charest a gagné ses élections mais il n’a pas encore gagné le cœur des Québécois qui envisagent avec inquiétude ses 4 ou 5 années de « pouvoir majoritaire » où il pourra, sans aucune difficulté, imposer —ses— préférences.

    Attendez-vous à un déluge de PPP, de privatisation en santé, de départs de sièges sociaux vers l’étranger et d’immigrants, au grand dam des familles d’ici qui doivent affronter une concurrence ridicule… même pour les emplois au salaire minimum!

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