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Cet article a paru le 28 juin 2008 dans le journal “Le Devoir”.

Jean Chrétien doit bien rire dans sa barbe. Le juge de la Cour fédérale, Max Teitelbaum, vient de blanchir à toute fin pratique l’ancien premier ministre libéral et son ancien chef de cabinet, Jean Pelletier, des accusations émises dans le rapport Gomery de novembre 2005 concernant le scandale des commandites.

John Gomery aurait fait preuve de partialité dans l’élaboration des conclusions du rapport de la commission.  En puisant dans diverses déclarations du juge à la retraite pendant la tenue des audiences, le jugement conclut que Monsieur Chrétien et Pelletier auraient subi un traitement injuste car l’idée du président de la commission aurait été toute faite dès le départ.

Et alors?  Cela démontre-t-il qu’il ait eu tort?  Existe-t-il des preuves déniant que le programme des commandites ait été commandé par le bureau du premier ministre et que sa gestion ait été faite à la petite semaine sans contrôle externe?  Même la très intègre vérificatrice générale, Sheila Fraser, a tiré à l’époque de semblables conclusions.  Ces deux personnes seraient-elles « dans le champ » à ce point?

Information intéressante : Max. M. Teitelbaum a été nommé à la Cour Fédérale en janvier 2003 par le parlement canadien sous un mandat majoritaire du Parti Libéral du Canada avec en tête Jean Chrétien. S’agit-il d’un possible retour d’ascenseur?  Ce juge devrait se regarder dans le miroir avant d’accuser John Gomery de manque d’impartialité.

Le fait est que le système politique cherche toujours à protéger la légitimité de ses institutions.  Si l’on affirmait, sans l’ombre d’un doute, qu’un premier ministre avait commis une faute grave ou une erreur de jugement flagrante, c’est tout l’édifice du pouvoir gouvernemental qui en serait ébranlé.  Alors, on étouffe le plus possible les faits au risque de perdre de vue la vérité.

Malgré la loi sur l’imputabilité entérinée par les conservateurs de Stephen Harper, le même réflexe d’auto-protection de l’élite politique demeure.  Les agissements concrets de ce nouveau gouvernement vont à l’encontre de cette loi votée en grande pompe pour épater la galerie à la suite du scandale des commandites. Toute l’information fédérale est contrôlée par le premier ministre conservateur en pure contradiction avec la pensée de transparence de la loi sur l’imputabilité (voir Stephen Harper, le tout-puissant).

Finalement, rien ne change, indépendamment du parti au pouvoir, car les politiciens ne sont jamais responsables de leurs erreurs ou de leur incompétence.

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