L’opportunisme politique contre la faim dans le monde

Stéphane Dion, chef du Parti libéral du Canada, qui se targe d’être un défenseur de l’environnement maintient son appui au projet de loi (C-33), présenté par les conservateurs, favorisant l’industrie de l’éthanol-grain.

On aurait pu s’attendre au contraire. Réserver une partie de la production agricole pour permettre aux voitures de rouler est tout autant anti-éthique et nocif à l’environnement que l’est l’exploitation des sables bitumineux en Alberta. En fait, la production des biocarburants demande beaucoup d’énergie car les coûts en ressources naturelles y sont très élevés.

Devant la hausse du prix du carburant fossile, il est indubitable qu’on recourra de plus en plus à cette source alternative d’énergie afin de la substituer au pétrole. Les conservateurs affirment que cela ne toucherait que 5% des récoltes agricoles, mais une fois le pied dans la porte, on pourrait envisager que cette proportion ira en augmentant face à la crise énergétique et aux tarifs indécents du pétrole.

En plus de favoriser encore plus la déforestation et l’augmentation des prix des denrées alimentaires, l’adoption de ce projet de loi ne fera que contribuer à l’aggravation de la famine dans le monde.

« Monsieur environnement » fait preuve d’un opportunisme politique crasse. Sa popularité dans les sondages ne levant pas (à l’exception du dernier sondage qui semble encourageant), le mécontentement de son propre parti envers son leadership et les coffres vides du PLC sont les véritables motifs de sa faveur envers cette législation conservatrice.

S’il possédait réellement les valeurs qu’il prétend défendre, il voterait contre pour respecter ses convictions par pure cohérence au risque de perdre les élections.

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12 réflexions sur “L’opportunisme politique contre la faim dans le monde

  1. Allons, on en est à l’éthanol de première génération. On sait que l’éthanol promet beaucoup plus dans l’avenir (même si ce n’est pas la panacée), et le Canada a intérêt à rechercher dans cette alternative, tant que nous produisons des surplus.

    Pour le moment, ce sont les surplus qui sont employés au Canada pour générer de l’éthanol. Nous produisons assez de nourriture pour combler les besoins du pays, et les agriculteurs disent eux-mêmes qu’en ce moment, il est beaucoup plus payant de faire pousser de la nourriture que des cultures à énergie.

    Alors pas d’inquiétude là-dessus.

  2. Votre point de vue tranche avec ce que j’ai lu et entendu jusqu’à présent, Manx. Je serais donc intéressé à en savoir plus; disposez-vous de sources plus complètes à ce sujet?

  3. Le chef du Parti Libéral fait beaucoup plus preuve d’un opportunisme individuel que démontrer la primauté de ses valeurs et principes. Par crainte de perdre des élections, il se fait complice des conservateurs à tous les égards.

    Il ne passera pas à l’histoire comme un de nos grands politiciens. C’est Chapleau qui lui a trouvé l’identification la plus pertinente: c’est un rat. Tant qu’à se donner un chef qui pourrait sécuriser le vote des francophones du Québec, le Parti Libéral devrait en choisir un qui a une colonne vertébrale…

  4. Manx, si c’est du surplus, moi je connais des gens qui meurent de faim. L’épanouissement nationaliste des uns ne doit pas passer par-dessus la famine des autres qui en passant, seront bientôt majoritaires sur Terre.

    D’autant plus que pour faire pousser ce « pétrole », nous rasons des forêts. Dois-je rappeler que le modèle actuel n’est tout simplement pas viable? Il nécessite plusieurs planètes Terre de rechange, est-il réellement logique de défendre tel système, encore aujourd’hui, malgré le constat d’échec qui s’impose?

    Pourquoi continuer de penser « moyens de transport » pour remplacer les voitures, nous n’avons pas à consommer autant, à produire autant, ce n’est pas viable, c’est même un suicide collectif qui ne permettra pas à l’humanité de s’épanouir, mais à une élite crasse parasitaire et minoritaire.

    Bon texte Jimmy, les conservateurs, ces concédants, ne valent pas grand chose, mais en valent autant que les libéraux, c’est du pareil au même. Ce sont des capitalistes et ce système n’engraisse que la minorité bourgeoise au dépens de l’humanité. Le capitalisme n’est tout simplement pas viable. Nous devons repenser la consommation et nous rappeler que même les pays du tiers monde possèdent un système non-viable, qui lui aussi, nécessite plusieurs planètes Terre de rechange s’il est appliqué à la Terre, s’il est globalisé.

    Voilà, faire du pétrole avec des aliments alors que des gens meurent de faim, c’est aussi pertinent que de s’arroser d’eau potable dans un désert devant une foule assoiffée. Nous mériterons peut-être ensuite les prochains évènements auxquels nous nous frotterons avant longtemps avec la famine et la soif qui sévira sur toute la planète, sauf ici.

    Il faut repenser le système pour qu’il ne consomme plus autant, ça veut donc dire un moins grand besoin d’énergie en fait…

  5. « Votre point de vue tranche avec ce que j’ai lu et entendu jusqu’à présent, Manx. Je serais donc intéressé à en savoir plus; disposez-vous de sources plus complètes à ce sujet? »

    Faudrait que je recherche à nouveau, mais un influent producteur agricole américain affirmait que, malgré que l’éthanol du maïs soit financé par le gouvernement, il était plus payant de vendre du maïs de consommation. Comme l’éthanol est plus financé aux États-Unis qu’au Canada, je ne me pose pas trop de questions à savoir si la production alimentaire est plus payante que la production à éthanol.

    L’utilisation des surplus, si je me rappelle, vient des nouvelles que j’ai lues récemment.

    Pour les surplus alimentaires, au total, on a la Saskatchewan qui fait beaucoup de blé, le maïs au Québec, qui est destiné surtout à l’élevage (surtout porcin), où le PLQ garantit que Ethanol Greenfield sera la seule place où l’on fabrique de l’éthanol.

    Désolé de ne pas aller plus dans la précision, c’est plutôt un manque de temps et parce que, disons-le, l’éthanol de maïs, pour moi, c’est de l’éthanol primitif de première génération.

    « Manx, si c’est du surplus, moi je connais des gens qui meurent de faim. L’épanouissement nationaliste des uns ne doit pas passer par-dessus la famine des autres qui en passant, seront bientôt majoritaires sur Terre. »

    C’est l’argument qu’on donne habituellement. Malheureusement, je regarde avec réalisme: nos surplus agricoles ne sont pas souvent donnés, même si l’on est de grands producteurs de blé. Vous pensiez quoi, que le PLC ou le PCC irait dire que les surplus agricoles du Canada devraient contribuer à régler le problème de faim dans le monde? On s’entend que ni Harper ni Dion n’ont cette prétention dans leurs actions (mais peut-être parfois dans leurs paroles).

    « Voilà, faire du pétrole avec des aliments alors que des gens meurent de faim, c’est aussi pertinent que de s’arroser d’eau potable dans un désert devant une foule assoiffée. Nous mériterons peut-être ensuite les prochains évènements auxquels nous nous frotterons avant longtemps avec la famine et la soif qui sévira sur toute la planète, sauf ici. »

    On fait aussi des vêtements et textiles, du papier, de plus en plus avec des cultures de chanvre, on utilise les matières agricoles ayant une structure complexe pour fabriquer des polymères (la poly essaie de faire un plastique à partir de pomme, on a fait des assiettes à partir de pommes de terres et de maïs, etc.). Depuis longtemps, on produit assez de nourriture pour nourir la planète. Mais la consommation en énergie per capita des pays riches est largement supérieure à celle des pays pauvres. Les pays en développement perdent aussi beaucoup de nourriture à cause des problèmes pour prévenir la pourriture des produits. Les moyens de conservation de nourriture sont activement recherchés par les ingénieurs en procédé de nourriture, afin de régler ce problème.

    À mon avis, l’une des meilleures façons de régler la faim dans le monde, c’est de développer l’agriculture locale, moins coûteuse en pétrole (transport) et de hausser le prix des viandes (comme c’est le cas en ce moment), car ce sont celles qui demandent le plus de territoire et de ressources pour produire 1 kg de nourriture.

    Ne pas financer l’éthanol de maïs… Ce serait une idée. Mais ce n’est pas un geste entièrement anti-écologique de le financer. C’est un geste possiblement anti-social, mais je ne tiens pas nos politiciens fédéraux du PLC et du PCC en haute estime au niveau de l’aspect « social » de la politique. Pas vous?

  6. Certes.

    Quant au développement agricole local, c’est aussi ce que je crois, mais je crois cette solution temporaire. Mais encore, faudrait-il que l’on cesse de taxer de protectionnistes les gens qui y adhèrent.

    Je dis temporaire, car on prévoit que d’ici une quinzaine d’années, il y aura pénurie d’eau potable pour près de 2/3 de la population mondiale. Je vois très mal comment on peut rester sérieusement campé sur ce que l’on prend pour acquis, par exemple, l’abondance de l’eau.

    L’eau non seulement nous manquera, mais manquera à la chaîne de l’alimentation; le bétail, l’agriculture, etc.. Même le moustique a sa part d’importance dans les maillons de la chaîne.

    Oui, le chanvre, je connais, il y a un champs à 5 minutes de chez moi.

    Pour ce qui est de l’argument que l’on donne habituellement, je vous dirais cher camarade, ne désespérez pas, soyons réalistes et exigeons l’impossible! Volé à Che Guevara…

    Nous n’avons pas à attendre ce messie qui ne viendra jamais, exigeons tout de suite ce que l’on veut, en tant que peuple, en tant que majorité si tel est le cas, après la conscientisation massive qui s’impose malheureusement avant ce constat.

    Néanmoins, le capitaliste est à son apogée, n’est-il donc pas temps de se remettre à chanter l’Internationale, question de donner le « beat » aux autres?

  7. En tant que peuple, je veux qu’on développe de l’éthanol cellulosique et que nos cultures se diversifient du simple maïs et des élevages animaux, qui sont les plus gros consommateurs d’eau dans le domaine agroalimentaire.

    D’ailleurs, je tiens à rappeler que, bien contrôlé, l’agriculture urbaine peut profiter des eaux usées des villes. C’est employé partout dans le monde; en Inde, par exemple, on utilise des eaux semi-traitées pour de l’élevage de poissons. Par contre, il faut faire attention avec les risques de contamination et savoir les contrôler. Cela a contribué à des épidémies en Amérique du Sud dans le passé.

    Le second problème va dans la principale alimentation mondiale: le riz. Selon l’Australie, c’est la culture qui emploie le plus d’eau, après les élevages animaux. En plus, c’est la principale source d’alimentation des pays du Tiers-Monde. Il faudrait commencer à trouver des cultivars qui ont des rendements à la quantité d’eau plutôt que juste des rendements bruts… Mais les ***** de spéculateurs idiots ont monté le prix du riz, ce qui n’aide pas ce genre d’initiatives. Ce libre marché de mes deux pourrait donc tuer quelques millions de personnes, par manque d’eau ou de nourriture.

  8. internationaliste

    Les libéraux fédéraux ont tellement peur d’aller en élection et de perdre encore qu’ils sont prêts à soutenir les politiques des conservateurs et prétendre représenter une alternative « progressiste » au gouvernement Harper.

    Tout ceci démontre bien les limites du cirque parlementaire ou l’opposition met généralement en pratique les politiques qu’elle dénonce quand elle prend le pouvoir.

  9. sylvainguillemette

    Jusqu’à ce que nous prenions le pouvoir, nous, les prolétaires, camarades.

    Si en plus d’être très consommatrice en eau, n’oublions pas que la production porcine et bovine est aussi la plus polluante au monde, plus que le secteur pétrolier encore.

    La Terre n’était peut-être juste pas faite pour accueillir tant d’êtres humains, 7 milliards d’individus demandant nourriture et eau, luxures et oisiveté, ça fait de la grosse demande ça.

    Bref, un constat d’échec s’impose malheureusement, ou heureusement. Le système tombera enfin, ou il deviendra plus fort, les élites pourraient vouloir préserver leurs privilèges et les solidifier.

    Le changement doit se faire et les prolétaires doivent imposer leur dictature marxiste, afin que les priorités de la communauté internationale, et je n’entend pas parler des gouvernements capitalistes ici, soient mises en oeuvre, au dépens des parasites minoritaires que sont les bourgeois.

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