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Le syndicat des policiers de la Sûreté du Québec, l’Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ), va déposer un mémoire devant la commission parlementaire chargée de modifier la Loi sur les policiers et la carte policière de la province (projet de loi C-60). La proposition suggérerait de transférer dans les rangs de la SQ tous les policiers municipaux des villes de moins de 100 000 habitants.  

Le ministère de la Sécurité publique du Québec, selon certaines sources, serait favorable à une telle réforme.  On prétend que l’uniformisation et la professionnalisation du métier en seraient bonifiées.   

Mais quel réel avantage en découlerait?  Plusieurs municipalités de moins de 50 000 habitants se plaignent déjà des services de la SQ sur leurs territoires.  Cela diminue les coûts associés au maintient de l’ordre public, mais la présence policière est moins visible et, par le fait même, moins efficace. 

Il semble évident qu’advenant cette éventualité, la SQ négligera les rues de quartier afin de se concentrer sur les principaux axes routiers. Aussi, il y a le problème des délais d’intervention car les QG locaux de la Sûreté du Québec vont desservir des territoires plus vastes.  

Au niveau éthique, la possibilité d’un tel regroupement soulève des questions.  On se souvient de l’affaire Montebello, dans laquelle la SQ a été prise les « culottes à terre » avec son infiltration maladroite de la troupe de manifestants pacifiques.  Suite à cet incident qui a confirmé les tactiques douteuses de la SQ, on ne devrait même pas songer à étendre le mandat de ce service de police.

Autre risque à envisager : une perte du contrôle interne des policiers.  La présence d’autres corps de police sur le territoire provincial permet un contrepoids assurant la population d’une transparence policière.  Si la SQ domine l’ensemble du Québec, il est possible qu’on cherche à camoufler des abus, des bavures ou des tentatives de corruption afin de ne pas entacher le service.

En somme, ce projet d’unification des forces d’ordre public à l’avantage de la SQ dans une majorité des municipalités du Québec est une mauvaise idée.  Les monopoles ne sont pas à encourager, particulièrement en ce domaine. S’il est adopté, on se rapprocherait de plus en plus d’un véritable État policier.

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