Mots-clefs

, , , , ,

Les chirurgiens-dentistes ne manquent pas d’aplomb.  Ils menaçaient de charger plein tarifs aux enfants de moins de dix ans et aux assistés sociaux pour leurs services.

Cette semaine, après un ultimatum de 30 jours envers le gouvernement, 70% des dentistes se sont désaffiliés de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) car ils considèrent que leur rétribution moyenne (estimée de leur part) de 10$ par intervention après déduction de tous les coûts d’opération est insuffisante.

En riposte, le ministre de la santé, Philippe Couillard, a menacé d’imposer un décret fixant les tarifs actuels à ceux de 2003 si une entente n’intervenait pas avant le 4 avril. 

Le président de l’Association des Chirurgiens Dentistes du Québec, Serge Langlois, juge qu’il est inapproprié de la part de l’État de demander aux dentistes d’assurer les coûts d’un système public.

Cependant, ces spécialistes devraient tenir compte d’autres facteurs.  Le ministère de l’éducation finance en grande partie les études supérieures par le biais des impôts que paient justement les parents des enfants que l’on menace.  Partout, en Amérique du Nord, les coûts d’études en chirurgie dentaire sont beaucoup plus dispendieux, mais les dentistes ignorent cet avantage dont ils ont bénéficié et devraient au contraire remercier les québécois en procédant à des consultations à moindres tarifs pour les personnes les plus vulnérables de la société. Sans compter que ces clients ne constituent qu’un dixième de toute leur clientèle.

S’il y a une attitude irresponsable et égoïste dans cette histoire, c’est bien celle des chirurgiens-dentistes.  Avec un salaire moyen dépassant 120 000$ par année, et même souvent plus, ces derniers ne sont pas à plaindre. Afin d’accroître leurs pécules, ils sont maintenant prêts à opérer un odieux chantage sans considération des besoins d’une population qui a permis l’obtention de leurs diplômes à moindre frais.

Publicités