Le gouvernement libéral annonce en grande pompe l’établissement d’un programme d’un demi-milliard$ favorisant la réinsertion au travail de 50 000 prestataires d’aide sociale. On soulève la rareté future de main-d’œuvre au Québec et donc l’urgence d’intégrer les sans-emplois chroniques.  Plusieurs ont salué la démarche, comme l’a fait, contre toute attente, la présidente de la CSN.  Mais quelles sont les réelles intentions derrière ce Pacte pour l’emploi? 

« On va mettre au travail tous ceux qui veulent travailler » a affirmé bêtement le premier ministre Charest, comme si ceux désirant travailler ne pouvaient le faire en période de prospérité économique.  Il propose des mesures financières incitatives afin de rendre plus intéressant un travail au salaire minimum que la réception d’un chèque d’aide sociale à chaque mois, comme si cela n’aurait pas été tenté dans le passé.

Les entreprises seraient aussi appelées à contribuer financièrement à ce plan afin de combler leur manque de personnel.   La présidente de la Fédération des chambres de commerce, Françoise Bertrand, a applaudi cette nouvelle politique à l’emploi et on se demande bien pourquoi.

Bien sûr, on comblera possiblement bien des postes vacants avec de telles mesures, mais il est naïf de croire que des salaires à 8.55$ de l’heure, nettement insuffisants devant le coût de la vie, permettraient une rétention des travailleurs dans un contexte de manque de main-d’œuvre.  Pourtant, les entrepreneurs pourraient aisément y parvenir en haussant les salaires au lieu de chercher le soutient financier indirect de l’État qui ne serait en fin de compte qu’une subvention déguisée. Leur intérêt réside seulement en cela.

Pourquoi ne pas simplement hausser le salaire minimum de façon substantielle?  Mais de toute évidence, le monde des affaires s’y oppose car il paierait à lui seul la facture sans une injection de fonds gouvernementaux.  On n’a pu le constater avec les montées aux barricades du Conseil du Patronat du Québec (CPQ) à chaque augmentation du taux horaire minimum au Québec.

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