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Cette semaine, le chef de l’ADQ a émis deux déclarations qui laissent perplexes et démontrent les penchants réactionnaires de son parti. 

La première : il s’oppose à la volonté du gouvernement libéral de ne pas multiplier les effectifs de répression policière qu’il aurait pu faire à l’aide d’un transfert fédéral à cet effet vers le Québec de 93$ millions sur cinq ans.  Le ministre Jacques Dupuis étudie le dossier et affirme que l’administration libérale utilisera ce montant comme bon elle lui semble.

Plusieurs portefeuilles de l’État, comme la santé ou l’éducation, sont en manques chroniques de financement et le fait d’augmenter les forces policières serait malvenu dans un contexte de sous-investissement de ces secteurs sociaux.

Mais que cela ne tienne, l’ADQ tient mordicus à augmenter le nombre d’agents de la paix tout en promettant, si elle obtient le pouvoir, de sabrer dans les budgets ainsi que de privatiser les services et les organismes publics tout en s’attaquant au monde syndical.  Cela traduit aussi un illogisme de son programme politique: pendant qu’on désire réduire la taille et l’interventionnisme du gouvernement, on suggère une police étatique plus imposante!  Finalement, on aggravera les inégalités sociales, la pauvreté et la criminalité que l’ADQ réprimera avec une force de l’ordre accrue afin de protéger les intérêts de ses contributeurs, c’est-à-dire les supers riches, dénigrant tout ce qui est progressiste.   En fait, une nouvelle ère Duplessiste avec ses répressions sanglantes contre les mouvements ouvriers et sociaux.

La deuxième déclaration : Dumont a préconisé un gel de l’immigration devant le rapport de l’Office québécois de la langue française (OQLF) prédisant une future diminution du fait français, particulièrement à Montréal, si le Québec continue à accueillir 55 000 immigrants par année.  Pourtant, Statistique Canada a affirmé que la place du français dans l’ensemble de la province a demeuré stable entre 2001 et 2006. 

Certes, il faut agir afin de permettre l’augmentation de l’utilisation du français dans la société québécoise, mais ce n’est pas en se refermant sur lui-même que le Québec fera des avancées positives sur le plan démographique (à balance négative), à moins de revenir à l’époque auto-procréative de Duplessis.  Il y a d’autres solutions : comme l’investissement d’argent supplémentaire pour l’intégration des immigrants et la mise en place d’avantages fiscaux incitatifs aux francophones de part le monde désirant immigrer chez-nous.

L’ADQ monte en épouvantail les craintes du subconscient collectif québécois de perdre du terrain devant les « étrangers ».  On joue sur les peurs primitives et on dénigre les autres cultures en espérant recueillir un jour assez de voix pour obtenir le pouvoir.  De plus, ce parti vise au démantèlement quasi-total de l’État et par ricochet de la justice sociale.  Davantage de privé, davantage de profits pour les entreprises, davantage de richesses pour les nantis tandis que l’ordre social vacillant sera maintenu avec un appareil de répression rehaussé tenant fermer le couvercle de la marmite des injustices sociales exacerbées.

Voilà, en somme, la vision réactionnaire à l’inspiration duplessiste de l’Action Démocratique du Québec.
 

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