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Le chef de l’Action Démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, a encensé les conclusions de Claude Castonguay devant une foule de gens d’affaires de la Chambre de commerce et d’industrie de l’est de l’île de Montréal applaudissant la nouvelle manne de profits que pourrait rapporter l’application des solutions de ce rapport.

On aurait pu croire que le citoyen moyen serait enjoué à la suite de la publication de ce document, mais c’est chez les entrepreneurs attirés comme des vautours vers le domaine de la santé que l’on retrouve le plus d’approbation.

Dans le cercle des parvenus du clan Dumont, on approuve l’approche du rapport, sauf, évidemment, en ce qui concerne la hausse de la taxe de vente qui va à l’encontre de la droite économique à la sauce conservatrice de l’ADQ qui a en horreur toute taxation de l’État.

Mario Dumont acquiesce à la proposition d’une franchise, un ticket modérateur camouflé, qui fixe finalement un prix aux soins de santé.  Vous avez mal quelque part, mais votre situation financière est un peu précaire dans les temps qui courent?  Alors vous vous direz : cela peut attendre.  Mais si votre douleur a pour origine un cancer ou une autre affection grave, la maladie progressera et coûtera finalement plus chère à vous (la mort?) et à la société.

Même si on donnait la possibilité aux médecins de pratiquer à la fois dans le public et le privé, monsieur Dumont nit qu’un drainage vers le privé des infirmières ou des techniciens spécialisés s’opérera avec la progression de la prépondérance de la santé commerciale.  Mais sur quels faits se réfère-t-il lorsqu’on sait que c’est justement les manques de personnel de ces catégories d’employés qui freinent l’accessibilité?  Comment l’avènement d’un système parallèle privé dans le cadre proposé peut aider à résorber ce déficit particulier de main-d’œuvre? C’est mathématiquement impossible, voilà tout.

Les riches amis de Dumont sont prêts à payer plus pour passer plus vite dans le privé au lieu d’attendre leur tour dans les listes d’attente. Ce serait une injustice flagrante. On devrait respecter un minimum d’équité et d’éthique sociale en imposant les hauts salariés avec un impôt spécial sur la santé. Après tout, ils clament qu’ils ont les moyens de débourser plus contrairement à l’ensemble du reste de la société. Alors qu’ils allongent les dollars afin de soutenir le système public et les rentrées monétaires subséquentes permettront la résolution des longs délais des listes d’attente et tout le monde y gagnera en accédant plus rapidement aux services de santé publics.  

En fait, pas de passe droit pour les nantis lorsqu’il est démontré que les personnes pauvres sont plus malades que les richissimes citoyens. La justice sociale en santé est un droit inaliénable au Québec et se veut non négociable. Que l’on s’en souvienne…

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