À l’attaque de la forteresse de la santé publique

Cette semaine, l’élan de la privatisation a pris sa vitesse de croisière et les cliniques privées viennent de s’introduire dans le régime de santé public.

L’entreprise commerciale Rockland MD a effectué les premières interventions chirurgicales déléguées par un hôpital public (Sacré-Coeur) et le ministre Couillard se félicite de la tournure des événements en promettant que cela se reproduira encore plus dans l’avenir.

Le plus incompréhensible est que ces services privés sont plus dispendieux à l’État et qu’on pourrait aisément réduire leurs coûts en investissant dans des salles d’opérations publiques en manque chronique de financement.

Ces dernières années, les libéraux ont délibérément négligé des investissements en santé pour laisser se détériorer le réseau et permettre ainsi l’utilisation de ressources privées. 

De plus, le déplacement de main d’œuvre vers le privé sera inévitable avec l’effet concurrentiel des salaires plus élevés dans les cliniques commerciales, et en conséquence la crise budgétaire du ministère de la santé et la détérioration de la qualité des soins dans le public atteindront leur paroxysme, comme je le citais dans mon billet Une médecine à double tranchant.

La santé devenant un marché de plus en plus lucratif avec le vieillissement des baby-boomers, il est évident que le privé louche de ce coté. Une fois le pied dans la porte, le processus de privatisation ne pourra s’arrêter.

En fait, il s’agit d’un assaut en règle contre tous les acquis sociaux des Québécois.  La santé publique est l’assise de la justice sociale au Québec et les hommes d’affaires le savent très bien. En faisant tomber cette forteresse, tous les autres services publics suivront (éducation, travaux publics, etc.)

Le pouvoir de l’argent cherche à tout acquérir, même au prix de la santé et de la vie des personnes les plus démunies.

16 réflexions au sujet de « À l’attaque de la forteresse de la santé publique »

  1. On dirait que les politiciens néolibéraux sont tellement contents de mettre la hache dans le système de santé publique qu’ils s’en fichent de gaspiller des fonds publics pour financer les soins privés.

    Tout ceci démontre on ne peut plus clairement que la privatisation de la santé est loin d’être moins coûteuse.

  2. @Internationaliste

    Et tout le reste suivra… tu verras.

    La santé est le gros morceau à avaler. Le reste sera du gateau pour le privé avec l’ADQ et L’IEDM qui nous martèlent les bienfaits du privé (mais sans parler du prix à payer)

  3. Je peux te dire aussi que les compagnies d’assurances sont impatientes d’envahir massivement le domaine de la santé. J’ai travaillé deux ans en assurances collectives et la possibilité d’élargir le champ du secteur privé est extrêment alléchante pour les patrons de l’assurance.

  4. Le plus incompréhensible est que ces services privés sont plus dispendieux à l’État

    Ah oui??… J’aimerais bien connaître les coûts unitaires des actes chirurgicaux dans chacun des hôpitaux du secteur public. Pour faire une telle affirmation, tu dois bien les connaître, non?

    Une partie du problème est là: ces informations-là ne sont pas disponibles ou presque pas. Il n’y a aucune appréciation ou évaluation financière rigoureuse de la performance du système de services de santé et de services sociaux. On ne sait pas où on s’en va. Le système est mené par des idéalistes incompétents qui s’amusent avec l’argent du peuple.

    Je suis bien d’accord avec les beaux idéaux théoriques de l' »universalité des soins » mais leur mise en pratique ne nous dispense pas de gérer le tout avec la plus intense rigueur…. ce que notre MSSS est incapable de faire, à l’évidence. L’ouverture de ces cliniques privées est bien la triste preuve de la faillite de nos bureaucrates à livrer un système de santé et de services sociaux performant et rigoureux financièrement.

  5. @Arnold S.

    C’est une évidence. Les salaires plus élevés du personnel dans le privé et la quote-part de profit pour les propriétaires de ces cliniques engendrent nécessairement un coût plus élevé en comparaison au même service desservi dans le public.

    C’est un simple calcul mathématique.

    Je voulais te dire Arnold, j’aime bien tes interventions sur ce blogue. Tu remets en question les valeurs de la gauche et c’est très bien comme ça. Cela nous permet de nous perfectionner et d’évoluer.

    Je souhaite revoir encore tes commentaires sur « Pour que Demain soit ».

  6. Je pense que le but du billet de Jimmy est de démontrer que c’est faux de prétendre que le privé coûte moins cher. Il ne s’agit pas de dire que les services publics ne coûtent rien, mais de mettre sur le nez des adeptes de la privatisation à tout crin qu’il y a un coût derrière ça.

  7. Il y a un grand nombre de gens qui sont en faveur des PPP dans le domaine de la santé car, à leur avis, la bureaucratie gouvernementale (MSS, CRSSS, etc…) n’est pas capable de gérer les fonds publics de façon efficace. Je suis d’accord avec ce point de vue jusqu’à un certain point. Si les défenseurs du réseau public veulent prouver que les services de santé doivent demeurer sous la gestion de l’état, il faudra – une fois pour toutes – apporter de vraies solutions pour améliorer la prestation de services. J’ai eu l’opportunité de travailler avec des directions d’hôpitaux et une régie régionale dans le passé et c’est vrai qu’il y a parfois du gaspillage. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain…

    Il est donc primordial que les hauts-fonctionnaires du MSSS appliquent de saines règles de gestion et explorent sérieusement de nouvelles pistes d’économie. La proposition de Jean-Claude Saint-Onge (reprise par Québec solidaire) visant à regrouper l’achat des médicaments utilisés par les établissements de santé amènerait des économies d’environ 1 milliard annuellement… Ça prend une volonté politique pour « contrôler » l’industrie des médicaments, ce que le PLQ et le PQ sont incapables de faire car ils ont tissé des liens avec le lobby pharmaceutique. Quand il faut prendre soin des amis…

    Je suis d’accord avec toi Jimmy lorsque tu dis que le système a été négligé et qu’on se sert maintenant des ratés du système pour vanter l’arrivée du privé. C’est toujours le même discours: le privé fait mieux. Rockland MD n’est que le début d’une série d’ouvertures d’entreprises de la santé. Des amis du PLQ et du PQ sont prêts à s’impliquer dans ce domaine, notamment Michel Clair (groupe Sedna) et Marcel Côté (Rockland MD, groupe SECOR). Les « think tanks » de la droite économique comme l’IEDM et Cirano sont également favorables aux idées de leurs alliés: Jacques Chaoulli (Groupe Chaoulli), Claude Castonguay, Claude Montmarquette, etc…

    Beaucoup de fric en jeu ici. Encore une fois, au lieu d’amener des idées constructives pour assurer la croissance économique de notre pays, nos entrepreneurs ne manquent pas d’idées pour s’approprier le patrimoine collectif. Comme le PLQ et l’ADQ sont en faveur du privé, il est essentiel que Pauline Marois et Bernard Drainville se lèvent haut et fort pour arrêter cette hémorragie. Le docteur Khadir a besoin d’aide pour faire passer le message à la population!

  8. @Lutopium

    Un système totalement public peut fonctionner. Cuba en est la preuve, malgré ses moyens limités.

    Néanmoins, tu as raison. Le réseau public doit effectuer des stratégies afin d’économiser les ressources financières pour améliorer les services.

    De plus, le privé n’est pas plus économique. Aux États-unis, la santé coûte plus chère en rapport au nombre d’individus (voir mon billet : https://pourquedemainsoit.wordpress.com/2007/07/07/la-petite-demagogue/ ).

  9. « La santé est le gros morceau à avaler. Le reste sera du gateau pour le privé avec l’ADQ et L’IEDM qui nous martèlent les bienfaits du privé (mais sans parler du prix à payer) »

    -Et des principes avant tout.

    Bref, vous êtes tous d’accords avec moi sur une chose, la gestion fût médiocre et c’est volontairement que tout s’est mis en place. C’est du sabordage, la seule différence entre les deux Privé-Public, la gestion. Ce n’est donc pas un argument de taille pour tasser l,un au dépend de l’autre. surtout qu’en réalité, le panier du système public où l’argent se retrouve, est remplacé par un bourgeois dans le système privé. Or, le partage des richesses n’y est plus, c’est même loufoque d’affirmer le contraire!

    Pharma-Québec est je crois, l’une des solutions. Non seulement on réinjecte de l’argent dans le système public, mais on fait également baisser le coût de la médication, comme en Nouvelle-Zélande il fût baissé de près de 70%. Ce n’est pas théorique, c’est quelque chose qui existe déjà, ailleurs.

    Le privé est un leurre, une autre astuces des seigneurs de guerre économique, afin de diversifier leurs intérêts et leurs sources d’exploitation. Bienvenue à l’exploitation de la misère humaine, nous dit en souriant le docteur Couillard, lécheux de culs de bourgeois et de lobyistes concernés.

  10. Comme le souligne Jimmy, Cuba est un pays du tiers monde qui peut en apprendre beaucoup à nos imbéciles d’imposteurs, soit-disant serviteur du peuple. C’est bel et bien le Ô Capital qu’ils servent, et leurs chevaliers.

  11. Et surtout, surtout, regardons ailleurs ce qu’a pu faire le privé, que ce soit en santé, ou la simple privatisation de l’eau à Détroit, etc.

    C’est simple, dès que c’est privé, il y a exploitation. Prouvez le contraire…

  12. C’est étrange, mais je n’entends parler de l’IEDM que depuis quelques mois.

    L’IEDM, c’est une mode. Une mode passagère qui propose des idées simplement irréalisables et inefficaces. Pire, parce qu’ils savent que leurs idées sont irréalisables, ils savent que l’on ne peut prouver hors de tout doute qu’elles sont inefficaces.

    L’IEDM, c’est des comptables brillants avec les chiffres et pas très brillants avec le reste, et qui essaient de vous faire croire que leurs solutions sont meilleures pour vous.

    Pour la bulle du privé, un truc que je me suis toujours questionné: qu’apportera le privé plus fort? On a DÉJÀ un secteur privé au Québec. Le problème principal, c’est le manque de main d’oeuvres. Un médecin privé c’est un médecin public de moins, alors ça ne règle pas le problème de main d’oeuvre. Une infirmière privée fait moins d’heures et coûte plus cher qu’une infirmière publique, si bien que l’Ordre des infirmierEs commence à s’inquiéter du problème. Les hôpitaux sont obligés d’offrir de meilleurs horraires aux nouvelles infirmières pour qu’elles ne songent pas à se vendre aux entreprises, et amortissent ce manque d’heures sur les infirmières avec plus d’expérience.

    La seule idée du privé qui pourrait être intéressante est au sujet de louer les centres chirurgicaux des hôpitaux lorsqu’ils ne sont pas demandés pour que des chirurgiens du système public effectuent plus d’opérations. Mais encore là, le problème n’est pas dans le fait que le système soit public. Le seul problème est que les limites de chirurgies sont trop contraignantes.

    Notre système a des ratées à changer. La première est le manque de personnel. Privé ou public, ça ne change rien, et je suis tenté de dire en regardant les salaires que le système public est plus efficace. Mais ne cachons pas nos problèmes: manque de personnel et contraintes trop sévères. Il faut repenser notre système public pour l’adapter aux nouveaux défis de la médecine (vieillissement de la population) dans le but de l’améliorer et former plus de médecins, ainsi que de jolies infirmières (que l’on peut former pour pratiquer certains actes que les médecins feraient).

    Et surprise! C’est ce que nous faisons! Alors au lieu de critiquer bêtement, reconnaissons que nous sommes sur la bonne voie pour améliorer notre système de santé et suivons-la! Pour une fois qu’on est sur la bonne.

  13. Bonjour Jimmy,

    Merci pour les bons mots!
    J’ai découvert ton blog récemment et j’apprécie également tes analyses car elles offrent toujours matière à réflexion. Il faut continuer.
    Et comme disait l’autre, du choc des idées, naîtra la lumière!

  14. manx1 a écrit: Mais ne cachons pas nos problèmes: manque de personnel et contraintes trop sévères

    ____________

    Faut prendre le manque de personnel avec un grain de sel. Je pense même que c’est un faux problème.

    En fait, il ne manque pas d’infirmières diplômée au Québec, le problème c’est qu’elles quittent la profession par centaines tellement les salaires et les conditions de travail sont pitoyables au Québec. On a bien tenté d’en faire venir de France, mais l’expérience a été catastrophique. Il y a tout plein d’infirmières qui se sont recyclées en waitress, esthéticiennes, vendeuses, masseuses, etc.

    Il y a aussi un autre (faux) problème avec les ordres professionnels. Le protectionnisme de l’OIIQ (et du CMQ) est tellement systématique et souvent absurde que l’on se trouve dans la situation où un M.D. dûment formé (mais à l’extérieur du Qc) doit travailler comme brancardier ou chauffeur de taxis pour survivre. C’est ridicule.

    Il va aussi un jour avoir le courage de mettre nos (p’tites) culottes et s’interroger sur la féminisation de la profession de MD. D’accord, Madame Dr veut se payer une belle qualité de vie, travailler 32.5 heures par semaine dans petit CLSC, mais cela ne veut pas dire que nous, pauvres tarés de malades dans les salles d’attente, devons se taper 3 ou 4 heures d’attente parce que nous (soi-disant) manquons de médecins. Un médecin est un professionnel, un docteur, et son devoir premier est de soigner la population. Un professionnel, ce n’est pas un Ti-Jo Syndiqué. Si cela signifie donner des bourrées de travail de 45-50 heures par semaine, qu’il ou elle le fasse, il ou elle sera payé et qu’elle se ferme la g*ul*. Je trouve leur attitude quelquefois révoltante et irresponsable.

    Certains devront toujours en faire plus que d’autres dans une société…. et ce, même dans une société égalitaire….

    Ceci étant dit, il faut admettre que les salaires payés aux médecins sont tellement faibles et les conditions de travail pas très faciles, qu’eux aussi quittent la province par centaines au Québec.

    Nous nous trouvons donc dans une situation délicate et paradoxale: pour pallier à la pseudo-pénurie, nous devons de plus en plus faire venir des professionnels immigrants au Québec, qui seront prêts à accepter les mauvaises conditions de travail et les petits salaires, pendant que nos bons gros Drs québécois bourgeois dodus s’en iront travailler en Alberta ou aux États faire des tonnes de fric.

    Bref, c’est ça! À part de ça, on a de la neige ici! 😉

  15. Hehehe beaucoup de contenu là aussi!

    Mais woooow! Deux secondes. Entre le médecin et le travailleur syndiqué, il y a un monde de différences.

    Premièrement, un médecin en clinique privé a actuellement l’horaire qu’il veut. On accomode beaucoup les médecins et infirmières au niveau des heures, parce qu’on veut qu’ils restent.

    Deuxièmement, le mythe du médecin qui quitte le Québec vient s’ajoute à la mythologie grecque. Je tiens à le dire: ON FORME LES MEILLEURS MÉDECINS DU CANADA DEPUIS 10 ANS. À l’université de Sherbrooke avant, à l’UdM maintenant. Il est normal que des gens viennent essayer de nous enlever les meilleurs médecins.

    La question des médecins venus de l’étranger est particulière. Par contre, le gouvernement Charest a lancé un programme la semaine dernière pour que les ordres facilitent les admissions. l’OIQ (dont je vais faire partie l’an prochain… section étudiante -_-) se réjouit de la nouvelle, d’ailleurs, ainsi que plusieurs autres ordres.

    Par contre, pour un médecin, la question est complexe. C’est le cas aussi des ingénieurs. Avant d’accepter quelqu’un dans l’ordre, il faut avoir la preuve HORS DE TOUT DOUTE qu’il a les connaissances nécessaires pour pratiquer la médecine selon nos normes. Un médecin Chinois aura une connaissance différente d’un médecin de McGill. Il faut faire des équivalences, voire reprendre une partie de son internat, mais c’est nécessaire pour comprendre la particularité d’un système de santé.

    Oui, le procédé devrait être simplifié. Oui il est nécessaire. Non, ce n’est pas normal qu’un type capable de poser un diagnostic médical ne puisse pas avoir une carrière d’avenir supérieure à « chauffeur de taxi ». Mais on parle d’un domaine de protection du public, ou l’on joue avec la vie des gens. C’est pourquoi la question devient très complexe (c’est pourquoi c’est dur d’obtenir une équivalence d’ingénieur aussi, car nous fabriquons des systèmes qui ont un impact important sur la vie des gens. C’est pourquoi il faut aussi 2 ans sous la tutelle d’un ingénieur, après un BAC de 4 ans, pour pouvoir signer ses propres projets).

    Pour continuer, on a le problème de la santé des villes et de la santé des champs. Montréal arrive assez bien à pallier à sa demande et les médecins travaillent bien, mais si peu d’entre eux sont prêts à aller en région (malgré nos incitatifs – salaires meilleurs, horaires de travail, etc.) que l’on a une pénurie dans les régions. Et ça, je crois pas que le privé n’y règle quoi que ce soit. Le gros problème vient du coeur et des médecins. Sont-ils prêts à prendre la relève là ou il y a des patients dans le besoin?

    Mais bon, tout ça c’est des questions que je laisse aux analystes professionnels de la santé. Honnêtement, le débat rendu plus loin est particulièrement compliqué… Et tout ce qui a été tenté pour favoriser les médecins en régions a été, à un certain niveau, décevant.

  16. @Arnold S.

    Bien des québécois expatriés aux États-Unis ou en Alberta, la nouvelle terre promise, reviennent au Québec, même si les salaires sont plus élevés là-bas, et pour une bonne raison: bien qu’ils gagnent plus pour les mêmes emplois, le coût de la vie est beaucoup plus élevé (immobilier, santé…) qu’au Québec. Par ailleurs, le climat social est fort différent. Un de mes amis d’enfance habite à Chicago, et lorsque le soleil tombe, il me dit qu’on est mieux de rentrer chez soi que de se promener seul.

    De plus, j’ai des amis infirmiers, et certains gagnent au dessus de 30$/h, soit 60 000 et plus par année. Pas assez payé? Je trouve que c’est pas mal. La moyenne au Québec est de 30 000$…

    La même chose pour les médecins qui menacent de partir. En comparaissant les avantages sociaux de vivre au Québec et le coût de la vie, ils changeraient d’avis.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s