Économie américaine : le point de rupture à l’horizon?

Un vent de panique s’est installé de l’autre coté de la frontière.  La baisse de 0.75% du taux directeur de la FED traduit une inquiétude face à la santé de l’économie américaine. 

Dans le passé, l’injection de fonds publics dans l’activité économique par l’entremise de grands projets, les baisses d’impôts et la réduction des taux d’intérêts ont permis de sortir de la plupart des crises et récessions.
Mais aujourd’hui, ces anciens remèdes pourront difficilement s’appliquer. La crise du subprime, l’endettement généralisé des consommateurs et la dette intérieure astronomique du gouvernement fédéral ont acculé les États-Unis au pied du mur et une voie de sortie est de plus en plus inaccessible. 

Il ne serait pas surprenant de voir redescendre le taux directeur à 1%, comme cela a été le cas il y a quelques années, qui réduirait encore plus la marge de manœuvre du gouvernement américain.  De plus, il faut compter l’écart dans la répartition de la richesse qui s’est aggravé depuis 10 ans et qui rend inopérante toute baisse d’impôt ponctuelle.   

L’interdépendance économique planétaire se remettrait mal d’un embourbement de l’économie américaine.  En exemple, la Chine perdrait l’un de ses gros clients et s’enfoncerait elle aussi dans le marasme. 

Le capitalisme néolibéral a abattu pratiquement toutes les barrières au développement du commerce et de l’industrie en imposant une déréglementation des marchés et l’intégration des diverses économies nationales.  Et c’est peut-être ce qui causera sa perte, car maintenant, il ne possède que peu de leviers économiques afin de relancer la croissance.

AJOUT AU 30 JANVIER 2008: La banque centrale américaine abaisse son taux directeur d’un demi pourcent.  Il est maintenant à 3%. Quand ça va mal…. 

AJOUT AU 31 JANVIER 2008: Les pertes d’emplois aux États-Unis dépassent les créations d’emplois pour la première fois depuis 2002.

10 réflexions au sujet de « Économie américaine : le point de rupture à l’horizon? »

  1. Salut Jimmy,

    Tu prends tes désirs pour des réalités. Il ne faut pas tomber dans le catastrophisme et l’économie américaine ne se dirige pas du tout vers sa perte.

    L’économie évolue selon des cycles et les USA se dirige vers le creux d’un cycle. Rien de plus, rien de moins. C’est comme ça.

    Il y a autant de chances que le système américain s’effondre que le vent cesse de souffler.

    Les pays occidentaux (à l’exception de la France, un pays retardataire) comprennent beaucoup mieux le fonctionnent du marché et on peut dire que le système capitaliste fonctionne beaucoup plus efficacement qu’il y a 30 ou 40 ans.

    Grâce à cette évolution, on peut observer une mondialisation des échanges industriels et financiers et un accroissement phénoménal de la richesse à travers le monde depuis cette période car beaucoup plus de pays participent au marché.
    Évidemment, rien n’est parfait et il y a encore beaucoup trop de pauvreté sur cette bonne vieille terre. Il y a du boulot.

    En fait, il y a un risque d’effondrement seulement si les gouvernements s’amusent à jouer aux apprentis-sorciers et à utiliser leurs « leviers gouvernementaux » pour corriger la situation.

  2. @Arnold S.

    Il ne s’agit pas de simples cycles répétitifs à l’infini. Il y a aussi des « cycles dans les cycles ».

    Il n’est pas dit que le capitalisme ne connaîtra pas un nouveau krach mondial. Crois-tu réellement que ce système est éternel? Il atteindra ses limites. Par ailleurs, tout système finit par atteindre son point de rupture pour laisser la place à un autre (exemple de successions : économie domestique pastorale, économie domaniale agricole, économie urbaine artisanale, économie de marché libérale, réglementée, néolibérale…).

  3. Resalut Jimmy,

    Merci pour tes commentaires.

    En fait, je pense que le capitalisme va effectivement connaître un nouveau Krach, mais pas parce tout système connaît un point limite.

    Le marché possède des mécanismes internes d’auto-ajustement et de self-healing mais les interventions que les gouvernements voudront faire (…pour bien faire) en cas de krach seront nécessairement maladroites et non-synchronisées et vont catapulter l’économie vers la catastrophe. La cause du krach sera donc les politiciens « débiles » (on les connaît bien: Charest, Bush, Sarko…) qui voudront faire du « bien » avec leurs mesures d’intervention. Mais ça ne marche jamais, et ça ils ne le comprennent pas.

    Ton exemple sur les systèmes n’est pas tout à fait correct. Voici pourquoi: les économies domestiques, tribales ou artisanales sont des systèmes fermés sur eux-mêmes et, par le fait même, sont donc condamnés, à plus ou moins brève échéance, à la disparition, à cause de la loi de l’entropie.

    Le marché moderne et l’économie libérale ne sont pas des systèmes comme les autres. Ils sont des grands systèmes complexes ouverts sur le monde, auto-organisateurs et auto-stabilisateurs. Les différents marchés sont en échange constant avec le monde entier. Ils ne sont pas soumis aux lois de l’entropie des systèmes fermés. Leur seule frontière c’est la terre elle-même. Il y a donc une grande marge de manoeuvre.

    Il y aura effondrement, oui, éventuellement, mais cela prendra du temps.

  4. @Arnold S.

    Oui, je connais le principe d’économie ouverte et fermée.

    Une remarque : l’économie de l’Empire romain était très échangiste, autant dans la méditerranée qu’avec l’Inde ou la Chine de l’époque. Il s’agit d’une parenthèse historique qui se compare très bien avec l’économie de marché moderne. Les ressemblances sont surprenantes et on y découvrent des méthodes de régulation qui sont utilisées aussi à notre époque: politiques monétaires, sociales et économiques.

    Et le marché romain s’est tout de même effondré, pour diverses raisons, malgré son caractère ouvert. Ce serait trop long de tout expliquer ici.

    Je t’invite à lire l’un de mes travaux universitaires de recherche à ce sujet :

    http://www.oboulo.com/evolution-civilisation-romaine-antique-23673.html

    De plus, le marché moderne est aussi plus volatile qu’avant avec la montée du prix des ressources, leur rareté (surtout pour le pétrole), les risques de conflits, les frictions culturelles et économiques. Pas certain qu’il s’autorégule si bien que ça.

  5. Le marché américain n’est pas nécessairement en déclin, mais il connaît une épreuve. Même lors des derniers krachs boursiers, l’économie américaine avait connu une croissance, du moins légère, à la fin de l’année. Ce coup-ci, on craint la récession.

    Et il faudrait blâmer l’État pour son intervention? Je ne vois pas beaucoup de monde qui viendront me dire que d’aider nos PME en leur offrant des avantages fiscaux nuit à notre économie. Mais bon, je suis plus ou moins ignare à ce niveau ^^.

    J’aime la position de Ray Anderson sur l’économie actuelle. Elle est fondamentalement « flawed » (je traduirais par le terme « insoutenable » – mais c’est discutable) à long terme, et il faut la changer. Ce sont les artisans de ce changement qui réussiront à performer dans l’avenir.

    Mais je n’ai pas trop de crainte quant à l’économie américaine. Il faudra simplement que le pays revoit sa vision de « création de richesse ».

  6. J’ai comme le sentiement d’être pris dans une conversation totalitaire, j’ai l’impression que le capitalisme fonctionne, ce qui est faux. Une majorité de « crève-faim », une pollution que le système n’a pas calculé (les coûts seront exhorbitants et l’humanité risque tout de même, malgré les dépenses, de sombrer dnas l’oubli, tout comme les dinosaures.), parce que que ça plaise ou non aux capitalistes, il y a un constat d’échec très sévère à émettre au sujet du capitalisme.

    Ce système sectaire où le Capital et son bourgeois prévaut sur le bon sens et au dépend de la masse ouvrière, le prolétariat, ne voit pas clair, Jimmy l’avait d’ailleurs bien indiqué dans un précédent billet. Ce systèmne a mené l’humanité au bord du gouffre, écologiquement parlant, vous devez le reconnaître, puisque la majorité d ela communauté scientifique, a émit consensus.

    Bref, c’est plutôt vous, Arnold, qui prenez vos désirs pour des réalités. Votre système capitaliste a échoué… C’est lamentable de prétendre que toute cette misère humaine globale, srait un signe de réussite pour le système qui protège encore les exploiteurs, éternels élites minoritaires et parasitaires. La démesure…

    Et je ne parle même pas ici de tous les crimes commis par l’impérialisme, voire fascisme, pratiqué désormais par les puissants capitalistes. Il y en a assez pour imposer des blocus comme à Cuba, pour au moins 1000 ans! Le capitalisme a tout fait, terrorisme, coups d’état militaires, armes de destruction massive, etc. Vous avez les mains sales, l’imposition d’une idéologie par la force n’est certes pas la meilleure voie de répandre votre évangile sectaire, qui louange le Capital et les bourgeois qui, sont minoritaires et parasitaires et bien entendu, non-méritants.

  7. Le réchauffement climatique est un fait scientifiquement prouvé, faites avec. Là, vous êtes très loin de la réalité prouvée scientifiquement et votre modèle de consommation ne tient pas la route, totalement déconnecté de la réalité. Essayez maintenant de limiter la consommation…

    De toute façon, votre secte capitaliste imposée, par de la propagande mensongère et par la force, ne tiendra jamais compte des changements climatiques, d’ailleurs votre Église, l’IEDM, prône la création de richesses, pour soit disant, mieux les partager, quoi encore!?!

    Complètement marteau les capitalistes, il est temps qu’ils se sortent la tête du sable les p’tites autruches, leur système coûtera peut-être, une espèce.

    Quant à moi, pour l’instant, le capitalisme est au banc des accusés et j’re tiendrai les évangélistes, personellement responsables.

  8. Là, le système économique états-unien, devra faire face aux changements climatiques et ça, vous ne le calculez pas, car les deux imbéciles de terroristes écologiques que sont Bush et Harper, ont adopté un programme écologique de sabotage de l’environnement, excusant des pollutions incomparables per capita. Mais vous, les capitalistes, devrez comme tout le monde, faire face au murs. Que vous y croyez ou pas, c’est là et c’est un fait, c’est tout de suite que nous devons agir et permettez-moi d’ajouter qu’il sera très difficile d’obtenir des paiements de quoi que ce soit, quand l’eau manquera, quand la chaleur intolérable, quand les problèmes s’aditionneront, comme je l’ai dis, totalement déconnectés de la réalité.

    « Héhoooo! Iceberg devant! »

    Ça vous rappelle quelque chose?

  9. @Manx

    Le subprime n’est pas le seul problème de l’économie américaine. L’écart entre riches et pauvres, le déficit commercial, par exemple, jouent aussi un grand rôle dans la crise actuelle. Il ne s’agit pas seulement d’un rééquilibrage. C’est le résultat d’un problème structurel de l’économie américaine.

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