Tel père, tel fils

Cet article a paru le 27 décembre 2007 dans le journal « Le Devoir ».

On pensait que l’ère trudeauiste était belle et bien enterrée. Bien non. Il fallait que la progéniture de Pierre Elliot Trudeau remette ça. Suite à la déclaration du gouvernement Harper admettant l’existence de la nation québécoise, il affirme qu’une telle reconnaissance est « une idée du XIXe siècle » qui divise le Canada.

Comme vision rétrograde, on ne fait pas mieux. La libre détermination des peuples, c’est-à-dire selon le concept de nation, est un principe fondamental des relations internationales du XXe siècle et la simple remise en cause de ce droit est un affront à la souveraineté des peuples.

Est-ce à dire que nous devrions nous soumettre à l’autorité fédérale sans mot dire? Si nous parlons une langue différente et avons une culture différente, cela ne nous donne-t-il pas le droit de gérer nos affaires à notre guise ou au moins d’avoir plus de liberté en rapport aux autres provinces?

À écouter Justin Trudeau, les québécois sont encore et toujours une population incapable de se gérer elle-même sans les grands frères « canadiens ». Il s’agit d’une croyance aveugle que la confédération canadienne est idéale et ne comporte aucun défaut.

Au lieu de perpétuer un système fédéral déficient, datant de la conquête britannique, que l’on « patch » au moindre problème, il faudrait redéfinir ses principes afin de créer un véritable regroupement conjuguant besoins nationaux autant que pan-nationaux. La communauté européenne, une union de pays aux cultures différentes, devrait servir d’exemple à Justin Trudeau comme une fédération réussie.

Par cette sortie publique, celui que l’on voit comme le futur chef du PLC, vient de s’aliéner le vote des « nationalistes mous » en s’obstinant dans la même vision que son défunt père. Une tactique naïve et peu stratégique qui pourrait mener à la disparition de ce parti au Québec.

Un édifice aux fondations défaillantes ne peut tenir debout. Il est préférable de repartir à zéro que de perpétuer quelque chose qui s’effondrera un jour ou l’autre. Mêmes certaines provinces de l’Ouest ont des partis séparatistes! En l’absence d’une refonte en profondeur de la constitution canadienne, la souveraineté semble alors la seule alternative viable pour le Québec.

Les conservateurs ont surpris tout le monde en reconnaissant le Québec en tant que nation. Il s’agissait sûrement d’une manœuvre électoraliste afin de recueillir plus de votes québécois au prochain scrutin. Néanmoins, ils ont démontré plus de compréhension que l’establishment du Parti Libéral du Canada, Stéphane Dion en tête, qui est pourtant un québécois de souche.

Ajout au 22 décembre 2007: Justin Trudeau se rétracte dans La Presse. Mais c’est trop peu trop tard. On connaît maintenant le fil de ses pensées envers la nation québécoise.

12 réflexions sur “Tel père, tel fils

  1. Sociétés et Décadence

    Sous les multiples pressions de son entourage et de celles des citoyens, tant québécois que « kénédians », il vient tout juste de se raviser et de dire qu’il s’était trompé. Voilà ce qui le différencie peut-être de son père… L’absence de tout jugement le différencie aussi de son père. Mais ça, c’est autre chose…

  2. Arnold S.

    Reconnaissons au moins à PET qu’il avait le mérite d’avoir les idées claires et une pensée structurée, rien de tout cela n’existe chez Pauline, Mario ou John.

    Avec Pauline, plus particulièrement, la situation redevient catastrophique. Nous retournons dans les marécages du ‘Nous’, des ‘de souche’, de ‘l’identité québécoise’… Toutes ces chimères qui ne servent qu’à appâter un pauvre peuple qui n’y comprend plus rien. Boisclair avait au moins compris que le seul nationalisme viable ne pouvait être que citoyen.

  3. Sociétés et Décadence

    Jimmy,

    J’ai plutôt tendance à être d’accord avec Arnold S. notamment en ce qui concerne Trudeau (le père) et Pauline Désarrois.

  4. Manx

    Mmmh… Je m’interroge quant à moi.

    C’est pensée courante au Canada que le Québec ne pourrait rien faire sans être dans le Canada. La motion adoptée à la chambre des communes sur la « nation Québécoise dans un Canada uni » le prouve. Selon le langage de cette phrase, le Québec n’est une nation reconnue que parce qu’il est dans le Canada. Sans le Canada, la nation Québécoise n’existe pas.

    Mais bon, cela est très rhétorique et joue avec les mots ^^. Pour les paroles de Justin, Come on! Qui parmi vous croyait qu’il ne le pensait pas? Il a simplement eu le mauvais goût de dire à voix haute qu’il était idiot. Pour le reste, je lui souhaite de se faire battre aux élections. De toute façon, en lançant ses paroles, il a déplu aux nationalistes et en les retirant, il a du piquer l’orgueil des Montréalo-anglophones extrémistes. Deux parties assez importantes de son électorat… Ce qu’il lui reste, ce sont les indécis.

  5. Sociétés et Décadence

    Le Québec peut TOUT FAIRE sans le Kanata. Mais, il y a un hic !

    Nous, les québécois, nous sommes trop peureux pour devenir et se comporter en adultes, en citoyens à part entière d’un pays, le Québec. Couards, nous préférons demeurer dans une fédération conçue pour les cons et les Royalistes.

    Et tant et aussi longtemps que les Québécois préfèreront écouter les émissions insignifiantes portant sur le sport, particulièrement le hockey, que l’on nous présente à la télévision, plutôt qu’écouter les quelques rares créneaux nous informant de l’exploitation de TOUTES LES PROVINCES KANADIAN, sans exception, par le gouvernement fédéral, NOUS NE SERONS MÊME PAS UN « PETIT PEUPLE » ! NON ! Nous sommes et, au rythme actuel, nous resterons des petits « provinciaux » soumis aux exigences pétrolières des divers gouvernements fédéraux qui se succèdent, mais qui défendent tous la même chose : le pouvoir de l’argent. Il en sera de même du gouvernement de « Stéphane Pion », s’il advenait qu’il soit un jour élu premier minime des Canadians.

    L’une des conséquences d’avoir peur de s’affranchir en tant que peuple, c’est de continuer de parler dans le vide sur la plupart des sujets politiques d’avenir, l’Environnement, par exemple. Car, en tant que petits provinciaux, nous n’avons pas le pouvoir de légiférer réellement sur ces politiques d’avenir : sur ces sujets et sur tant d’autres, nous sommes et resterons encore et encore de simples « sujets » kanadian…

    Alors, puisqu’il en est ainsi, grand bien nous fasse, en cette aube de l’année 2008…

    Joyeux Noël, Jimmy, ainsi qu’à toutes tes lectrices et à tous tes lecteurs.

    J’espère, enfin, que les réunions familiales et/ou amicales, si nombreuses en cette période des Fêtes, soient notamment l’occasion pour parler véritablement d’avenir. Non pas de celui du club de hockey Canadian, mais de celui du peuple québécois et de tous les autres qui vivent encore tant bien que mal sur cette planète…

    André Tremblay.

    P. S. :
    Jimmy, il est possible que je publie ce commentaire en guise de Vœux du temps des Fêtes. Je verrai…

  6. Sociétés et Décadence

    C’est fait, Jimmy: J’ai converti ce commentaire en billet sur mon blogue.

    Bon dimanche !

  7. Jimmy St-Gelais

    @Arnold S.

    Ce n’est pas parce que PET était limpide dans ses propos qu’il avait pour autant raison.

    @Manx

    Justin vient de perdre toute crédibilité. Il a fait une double gaffe en affirmant sa pensée et en se rétractant par après. Pas fort. Il mérite de se faire battre aux élections.

    @André

    J’aime bien ton analyse. Le hockey, loft story ou occupation double sont plus importants pour les québécois que leur avenir.

  8. Tym_Machine

    Comme vous le dites, la trudeaumanie est loin d’être terminée et si elle l’est, c’est à commencer par le Québec car nul n’est prophète en son pays, détrompez-vous, moi non plus, je suis loin d’être un fan des libéraux et de Justin Trudeau encore moins.

    Un sondage Ipsos-Reid nous apprenait l’automne dernier que 40% des ontariens s’apprêtaient à voter libéral aux prochaines élections même avec Stéphane Dion à leur tête. Ce 40% frisait le 50% si on remplaçait Dion par Justin Trudeau.

    Vous allez me dire, ouin mais c’est en Ontario, ainsi soit-il cependant il s’agit de la plus grosse province du pays.

    N’est-ce pas là une raison suffisante pour se séparer…just kidding.

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