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Cet article a paru le 6 décembre 2007 dans le journal « Le Devoir » sous le titre « Les libéraux déboutés ».

La fameuse loi 30 de Jean Charest qui a tant outré le monde syndical québécois a été déboutée en Cour Supérieure et déclarée inconstitutionnelle.

La liberté d’association demeure un droit fondamental et cette loi entérinée sous le bâillon en 2003 brime les syndiqués du secteur de la santé et des services sociaux dans leur volonté de se regrouper librement.

Avec ce jugement, le gouvernement du Québec se doit de procéder à des amendements dans les 18 mois afin de respecter l’autonomie et la latitude des syndicats dans la gestion de leurs affaires internes.

Ainsi, les regroupements forcés et surtout la décentralisation au niveau local de plusieurs pans des contrats collectifs sont jugés illégaux. Il s’agissait d’un tour de passe-passe qui pouvait sembler positif pour les grandes centrales syndicales mais qui favorisait des inéquités dans les conditions de travail des travailleurs de part et d’autre des régions du Québec. De fait, on cherchait à diviser le monde syndical en montant une centrale contre une autre et les employés d’une institution contre une autre.

Le plus surprenant, c’est que les bonzes du Parti Libéral du Québec, composé de beaucoup d’avocats dont aussi le premier ministre Charest, savaient très bien que cette loi était très contestable devant les tribunaux. De plus, cette manœuvre était un dangereux précédent qui aurait pu s’étendre à tous les aspects de la vie sociale et ne pas toucher seulement le monde du travail. Est-ce alors de la mauvaise foi et un mépris total envers la Charte des Droits ainsi que du syndicalisme par les libéraux?

Si le gouvernement libéral s’obstine encore dans cette direction, on devrait voir bientôt la cause portée en appel devant la Cour Suprême du Canada au frais des contribuables québécois. Ce qui serait peu étonnant.

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