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À l’instar de l’Institut Fraser ou de l’Institut Économique de Montréal, voila que l’Institut C.D. Howe de Toronto emboîte le pas dans le discours néolibéral de désinformation. On prétend cette fois, étude-maison à l’appui, que les limitations d’accès à l’aide sociale et à l’assurance emploi appliquées depuis dix ans auraient atténué le chômage ainsi que la pauvreté. Une belle logique tordue qui consiste à faire payer les pauvres et à leur dire que c’est pour leur bien.

En fait, depuis 1989, la fréquentation dans les banques alimentaires a augmenté de 90% tandis que près de la moitié (41%) des utilisateurs sont des enfants, même s’ils ne forment que le quart de toute la population. Aussi, malgré l’absence de récession depuis près de 15 ans, on déplore l’apparition d’un type de travail atypique, à mi-temps, sur appel ou simplement autonome qui fragilise le travailleur en ne lui procurant pas un revenu adéquat ou de bons avantages sociaux (fond de retraire, assurance, etc.). De 1990 à l’an 2000, l’emploi à temps partiel a augmenté de 21% pendant que celui à temps plein de seulement 13%. De plus, en 2007, selon l’ONU, le nombre de sans-abri s’est accru au Canada dans les dernières années.

L’imposition de ces mesures restrictives en matière sociale n’a pas réduit la mendicité et la misère, mais ne fait que les cacher aux yeux du plus grand nombre. Les données officielles sur la pauvreté sont tronquées, comme elles le sont aux Etats-Unis, car la divulgation de chiffres alarmants remettrait en cause tout l’ordre social existant. Les travailleurs à faibles revenus peuvent difficilement subvenir aux besoins de leurs familles et les malheureux qui sont rejetés par les nouveaux critères de l’aide sociale ou de l’assurance emploi se retrouvent dans la rue. Toutes des évidences qui ne font pas partie des statistiques officielles cachant la nouvelle pauvreté du « working poor » et l’exclusion sociale.

Cependant, cela n’empêche pas les magiciens du CD Howe de transformer l’eau en vin et d’affirmer que les restrictions d’admissibilité et les prestations moindres ont contribué à la diminution de la pauvreté et à la décroissance du chômage. Sans surprise, l’économiste John Richards du Fraser Institute de Vancouver a applaudi cette conclusion. Il ne manque que l’approbation de l’IEDM!

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