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Le Président américain pensait en avoir assez sur les bras avec l’occupation irakienne. Mais l’élection présidentielle turbulente ayant lieu le 6 octobre au Pakistan, marquée par des agitations de partisans talibans, risque de lui causer quelques maux de tête.

L’actuel président du Pakistan devra recevoir l’assentiment de la majorité du collège électoral sortant lors de cette élection, ce qui ne semble pas être certain, car plusieurs élus ont menacé de démissionner afin de ne pas voter. De plus, les actions violentes, les manifestations brutales se multiplient contre l’ancien président et les mouvements religieux prennent de l’ampleur.

L’événement de la Mosquée Rouge en juillet 2007, durement réprimé par l’armée pakistanaise, ayant été soldé par la mort de 73 islamistes, rappelle que ce pays, malgré son statut d’allié des États-unis, pullule de radicaux musulmans et que rien n’est certain dans l’avenir.

Par ailleurs, les nombreuses tentatives d’assassinat du président-général Mucharraf, chef de l’armée, qui détient son pouvoir suite à un coup d’état militaire en 1999, attestent du climat d’instabilité qui règne au Pakistan.

Même s’il réussi à demeurer en place lors de cette élection, le maintient en poste de Mucharraf n’est pas garanti, malgré une alliance possible avec le parti de Benazir Bhutto, ancienne Première Ministre revenant bientôt d’exil, lors des élections législatives de 2008. Un résultat favorisant la rentrée de représentants d’extrémistes musulmans au parlement devrait possiblement remettre en question la présidence de Mucharraf. Alors, une dérive vers l’intégrisme est fort probable.

Les coûts exorbitants de l’implication américaine en Irak ne cessant de croître (800 milliards de dollar à ce jour), la venue d’un nouvel acteur anti-occidental au Moyen-Orient risque de mettre encore plus de pression sur l’administration républicaine de G.W. Bush. Il faut considérer aussi que le Pakistan possède l’arme nucléaire, ce qui doit rendre bien nerveux les responsables du Pentagone.

Les États-unis ne pourraient occuper simultanément deux pays et cette élection doit grandement intéresser les stratèges militaires américains car l’ouest du pays est totalement contrôlé par les talibans. De plus, certains experts, comme Robert Fisk, soutiennent que les services secrets pakistanais appuieraient implicitement les activistes de l’islamisme intégriste.

En toile de fond, il y a aussi le mépris généralisé de l’Occident envers le monde musulman qui a subi la colonisation des puissances européennes et maintenant des États-unis. Le non-respect d’Israël de la résolution 242 de l’ONU ordonnant le retrait des territoires occupés de la Cisjordanie par l’armée israélienne en 1967 n’a été suivi d’aucune sanction. Ce qui a exacerbé la rancœur de la civilisation islamique envers l’Occident depuis trois décennies.

Le monde occidental applique des doubles standards dans le droit international. On punit aisément une nation qui ignore la volonté des pays développés, mais on oublie de sévir contre certains pays amis qui divergent des résolutions de l’ONU. Aussi, on attaque les États s’opposant aux directives de la même organisation lorsque cela sert les intérêts économiques, comme c’était le cas de l’Irak en 2003.

Alors comment susciter le respect chez les musulmans par cette politique de deux poids deux mesures? Il faut prévoir de graves conséquences dans le cas d’une accession au pouvoir au Pakistan d’un gouvernement islamiste pur et dur. L’Iran ne serait alors plus seul dans son opposition à l’Occident en général et aux États-unis en particulier. Le risque d’escalade deviendrait problématique et le mouvement d’autres pays musulmans vers un tel changement de gouvernance peut mener la planète, à long terme, vers une véritable troisième guerre mondiale.

Mise à jour au 6 octobre 2007: selon des sources officielles, le résultat de l’élection présidentielle ne sera pas connu avant le 17 octobre. Un recours en Cour Suprême chercherait à invalider la candidature de Mucharraf qui est toujours le chef des armées pakistanaises. Un fait incompatible avec la constitution. À suivre…

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