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On peut s’interroger concernant la diffusion de documents publics à la suite d’une enquête pancanadienne sur l’accès à l’information menée par une trentaine de journaux et par la Presse Canadienne. Étrangement, les documents tenus à l’écart d’une libre consultation publique relèvent surtout des domaines concernant la santé publique et l’environnement : les mises en gardes alimentaires du gouvernement fédéral, les terres de l’État, les rejets d’eau usée des systèmes de traitement des eaux, entre autres.

En fait, après des demandes effectuées dans les règles de l’art, les journalistes n’ont reçu que 59% des documents demandés. Aussi, on exige parfois des montants monétaires souvent considérables (en milliers de dollars) dans le processus sans avoir de garantie de recevoir les informations voulues. Autre fait troublant : le corps journalistique paraît être plus susceptible de connaître un rejet de la part d’un organisme ou d’un ministère de l’État que le simple citoyen.

On évoque aussi une pression politique qui nuirait à l’accessibilité de certains documents car cela pourrait entachée la haute direction de certains ministères et les dirigeants politiques en place, surtout en ce qui traite des dossiers plus susceptibles de susciter la contreverse.

Par exemple, en 2005, au niveau fédéral, le journaliste André Noël a subi un refus après une sollicitation d’information au Conseil Privé et à la GRC en rapport à l’enquête de sécurité d’Alphonso Gagliano, pourtant le personnage le plus impliqué dans l’affaire des commandites. Par ailleurs, l’Agence des services frontaliers du Canada a montré son refus de divulguer des renseignements sur les terroristes, sur les criminels, sur l’espionnage et le trafic humain présents au Canada. On demandait au journal La Presse, instigateur de la demande, la rondelette somme de 517 000$! La demande a été évidemment jetée aux oubliettes. C’est aussi en Alberta et à Terre-Neuve que l’accès à l’information est le plus restrictif.

Au niveau provincial, les entraves semblent encore plus compliquées. Le journaliste Stéphane Paquet n’a pu accéder aux salaires des gestionnaires de la SAQ., même si le commissaire à l’information lui a donné raison lors d’une audience. En conséquence, la SAQ a porté appel et ce journaliste n’a pu obtenir les détails qu’il demandait.

Dans notre pays qui se proclame l’un de plus ouverts et transparents du monde, ces résultats surprennent. On aurait cru que la corruption et le camouflage de données appartenant au domaine public se seraient avérés moins répandus au Canada. Il se retrouve pourtant dans le top 12 des nations les moins corrompues selon les travaux de Transparency International.

Certaines personnes influentes ont apparament des choses à cacher, et ce que nous voyons aujourd’hui est sûrement la pointe de l’iceberg. Les politiciens ayant souvent des liens étroits avec les grandes compagnies, il ne serait pas surprenant de découvrir un lot de scandales et de copinages impliquant la sécurité et le bien-être des citoyens. Si une étude gouvernementale rentre en opposition avec un projet industriel ou commercial très rémunérateur pour le privé et ensuite pour le gouvernement (taxation, exportation), il est tout à fait plausible que les autorités mettent des bâtons dans les roues aux demandeurs par des délais inappropriés et des frais astronomiques afin de décourager les curieux.

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