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L’ancien président de la banque centrale américaine (FED), Alan Greenspan, économiste américain émérite, règle ses comptes avec l’administration de GW Bush dans son récent livre « L’age des turbulences ».

Il critique sa mauvaise gestion des finances publiques. Sous ses deux mandats, les États-Unis ont enregistré des déficits budgétaires successifs à chaque année. Une plaie que Bill Clinton avait pourtant réussie à éradiquer. La vision idéologique néo-conservatrice de Bush et du parti républicain consistant à baisser les impôts et à multiplier les dépenses dans la guerre en Irak ainsi que dans la lutte au terrorisme est responsable de cet état de fait, clame-t-il.

Le mois dernier, les États-unis ont connu une importante baisse de l’emploi qu’on n’avait pas vu depuis 2003. Monsieur Greenspan et plusieurs de ses collègues évoquent maintenant la possibilité d’une sévère récession dans les prochaines années.

Et les attaques contre l’ancien chef de la FED n’ont pas tardé à venir. On le tient maintenant comme bouc émissaire de la crise économique dans laquelle s’enfonce l’Amérique. Il aurait maintenu les taux d’intérêts trop bas et cette action serait à la source du problème, ce que nit catégoriquement Greenspan. Il rétorque qu’il n’avait pas le choix et que la croissance était tributaire de taux peu élevés afin de stimuler la consommation et la production.

Mais qui est vraiment responsable de la situation actuelle? Je vous le donne en mille. Qui a endetté ce pays de façon inégalée depuis 2001? La dette de l’état fédéral américain approcherait 7 000 milliards de dollars, un lourd fardeau que les générations futures auront à rembourser dans le futur. De plus, le déficit commercial des États-unis atteignait 763 milliards en 2006, un record de tous les temps.

Les tenants de la mondialisation néolibérale ont démontré leur incapacité à gérer une économie qui était pourtant la plus prospère et la plus dynamique du monde. En à peine 6 ans, ils ont ruiné l’économie américaine et la crise du subprime, c’est-à-dire l’accès trop facile au crédit par les banques et les institutions hypothécaires, risque de mener le monde vers une dépression majeure. L’Europe craint aussi des répercussions dans son secteur financier. La banque Northern Rock de Grande-Bretagne est en difficulté et même des économistes français prévoient des impacts subséquents dans l’hexagone.

Les affairistes néolibéraux au pouvoir depuis la présidence de Ronald Reagan viennent de prouver sans aucun doute leur incapacité et leur incompétence dans la gestion rigoureuse du système économique. Il faudra retourner vers une pratique interventionniste et keynésienne de la part des pouvoirs publics afin de réguler de façon adéquate la sphère économique. Une tendance qui s’imposera par elle-même de toute manière devant la détérioration imminente de l’économie et l’expansion du chômage et de la pauvreté.