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On nous chante depuis longtemps que la province de l’Alberta est un modèle. La richesse semble à porter de la main dans cette contrée bénie des dieux où la croissance de l’économie atteint des sommets inégalés. Les pétrodollars coulent à flot et la balance commerciale ainsi que les surplus ne cessent de faire l’envie des autres provinces canadiennes.

Mais, il y a une autre Alberta, celle de la violation de l’environnement dont l’avenir semble plutôt terne. L’exploitation des sables bitumineux est tellement rémunératrice pour les compagnies pétrolières et si précieuse pour l’économie américaine qu’on hésite d’évoquer les répercussions sur l’environnement de cette province.

Les réserves de sables bitumineux traités en pétrole consommable représenteraient une quantité supérieure de plus de 20% aux gisements de pétrole de l’Arabie Saoudite.

Les coûts énergétiques élevés liés au processus de transformation du matériel brut en pétrole utilisable sont très onéreux et génèrent cinq fois plus de rejets reliés aux gaz à effet de serre par l’utilisation, notamment, de gaz naturel.

De plus, on se doit d’utiliser 4 litres d’eau pour chaque litre de pétrole transformé, que l’on puise surtout dans la rivière Athabasca, et les rejets liquides toxiques de cette transformation qui ne sont utilisables à aucune fin sont emmagasinés dans de vastes bassins de rétention qui risquent de contaminer la faune et la flore envoisinantes avec le temps.

La qualité de l’air en Alberta est aussi affectée. Sans compter les gaz à effet de serre, on peut dénombrer des émanations d’oxydes d’azote, de dioxyde de soufre et des éléments contribuant au smog et aux pluies acides.

L’exploitation de ces sables bitumineux nécessitera une coupe à blanc de la forêt boréale dans cette province car ils se situent directement sous le couvert forestier et on prévoit une augmentation de l’extraction de cinq fois supérieure d’ici 2015.

Avant d’envier l’état économique florissant de l’Alberta, nous devrions considérer les impacts écologiques de cette croissance qui affectent de façon irréversible le milieu biophysique. Le produit intérieur brut écarte de ses calculs les conséquences sur le « produit naturel brut ». Dans 20 ou 30 ans, l’Alberta sera devenue une véritable zone sinistrée et la qualité de vie de ses habitants aura payé le prix d’un développement économique anarchique et irrespectueux de la nature. Cette province sera peut être un exemple pour toute la planète qu’une priorisation de l’économie sur l’environnement n’est pas viable à longue échéance.

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