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Les dirigeants d’entreprises sont bien rémunérés, on s’en doute, mais c’est aux États-unis que les excès sont les plus prononcés. En fait, en moyenne, un PDG gagne 300 fois plus qu’un employé typique de production selon le groupe United For A Fair Economy. Pourtant, rien ne justifie ces salaires aussi indécents avec le piètre état de l’économie américaine et l’énorme dette publique des États-unis face à la concurrence chinoise et indienne.

Voici quelques exemples de dirigeants grassement payés pour leurs « bons services »: Stephen Crawford, ancien coprésident de la maison de placement Morgan Stanley, à reçu un traitement de deux fois son salaire annuel et 38 millions de dollars canadiens en à peine 100 jours de fonction lorsque les actions de l’entreprise déclinaient. Il aurait touché ainsi un salaire de 64 000$ de l’heure!; en 2004, le PDG de Viacom a reçu 33 millions de dollars dont une prime de 20 millions$ pendant que la valeur de la compagnie a chuté de 11% en 12 mois; le président de Applied Materials, aussi en 2004, s’est fait offrir un boni de 6 millions$ après une baisse de 22% des titres de la société; enfin, la même année, le PDG de GM encaissait une prime de 2,9 millions$ même si les titres de la compagnie ont diminué du quart; et nous pourrions citer d’autres cas.

En tout, les revenus moyens des chefs d’entreprises auraient bondi de 22% tandis que ceux de salariés d’à peine 3%.

Les avantages dédiés aux dirigeants, tels que les logements luxueux, l’accès aux clubs de golf et l’utilisation à des fins personnelles des avions des compagnies soulèvent bien des questions. L’une des grosses têtes de Leucadia National, Joe Steinberg, a profité de l’avion de son employeur pour une somme cumulant 890 000$ en 2005, soit plus que son salaire annuel de 746 000$!

Les règles régissant la gestion commerciale devraient être révisées. Selon l’Institut américain des politiques économiques, l’Amérique devrait apprendre de l’Europe où les bénéfices des généraux d’entreprises sont beaucoup plus encadrés et raisonnables.

Néanmoins, certains évoquent la corruption qui aurait investi les hautes sphères de la direction des entreprises. Les conseils d’administration ne seraient composés que par des amis des dirigeants qui s’octroieraient ainsi des salaires injustifiés au détriment des intérêts des actionnaires. On a souvent parlé de démocratie actionnariale, mais où est-elle dans ce contexte?

Il s’agit d’une véritable clique, d’un club privé, qui pullule dans plusieurs CA de diverses sociétés, parasitant l’économie et imposant des misérables hausses de salaires aux employés afin de remplir leurs poches.

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