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Encore une fois, on tente d’en passer une vite à la population québécoise et canadienne avec le projet de Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP). Le sommet de Montebello aura lieu cette semaine dans cette municipalité du Québec qui réunira les présidents américain et mexicain, George W. Bush et Felipe Calderon ainsi que le premier ministre Stephen Harper. De plus, une brochette de dirigeants d’entreprises triés sur le volet y seront aussi présents.

Il s’agit en fait d’une tentative de création d’un supra-gouvernement bicéphale englobant le Canada, les États-unis et le Mexique, qui serait constitué d’un cabinet fantôme composé de 2 ministres par pays et d’un Conseil nord-américain de la compétitivité qui regrouperait 30 des plus grandes entreprises du continent. Lors du dernier sommet tenu au Texas en 2005, on avait prévu de mettre en place un commandement militaire unifié pour l’Amérique du Nord et la libre exploitation des ressources naturelles, telles que le pétrole ou l’eau, dont les américains auront grandement besoin dans l’avenir.

Ici, l’unification du commerce et des enjeux de sécurité nationale est établie. On ne fait pas de bonnes affaires dans un climat d’incertitude terroriste, alors on associe le monde des affaires aux prises de décisions politico-militaires. Mais, la démocratie, là-dedans, que devient-elle? Sera-t-elle assujettie aux intérêts des grandes entreprises plutôt qu’à la volonté du peuple ?

Les trois chefs d’État du continent étant de farouches partisans du néolibéralisme (ils sont tous de droite) tentent de détourner la démocratie à l’avantage de ceux qui les supportent. On élève le monde des affaires au-dessus de la libre détermination des peuples en écartant du processus tout les autres acteurs sociaux, comme les groupes communautaires, écologistes et syndicaux, qui auraient sûrement mots à dire dans un sommet de ce genre. Par ailleurs, pourquoi les partis d’opposition officielle de ces trois pays ne seraient-ils pas présents lors des négociations ? De plus, avant toute ratification, pourquoi ne pas soumettre l’entente par référendums aux citoyens ?

Le manque de transparence de cet événement et les mesures de sécurité hors du commun (des centaines de policiers américains seront sur place) traduisent un réel danger pour la démocratie.

P.S.: Merci à Radio-Canada d’avoir cité ce texte dans sa chronique « Sur Le Web » de son édition du 20 août. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/surLeWeb/2007/08/20/index.shtml

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