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La crise du « subprime » frappe les marchés boursiers de toute la planète. Les soubresauts à la baisse des indices perdurent depuis quelques semaines et les investisseurs sont aux aguets devant l’incertitude économique qui en découle. Les prêts faciles octroyés à des emprunteurs à haut risque dans l’immobilier viennent de rebondir suite au déclin de ce marché aux États-unis qui ne cesse de subir une baisse du prix moyen des résidences. En conséquence, bien des américains ont déclaré faillite ces derniers mois devant l’impossibilité de régler leurs traites hypothécaires.

Ainsi, de nombreuses banques et institutions de crédit, américaines surtout, sont au bord de la banqueroute. L’une est même déjà sous la protection de la loi sur les faillites : Aegis Mortgage de Cerberus.

Les fondements mêmes du système économique sont ébranlés. La déréglementation du marché immobilier américain a entraîné une hausse artificielle des prix des maisons qui ne correspondaient pas à leurs réelles valeurs. Les détenteurs d’hypothèques, ayant vu leurs revenus diminués depuis plusieurs années (voir ce site) et se croyant « riches » devant la flambée immobilière, ont emprunté plus qu’il ne le fallait dans leurs consommations courantes en augmentant ainsi les emprunts sur leurs cartes de crédit (voir le billet Frénésie boursière). Maintenant, le point de rupture vient d’être atteint.

Alors, les banques centrales de tous les grands pays industrialisés ont offert des prêts à des taux avantageux aux banques privées afin de maintenir à flot les liquidités sur le marché monétaire et maintenir bas les taux d’intérêts pour contourner un ralentissement économique majeur qui frapperait de plein fouet l’économie mondiale. : 62 milliards de dollars pour la réserve fédérale américaine en 2 jours la semaine dernière et près de 156 milliards d’euros pour la Banque centrale européenne, une record historique depuis le 11 septembre 2001.

Cette situation de crise rappelle l’éclatement de la bulle financière qu’a connu l’Asie à partir de 1997 exactement en raison de prêts consentis à des clients peu fiables. À cette époque, l’impact sur la stabilité économique mondiale avait pu être atténué car il ne s’agissait que d’un événement « régional ».

Cependant, dans le cas présent, l’ensemble du globe est touché. Il peut s’agir d’une simple correction des marchés boursiers, ou cela peut être un effet symptomatique d’un déséquilibre structurel de l’économie débouchant sur une importante récession.

La croissance de la dernière décennie s’est effectuée au prix d’une accentuation des inégalités économiques, autant au niveau international qu’à l’intérieur même des pays développés, et les perturbations financières actuelles en sont probablement les conséquences.

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