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La détérioration de la biosphère et l’indifférence quasi-générale face à ses conséquences désastreuses risquent de mener le monde vers l’écofascisme. Cette idéologie politique peu connue à ce jour pourrait s’implanter insidieusement sur la planète suite à l’aggravation de la problématique environnementale.

La dictature naît en résultante d’une instabilité sociale, économique ou culturelle qui met en péril les fondations mêmes de l’ordre social. Maintenant, il faut ajouter le facteur écologique. Le totalitarisme environnemental serait l’aboutissement logique d’un état de crise planétaire impliquant la survie de l’humanité toute entière. À la différence de tous les régimes absolutistes l’ayant précédés, le despotisme « vert » pourrait user de tous les moyens radicaux afin de faire face à la plus grande menace de tous les temps pour assurer la pérennité de la race humaine.

Quelles méthodes ces nouveaux régimes pourraient-ils utiliser au nom de cette nécessité de survivance du genre humain? Certains livres ont été publiés à ce sujet, mais il est possible d’énoncer brièvement les préceptes qui y sont évoqués.

Avant tout, on chercherait à réduire la population mondiale par divers moyens : limiter l’immigration en provenance des pays en développement affectés par la famine (permettant ainsi l’élimination par attrition naturelle du nombre d’êtres humains sur la planète); contrôle drastique des naissances; la pratique de l’eugénisme par sélection des caractères génétiques; et l’euthanasie des déficients physiques et intellectuels.

Cependant, la solution la plus importante de ce mouvement est la cessation complète du développement technologique et donc par ricochet de la croissance économique. On privilégierait alors un retour à la terre, c’est-à-dire la pratique d’une agriculture primitive, de la chasse et de la pêche. Un recul, mais qui serait alors dicté par la nécessité.

Cette idéologie peut paraître pertinente aux premiers abords, mais elle remettrait en cause nos valeurs solidaires et tout ce que nous considérons comme acquis à notre époque. Comment laisser mourir des millions de gens sans réagir? Qui déciderait des critères génétiques des humains destinés à vivre? La rétrogradation vers un type de société agraire nous priverait-elle des remèdes à plusieurs maladies? Un chaos moyenâgeux s’installerait-il? Qui possèderait les terres? Une résurgence du servage est-elle envisageable?

Si un tel scénario émerge, l’élite économique et technocratique de la société actuelle sera au premier rang des décideurs et orientera l’établissement de ce nouvel ordre socio-économique à son avantage. Elle ne voudra surtout pas perdre sa domination et placera ses pions sur le nouvel échiquier du futur système social.

L’écofascisme est une dérive de l’écologie sociale, en principe un ensemble théorique valorisant le partage des ressources et l’équité entre les hommes dans l’espace commun qu’est le milieu vivant. Néanmoins, l’état de crise environnementale qui s’imposera avec le temps amènera l’écologie sociale à faire des choix difficiles, souvent contraires à ses idéaux originaux, pour assurer la continuité de l’espèce humaine.

Cette éventualité n’est pas souhaitable, mais notre laxisme et notre insouciance déboucheront éventuellement à cette triste réalité à venir.

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