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Ce texte a aussi été publié dans le journal Le Devoir.

Un jugement en appel d’une cause impliquant un employé de la compagnie Tecsult, une firme d’ingénierie forestière, a altéré de façon irréversible la Loi sur le financement des partis politiques. En théorie, seuls les individus ont le pouvoir de contribuer aux caisses des partis politiques. Les compagnies, pour contourner l’essence même de la loi, demandaient à leurs employés de contribuer afin qu’elles financent indirectement les formations politiques. Ils étaient remboursés par la suite. Une pratique peu éthique, mais qui était tolérée jusqu’à récemment.

Bien qu’un premier juge ait décrété que les contributions « par la bande » des entreprises via leurs personnels constituaient des revenus pour les salariés impliqués, et donc constituaient des gains imposables, la cour d’appel a en décidé autrement. Une décision qui vide de son sens l’une des lois les plus progressistes en la matière.

Comment justifier un tel revirement légal? Imposer ces donations n’aurait-il pas freiné cette méthode douteuse de donner de l’argent aux formations politiques? Sommes-nous revenus à l’époque Duplessiste où le plus gros porte feuille avait l’oreille des gouvernants? Une entreprise possédant plus de liquidités et plus d’employés mérite-elle d’avoir plus d’influence au niveau politique? Il faudrait interdire les dons privés et généraliser le financement des partis par l’État selon le nombre de voix obtenues, point à la ligne. Seulement de cette façon serait assurer le bon fonctionnement de la démocratie et limiter l’influence des groupes de pression dans les décisions politiques.

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