Étiquettes

, ,


Ce texte a aussi été publié dans le journal Le Devoir.

La politique du ministre des ressources naturelles du Québec, Claude Béchard, est difficile à suivre. Il a émis des menaces de nouvelles réglementations, que la plupart ont jugé irréalisables et naïves, contre les pétrolières en rapport aux hausses abusives du prix du litre d’essence et il annonce une semaine plus tard qu’il donnera plus de marge de manoeuvre aux papetières.

De cette façon, le ministre libéral désire simplifier les exigences administratives qui pourraient faire économiser à cette industrie 50 millions de dollars par année sur la coupe de bois. La situation forestière au Québec est déplorable suite au laisser-aller des dernières décennies, cependant on atténue les mesures de contrôles de l’exploitation de la forêt.

On ne peut être crédible en menaçant un secteur industriel mais en relâchant la réglementation sur un autre. Les entraves bureaucratiques, concernant surtout le mesurage et les inventaires, seront allégées. Les vérifications sur le terrain seront biannuelles, plutôt qu’à chaque année. Dans le but d’accélérer la production et donc la vente de la matière ligneuse, il déclare aussi que le gouvernement va désormais faire confiance aux ingénieurs forestiers privés au détriment de ceux de l’État.

Comment peut-on abaisser les restrictions dans l’industrie forestière et surtout faire confiance à ces entreprises après les nombreux cas de non-respect des normes d’exploitation (voir billet Un buffet à volonté)? D’un coté, on réduit le territoire disponible à l’exploitation, mais de l’autre, on donne plus de liberté aux compagnies. On peut évoquer la crise que traverse les papetières au Québec, mais ce n’est pas une raison de lâcher les reines et donner carte blanche aux entreprises. Le futur du patrimoine québécois est en jeu ici.

L’inconsistance en matière de gestion des ressources naturelles a maintenant un nom : le béchardisme.

Publicités