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Depuis les premiers pas de la gouvernance du Parti Libéral du Québec, on assiste à une suite d’achats ou de fusions d’entreprises québécoises par des intérêts étrangers. Par le fait même, le gouvernement Charest pratique un libéralisme économique classique (dénommé aujourd’hui néolibéralisme) digne de la décennie des années 20 du siècle dernier. L’État, à cette époque, n’intervenait guère dans l’économie et n’usait que de peu de mesures de protectionnisme afin de balancer les marchés des biens, des services ou du travail, protéger les compagnies nationales ou régir les échanges commerciaux. On laissait aller aveuglément la main invisible d’Adam Smith sans se poser de question, et cela a mené à la plus grande dépression de tous les temps.

Dans les dernières années, Sico, Molson, Cambior, Van Houtte, Aliments Carrière, Domtar et Provigo, de grandes entreprises québécoises sont ainsi passées sous le contrôle de compagnies étrangères ou extra-provinciales. Et maintenant, c’est le géant Alcan qui est dans la ligne de mire de la multinationale américaine Alcoa. Bien que le gouvernement désire poser des conditions à long terme pour préserver l’infrastructure d’Alcan dans la province, on peut se demander ce que valent ces ententes État-Privé avec le fiasco de Hyundai à Bromont en 1993 et la récente fermeture de l’usine GM à Boisbriand. Ces compagnies avaient pourtant signé des ententes et reçu des millions en investissement public mais ont tout de même décider de fermer leurs portes.

Les nouveaux acquéreurs éventuels peuvent maintenir les emplois et les installations de leurs nouvelles acquisitions, mais si la donne change au niveau du commerce international, ils ne penseront pas au petit québécois qui se retrouve du jour au lendemain sans emploi. Ils prioriseront leurs actionnaires et la rentabilité de leurs entreprises même au prix du sacrifice de milliers de travailleurs du Québec.

Le Québec est maintenant un pays à vendre. Le PLQ doit intervenir plus intensivement afin de contrecarrer l’érosion outre frontière du poids décisionnel québécois dans l’économie. On croît que la mainmise étrangère sur les entreprises du Québec impliquera une croissance de leurs activités et créera des emplois chez-nous. Il s’agit d’un pari dangereux, comme si les québécois ne pouvaient pas rivaliser avec la concurrence mondiale sans la direction de quelques business man étrangers. Non, on préfère se fier aux grandes corporations multinationales pour gérer ce qui pourrait être géré par les gens du Québec, malgré le risque de perdre au change en donnant à d’autres la propriété de moyens de production et d’outils décisionnels qui nous permettent, actuellement, de prospérer collectivement.