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On s’attendait à voir surgir cette proposition dans la foulée des politiques néolibérales qui ont lieu dans tout le pays. Un homme d’affaire proche du Parti Libéral du Québec, ancien candidat aux élections et membre des conseils d’administration de l’Agence des partenariats publics-privés ainsi que de la Caisse de dépôt et placement, Claude Garcia, suggère de vendre les actifs d’Hydro Québec afin de rembourser la dette globale de la province.

Une telle démarche permettrait au gouvernement, selon lui, de récupérer 130 milliards de dollars, ce qui épongerait d’un coup le poids de l’endettement collectif des québécois. Devant la pression du vieillissement de la population qui fera diminuer les revenus fiscaux de l’État et la demande grandissante en soins de santé qui poussera le réseau hospitalier à l’extrémité de ses capacités financières, une solution de ce genre semble attrayante.

Bien que Jean Charest réfute son intention d’aller en ce sens, la caillou est jeté dans la marre, et fera des vagues. Le débat est lancé. En considérant la propension des libéraux aux PPP et à l’implication du privé, les propos de monsieur Garcia ne surprennent guère. Peut-être exprime-t-il une opinion qui est partagée par la plupart des membres influents du parti, mais qui ne désirent pas l’afficher publiquement de peur de susciter, pour l’instant, une grande vague de contestation. Mais ils attendent probablement leur heure.

Le privé rêve de s’accaparer le géant énergétique québécois et de dépouiller les inestimables ressources du Québec à sa population. Les profits que les entreprises pourraient générer avec leur main mise sur l’hydro-électricité seraient incommensurables, surtout avec la déréglementation des tarifs qui en découlerait. Et cela va dans le sens de la politique énergétique du PLQ. Souvenons-nous qu’il a confié au privé la production et la gestion de nouvelles éoliennes, une source d’énergie fortement prometteuse.

On nous parlera encore et encore dans les prochaines années de cette alternative devant la diminution des revenus de l’État. En 2001, l’Institut Économique de Montréal, un groupe de réflexion de droite bien connu, a déjà publié une étude subjective valorisant la privatisation d’Hydro Québec.

Mais il faudra résister. Au lieu de trouver des options plus progressistes et sociales-démocrates afin de résoudre la problématique budgétaire de l’État québécois, on mettra en valeur les vertus du marché et les grands idéologues des affaires insisteront sur le fait que nous ne pouvons plus nous payer de grandes entreprises publiques.

En attaquant Hydro Québec, le fleuron de l’économie publique de notre peuple, ils ouvriront ainsi la porte au délestage de toutes les autres institutions étatisées. De cette façon, les québécois perdront leurs acquis sociaux durement acquis aux cours des dernières décennies. Avec la ”vente de feu” éventuelle de cette société d’état génératrice de capitaux importants pour le gouvernement, la santé, l’éducation et tous les services publics passeront, eux aussi, dans le tordeur de la privatisation.

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