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Depuis plusieurs années nous pouvons assister au Québec à de la répression excessive et des arrestations musclées lors des manifestations politiques. Et ce phénomène n’est pas seulement le propre de notre coin de pays, mais peut se constater partout en Occident à chaque réunion officielle des grands acteurs économiques et politiques. On a pu le voir en fin de semaine en Allemagne avec les troubles associés à la rencontre du G8.

Ici, la semaine dernière, une décision de la Cour municipale entache grandement les agissements du Service de Police de la Ville de Montréal pour ses abus et son zèle excessif lors d’une manifestation qui s’est déroulée le 15 novembre 2004 dont le but était de contester la hausse des frais de scolarité lors du Congrès du Parti Libéral du Québec. Il y a eu un peu de vandalisme de la part de certains manifestants, mais la riposte des forces de l’ordre a été exagérée, estime la Cour. Elle suspend aussi toutes les accusations d’attroupement illégal et évoque un accroc à la dignité humaine de la part de la police.

Le juge Minc en charge de la cause a constaté que la Charte des droits et libertés a été violée car on a retenu sans motif raisonnable pour une période de plus de deux heures près de 200 manifestants sans possibilité de rejoindre des avocats. Ces citoyens ont tous été menottés, fouillés et photographiés lorsqu’une simple remise de constats d’infraction aurait été suffisante.

La même méthode a été utilisée en avril 2002 dans le cadre d’une manifestation anti-G8 lorsque 500 personnes ont été encore encerclées par la police de Montréal. Le 2 novembre suivant, le Comité des droits de l’Homme de l’ONU a déploré cet acte qui brime la liberté d’expression et d’assemblée.

Que conclure? Le message politique est clair : ne manifestez pas, obéissez aux décisions des gouvernements et surtout restez chez-vous!

Nous prétendons vivre en démocratie, mais lorsqu’on démontre notre opposition à des projets politiques ou économiques qui nous choquent, l’État ne tarde pas à nous aliéner de nos droits fondamentaux sous le prétexte du maintien de l’ordre. Cela représente une sérieuse brèche à notre tradition démocratique. Elle ne s’exprime pas seulement par le droit de vote, mais aussi par le devoir de protester.

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