Et bien voilà. Le Parti Québécois a cédé sous la pression à une journée de l’échéance de l’adoption du budget libéral. Il a pu obtenir un petit 111 millions de dollars dans le but de prioriser ses objectifs en santé et éducation notamment, mais cela ressemble plus à un retrait tactique qu’à une abdication à l’entêtement du gouvernement.

Le PQ n’était pas prêt à un nouveau scrutin. Ses finances sont à sec, son ancien chef vient de prendre la porte et le programme inspiré par l’aspirante en titre à la chefferie n’est pas encore bien défini.

Bien sûr, le budget de madame Jérôme-Forget est contestable dans le contexte actuel. En s’entêtant sur une baisse d’impôt lorsque les besoins des services sociaux sont toujours aussi criants et son favoritisme fiscal envers les personnes à haut revenus dans la société n’en feront pas un budget historique. Son manque de vision à long terme et son dogmatisme idéologique de droite nous fait demander si les libéraux ne désirent simplement pas la détérioration du système d’éducation et du réseau de la santé afin de faire entrer le plus rapidement possible le privé dans ces sphères d’activités de l’État.

L’incohérence en est encore plus flagrante en relation aux suggestions de plusieurs experts évoquant une nécessaire hausse des impôts et de la taxation pour faire face au vieillissement de la population qui pèsera de plus en plus lourd sur les régimes publics.

Malgré tout, les péquistes ont fait le bon choix, mais la donne risque de ne plus être la même lors du dépôt du prochain budget. Le PQ aura ainsi le temps de redéployé ses armes plus efficacement après l’échec des dernières élections. Le Parti Libéral devra alors mettre des bémols à son intransigeance.