La direction de la Société de Transport de Montréal fait preuve d’un cynisme et d’un manque de compassion à la lumière du dévoilement des statistiques du RAPSIM (Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal) concernant le nombre de contraventions émises aux sans-abri dans l’enceinte du métro de Montréal. On a constaté de 2003 à 2004 une augmentation de 225% de ces constats d’itinérance, soit une hausse de 1750 à 3934, et une continuation de cette tendance en 2005.

Le non-sens de cette politique de répression généralisée n’a aucune logique lorsqu’on considère que ces personnes sont sans domiciles fixes et qu’elles n’ont pas les revenus afin de payer ces amendes.

Mettez-vous un peu à leur place. Nous sommes au mois de février, il fait froid, très froid dans les rues, et votre abri artisanal en boites de carton ne suffit plus à vous protéger du temps hivernal. À l’autre bout de la rue vous voyez l’entrée de la station de métro. Quel choix avez-vous? Cette station devient votre salut, votre oasis de chaleur dans ce milieu hostile qu’est l’hiver québécois. Alors vous y entrez, malgré les agents de sécurité qui vous intimident et vous donnent des contraventions.

Les gouvernements fédéral et provincial sont aussi en partie responsables de cette situation. En restreignant l’admissibilité à l’assurance emploi, en coupant de toutes les façons possibles les chèques des prestataires de l’aide sociale et en investissant minimalement dans le logement social afin de contrer la pénurie de logements locatifs, ces gouvernements font tout autant preuve de mépris envers les plus démunis que le fait la STM.

Mais la véritable cause de tous ces maux est l’idéologie néolibérale qui accroît l’écart entre riches et pauvres, réduit l’investissement de l’État dans le domaine social ainsi qu’en soins de santé mentale et détériore jour après jour le tissu social.

Il est possible de changer cette situation. Il ne manque que la volonté politique de le faire.