Le gouvernement Charest, on le sait, a délégué le dossier des accommodements raisonnables à une commission parlementaire afin de se défaire de cette patate chaude politique. Il croyait ainsi maintenir le couvercle sur la marmite avant les prochaines élections qui s’annoncent précoces.

Mais surprise! Un des co-présidents de cette commission, le sociologue Gérard Bouchard, dans la foulée de ses réflexions, conclue dans une entrevue qu’il a donné au journal Voir, que l’indépendance est la seule solution pour parvenir à intégrer harmonieusement les nouveaux arrivants qui seront de plus en plus nombreux avec la baisse de la natalité et pour résoudre le conflit culturel avec les immigrants qui s’annonce dans l’avenir au Québec.

Une conclusion qui a tout son sens. Les immigrants sont accueillis au Québec en anglais, ils voient le drapeau canadien flotté lors de leurs arrivés et on leur dit que leur nouveau pays s’étend « coast to coast », de l’atlantique au pacifique.

Par ailleurs, tant que le pouvoir en immigration sera détenu en grande partie par le fédéral, le Québec ne pourra jamais imposer ses critères de sélection et éduquer les nouveaux venus à la réalité québécoise. Ottawa ne pense pas qu’au Québec dans ses politiques d’immigration, mais à l’ensemble du pays. La seule province francophone n’est pas une priorité et on ne fait aucun effort pour inciter les immigrants à demeurer et vivre au Québec.

Cela pourra servir éventuellement le Parti Québécois, même si la nouvelle chef désire écarter la souveraineté pour un certain temps. Cette déclaration de monsieur Bouchard donnera des munitions aux péquistes lors des prochaines élections. Charest doit se mordre les doigts de l’avoir nommé à cette commission!